Profiter de la crise pour mieux booster notre économie réelle

2008-10-29
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La crise financière américaine qui a éclaté en juillet 2007 et qui s’est transformée rapidement en crise financière mondiale depuis le 15 septembre 2008 continue d’être le sujet majeur qui focalise l’attention des experts mais aussi des hommes politiques de tous bords, avec parfois une remise en cause brutale de certaines idéologies de libéralisme économique sans limite faisant confiance à l’autorégulation des marchés et le rejet sans discernement de toute intervention externe de correction des imperfections du marché.

Les origines et les conséquences de cette crise financière ont fait et font toujours l’objet de brillantes analyses ayant pour point de mire l’impact que pourrait avoir cette crise financière sur l’économie réelle d’un pays donné.

 

Après quelques mois de forte turbulence, la crise financière commence malheureusement à se propager dans la sphère réelle et impacter négativement l’économie des Etats-Unis mais également la quasi-totalité des pays industrialisés. La globalisation et l’accélération de l’ouverture des marchés vécues depuis le début des années 90, font qu’aucun pays ne sera épargné par les conséquences de cette crise sur son économie réelle. Certains pays vont souffrir plus que d’autres en fonction de leurs spécificités et de leurs degré de préparation et d’adaptation à une nouvelle conjoncture économique internationale exceptionnellement difficile.

 

Chaque pays aura la charge de gérer les menaces de cette crise mais également saisir les opportunités qui pourraient en découler.

 

A ce titre, notre pays, aura à faire face à une certaine décroissance voire même une récession dans son espace économique privilégié qui est l’Europe pouvant affecter à terme le volume de nos exportations de biens et services.

 

Cette corrélation se fait en général avec un décalage de six mois à une année, qu’il conviendrait de mettre rapidement à profit pour amorcer les actions nécessaires au soutien de l’économie réelle de notre pays.

 

La Tunisie, un petit pays ayant une économie largement diversifiée, a la souplesse nécessaire pour réagir rapidement, imaginer des solutions et les mettre en application contrairement aux grands pays qui souffrent d’une grande inertie d’action.

 

De même, la Tunisie, qui a choisi son propre modèle de développement économique qu’on pourrait qualifier de libéralisme planifié, n’a pas versé dans l’intégrisme du marché avec ses tendances spéculatives ni dans le socialisme d’Etat destructeur de toute créativité et esprit d’initiative.

 

A cet effet, les pouvoirs publics ont pris l’initiative d’imaginer des plans de développement décennal appuyés sur des études prospectives allant jusqu’à 30 ans.

 

Ces plans qui rassurent les investisseurs et améliorent leur visibilité, laissent au secteur privé une totale liberté d’action dans le choix, l’identification et la réalisation des investissements en fonction d’orientations générales bien réfléchies qui garantissent une meilleure harmonisation des actions et une optimisation de l’utilisation des ressources humaines et naturelles du pays.

 

Dans le cadre de ces orientations, la Tunisie a entrepris depuis quelques années des démarches auprès d’investisseurs privés étrangers pour les inciter à réaliser de grands projets structurants en Tunisie qui devraient permettre à l’économie tunisienne de gagner un point de croissance par an et d’évoluer ainsi vers un nouveau palier de croissance qui dépasse les 6%.

 

Ce point de croissance est aujourd’hui plus que nécessaire et tout doit être fait pour ne pas retarder la réalisation de ces projets et même les accélérer pour mettre  à profit ces moments de dépression économique afin que l’achèvement des premiers projets coïncide avec la reprise économique mondiale.

 

C’est une approche gagnant-gagnant pour les investisseurs mais aussi pour la Tunisie, le pays d’accueil, qui a besoin d’un apport important d’investissement direct étranger non générateur de dettes.

 

Les grands projets structurants impactent positivement la croissance, mais ce sont les PME, gravitant autour , qui contribuent à la création d’emplois.

 

Il conviendrait, à notre avis, de réfléchir à la création d’une nouvelle structure similaire à celle du comité de suivi des grands projets, pour accompagner et encourager la naissance ou le développement de PME destinées à améliorer la valeur ajoutée locale des grands projets. 

 

Pour conclure, il importe, en ces moments de conjoncture internationale difficile, de ne pas se laisser gagner par la fatalité de la crise économique et de redoubler d’efforts pour accélérer et activer davantage les investissements, infléchir ainsi la courbe de décroissance, et être prêt à rebondir avec la reprise économique.

 

 

S.M.




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