Payons plus les cadres, restructurons mieux l’entreprise

2010-08-29
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Par:Taoufik Habaieb
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Deux maux majeurs pénalisent l’entreprise tunisienne: le manque de ressources humaines de hautes compétences, à même d’assurer efficacement les fonctions de top management et l’absence de process organisationnel et managérial garantissant performance et compétitivité. Intimement liés, ces deux freins posent la question de la formation des qualifications pointues et leur rémunération, mais aussi celle du concours bénéfique de grands cabinets de consulting trouvant, en vis-à-vis, des interlocuteurs de même niveau.

La pénurie des grosses pointures trouve sa solution dans, un premier niveau, à travers le parrainage dès les premières études supérieures des étudiants admis dans les grandes écoles, en contribuant au financement de leurs études et organisant pour eux des stages spécialisés dans les meilleures structures internationales pour bien les préparer à servir l’entreprise qui les parraine. Mais aussi, dans l’octroi de rémunérations motivantes, à l’instar de ce qui est servi à leurs camarades de promotion opérant à l’étranger.

Le système de rémunération est d’ailleurs à revoir pour l’ensemble des cadres et managers afin d’attirer les meilleurs et de les fidéliser. De nombreux managers tunisiens établis à l’étranger aspirent à rentrer au pays, s’ils reçoivent des offres conséquentes. Les salaires qu’ils revendiquent, légitimement, peuvent, de prime abord, paraître élevés au regard des grilles actuellement pratiquées en Tunisie. Ils seront sans nul doute rapidement rentabilisés si l’entreprise sait comment mettre leurs compétences à profit.

Recourir à des managers tunisiens d’un niveau international qui ont fait leurs preuves à l’étranger, accélèrera le transfert inverse de technologie et sera d’une grande richesse pour l’entreprise tunisienne.

Mais, cela ne suffit. Il faudrait également que l’entreprise soit en mesure de bien absorber ces compétences et de se restructurer selon des process modernes d’efficacité et de c=rentabilité. Pour cela, elle ne peut faire l’économie de se passer des conseils de cabinets spécialisés, eux aussi de haut niveau, de dimension internationales appuyés par leurs homologues tunisiens. Les premiers apportent les approches et solutions qui ont démontré leur efficacité de par le monde, alors que leurs partenaires tunisiens enrichissent leurs recommandations par la connaissance de l’environnement local, de ses pratiques et culture. A deux, cette combinaison de savoirs et d’expériences, ils seront d’une réelle utilité pour l’essor de l’entreprise.

Livrés à eux seuls dans l’entreprise, les managers de haut niveau recrutés se trouveront isolés. Sans une restructuration profonde et un consulting pointus, leurs efforts demeureront limités.

De leur cotés, et quelque soit leur qualification, des cabinets de consulting qui ne trouvent pas devant eux au sein de l’entreprise-cliente, des interlocuteurs synchronisés, se contenteront de formuler des vœux pieux, sans pouvoir s’assurer de leur pertinence ni de la garantie de leur mise en œuvre réussie. C’est alors cette synergie d’experts, de part et d’autre, qui irriguera et transformera effectivement l’entreprise pour la hisser au premier plan de la compétitivité et de la rentabilité.

La réponse est donc claire : identifions les meilleurs cadres et managers, payons-les plus et attirons les meilleures enseignes internationales de consulting en partenariat avec leurs homologues tunisiens pour les mettre à contribution à une meilleure réorganisation de l’entreprise. La voie du succès est ainsi dessinée.

Taoufik Habaieb


 




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Les Commentaires
A.S. 2010-10-10 23:22:45

"Rémunérations motivantes, à l’instar de ce qui est servi à leurs camarades de promotion opérant à l’étranger"! Quelle bonne idée! Si elle était appliquée,elle me permettrait de bénéficier d'une retraite d'à peine 700 dinars à quelques milliers de dinars mensuels! Merci de me faire rêver!!

fehmi 2010-09-04 03:21:22

un jour un auteur philipe K dick a parlé d'un systeme de tirage aleatoire du dirigant aprés tout le hazard peut faire bien les chose et puise ca peut etre plus quelque fois plus logique que certaine nomination :)

Mohamed 2010-09-03 01:00:15

Très intéressant comme sujet à débattre!!! Mais est ce que les entreprises tunisienne encouragent les compétences. Par expérience je peux confirmer que l'on tue les compétences. Les collègues sont envieux et ce qui atteignent les postes managérial ne sont pas généralement les plus compétents. La solution à mon avis est de chercher d'abord au sein de l'entreprise les compétences , investir dans la formation, et encourager les jeunes et les moins jeunes surtout les quinquagénaires qui atteignent leur vitesse de croisière et qui peuvent mener à bien une entreprise...... à débattre

Foued Marzouki 2010-08-31 16:59:56

Bonjour Le problème est qu'on peut mettre le meilleur manager qui soit, le résultat est peu probable si on n'assure pas l'adhésion de l'équipe qu'il gère. La solution bâton ne marche que dans les pays attardés. Il ne reste que la motivation à stimuler par l'élimination de la démocratie salariale. Le salaire au mérite est la clé de la motivation. Et que l'on n'interprète pas que c'est une question du nombre d'heures effectuées au bureau qui fait la différence... L'efficacité doit entrer en jeu... On a tendance à croire que l'on mérite plus de respect, d'égard et de gagner mieux sa vie en étant Manager... c'est une idée farfelue... les têtes pensantes sont souvent dans l'ombre et c'est sur eux qu'on s'appuie et on s'attribue leur mérite... La technologie n'est pas juste un sujet de conversation dans des réunions, c'est une pratique de quelques années... Les diplômes ne valent RIEN sans cette pratique... Et pour finir, hormis la question salariale, pourquoi un tunisien voudrait revenir travailler en Tunisie si on ne lui donne pas les moyens de faire évoluer les choses ou qu'on lui mette les bâtons dans les roues pour améliorer les processus de l'entreprise Foued Marzouki Consultant International Expertise ESM-NSM

Belhassen Louati (UTICA / Fed-TIC) 2010-08-31 14:02:22

Certains postes clés au sein des structures sectorielles nécessitent un changment de statut de simple administrateur le plus souvent qualifié de contractuel (pour minimiser son role et limiter son potentiel d'évolution par des comportements tier-mondistes de ses supérieurs hiérarchiques) vers le statut de l'Administrateur professionnel portant deux casquettes (salarié d'une part et élu de l'autre part). On peut partager les roles selon la situation et ça sera utiles pour l'ensemble à mon sens et que personne ne souffrera... il s'agit de compétence la mieux placée pour diriger l'entreprise ou l'organisation. Une réforme SVP au niveau du choix des Manager est largement demandée pour relever les défis d'une économie émergente... C'est le défi organisationnel qui sera le détérminent au cours de cette bataille d'émergence économique de notre pays...

Belhassen Louati (UTICA / Fed-TIC) 2010-08-31 14:00:09

Certains postes clés au sein des structures sectorielles nécessitent un changment de statut de simple administrateur le plus souvent qualifié de contractuel (pour minimiser son role et limiter son potentiel d'évolution par des comportements tier-mondistes de ses supérieurs hiérarchiques) vers le statut de l'Administrateur professionnel portant deux casquettes (salarié d'une part et élu de l'autre part). On peut partager les roles selon la situation et ça sera utiles pour l'ensemble à mon sens et que personne ne souffrera... il s'agit de compétence la mieux placée pour diriger l'entreprise ou l'organisation. Une réforme SVP au niveau du choix des Manager est largement demandée pour relever les défis d'une économie émergente... C'est le défi organisationnel qui sera le détérminent au cours de cette bataille d'émergence économique de notre pays...

Mohamed KRAIEM 2010-08-30 21:23:15

Cest une question de mentalité et de culture résultant d'un certain proiectionnisme

SAHLA OUNIS 2010-08-30 15:15:25

En Tunisie aussi il y a des compétences formées dans des écoles de management Tunisiennes par des enseignants de haut niveau et ayant acquis l'expérience terrain requise pour des postes de gestionnaire de projet ou de de top management. Ce sont les critères de recrutement sur lesquels se base l'entreprise qui la pénalisent et réduisent ses chances de trouver les bons profils...

Hedia Abdelkefi 2010-08-30 15:09:57

J'ajouterai que dans le contexte actuel des grandes synergies déployées sans cesse au profit du développement durable, la relation entreprise-université est parmi les vecteurs stratégiques opérationnels. Elle est encore à consolider par des partenariats efficients qui accordent la priorité à l’innovation. Dans ce processus de modernisation, l’implication des universitaires est désormais une exigence nationale qui prend tout son sens notamment avec le Programme d’Appui à la Qualité initié par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, dans la mesure où l’enseignant-chercheur est appelé à troquer le principe d’autonomie scientifique régissant l’Université contre les valeurs utilitaristes auxquelles le confrontent les nouvelles réalités socio-économiques gouvernant le monde. Si, dans l’entreprise comme à l’Université, la valorisation des compétences est le levier de la compétitivité, le partenariat entreprise-université doit s’imposer en tant que pôle de compétitivité en s’inventant des modèles de gouvernance et des mécanismes d’évaluation concurrentiels. Hédia Abdelkéfi (Professeur. Université de Tunis El Manar).

Slim 2010-08-30 15:03:27

les postes de responsabilité Etant donnés à des personnes dont le cursus et la formation ne sont pas dans cette spécialité au détriment des cadres qui eux sont formés pour la dite spécialité n'est autre qu'un échange d'intérêts qui nuit à l'entreprise et la handicape de plus en plus .c'est ce qui a fait que je vais quitter mon poste car mal payé et sans espoir d'etre augmenté afin d'essayer de trouver mieux .. Dommage !

sadok driss 2010-08-30 01:32:48

L'entreprise est un système de relations définissant l'emploi de ressources par un entrepreneur,selon Ronald H Coase,Lauréat du Prix Nobel en Economie,en 1991.L'entreprise est censée remplir six fonctions,dont la production,la distribution,la finance,la comptabilité,la direction et la sécurité des biens et des personnes,selon Henry Fayol,Père du Management français.Les principaux objectifs de toute entreprise sont: l'optimisation du profit,la croissance,la rentabilité,la pérennité et l'humanisme.Selon Michael E Porter,spécialiste incontesté en stratégie, la stratégie est l'art de connaître ce qu'il ne faut pas faire.La rémunération des patrons de l'entreprise constitue un moyen plutôt qu'une fin de toute entreprise qui bataille pour sa survie dans un environnement où prédominent plusieurs risques,à caractère technologique,financier et commercial.Selon Démocrite,le philosophe grec,tout ce qui existe dans l'Univers est le fruit du hasard et de la nécessité.

NB 2010-08-30 00:54:45

Dans notre pays c'est le déséquilibre total, l'entreprise Tunisienne est très mal gérée par des personnes dépassée par les évènements, sans niveau intellectuel . Voir des chefs d'entreprises dans l'un d'eux ancien vendeur de tapis pour ne pas dire BESNESS à l'avenue qui est maintenant archi milliardaire, il ne sait pas comment est devenu sa fortune!!! Mr Taoufik, votre idée est révolutionnaire.

Ouni 2010-08-29 21:57:34

Renforcer les salaires des cadres ne sera jamais la solution ... tant que l'argent ne devrais jamais être l'ambition d'un Manager !!! De plus le faite qu'une formation de Gestion de projet n'existe pas en Tunisie, beaucoup de Leaders de nature ne trouverons jamais le cadre pour exprimer leur "don" !! Un Leader ne rime pas avec grandes écoles de toute façon, car il devrais avoir une expérience de vie assez importante pour savoir gérer une équipe et prendre des décision alors qu'un étudiant des grandes écoles est toujours sous la pression de ses "grandes" études et du coup il aura des difficultés pour devenir un homme de terrain !! Réflexions d'un étudiant Leader !!

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