La surconsommation pendant le ramadan: un sujet rebattu. Quoique...
2010-08-09
Encore un article sur le ramadan diriez-vous. La baisse de la productivité, les longues veillées, la surconsommation, tout cela a été dit et dénoncé à satiété avec un succès, il est vrai, très relatif. De fait, les journalistes sont parfois contraints de recourir à ce genre d'article rebattu, dans les périodes creuses, notamment en été, lorsque les évènements se font rares ou quand ils sont en panne d'imagination. Quoique.
Je n'ai jamais compris, par exemple, cette psychose de la pénurie qui s'empare de nos concitoyens à l'approche du mois saint malgré les assurances des services concernés confirmés par les étalages bien achalandés. Cela rappelle le réflexe de Pavlov. A la veille de chaque mois de ramadan, la plupart des ménages, sans trop savoir pourquoi, mais sacrifiant à une tradition bien ancrée et à laquelle aucune ménagère n'y dérogerait quitte à s'endetter (la Cnss aurait distribué ces derniers jours 1 million de dinars en crédits à la consommation), se ruent sur les grandes surfaces et les marchés pour faire leurs emplettes du mois saint (قضية رمضان) comme s'il s'agissait de tenir pendant un siège. De fait, ce mois reste lié aux caddies surchargés et aux longues files d'attentes devant les caisses et les boutiques.
En fait, tout se passe comme si ces appels, ces litanies de produits locaux ou importés en grosses quantités reproduites dans les communiqués de presse, loin de rassurer ou de limiter la surconsommation pouvaient avoir un effet pervers si on y insistait un peu trop (s'agissant notamment des précautions prises en matière d'approvisionnement des marchés) attisant paradoxalement les craintes de pénurie ou même risquant d'être interprétées par des esprits simples comme une invite à la consommation.
C'est un aspect du problème sur lequel on n'a -peut-être- pas suffisamment réfléchi. Pourquoi ne pas penser, parallèlement à ces communiqués, à la diffusion de spots dans un langage simple et en évitant le style prêchi-prêcha rebutant? On pourrait y mettre l'accent sur les méfaits de la surconsommation sur la santé et la bourse des ménages en mettant à contribution des médecins, des nutritionnistes et même des psychologues ou des psychiatres car certains cas y relèvent ? Pourquoi ne pas insister sur les aspects spirituels du mois saint et les valeurs dont il est porteur et non seulement dans les programmes religieux? Car, il faut bien le reconnaître, tous les efforts qui ont été entrepris jusqu'ici pour mettre fin à certains aspects condamnables constatés pendant le ramadan n'ont pas eu les effets escomptés. Il est vrai que le phénomène n'est pas propre à la Tunisie. Mais on ne perd rien de le combattre d'autant plus que le Tunisien -et il l'a montré par le passé- est réceptif si on sait trouver les mots justes pour le convaincre; si on s'adresse à son intelligence.
Hédi
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