L’équation réformiste pour une information efficiente

2010-01-21
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Par Mustapha ATTIA
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L’Histoire témoignera en faveur du troisième président américain Thomas Jefferson (1746-1826) pour plusieurs prises de position et autant de phrases éternelles, dont celle, devenue célèbre, dans laquelle il affirma à l’aube du XIXème siècle l’importance qu’avaient les journaux dans le développement des nations : « Si je devais décider si nous devons avoir un gouvernement sans journaux, ou des journaux sans gouvernement, je n’hésiterais pas à choisir cette dernière proposition ». Thomas Jefferson, qui a été président des États Unis de 1801à 1809, était aussi l’architecte de l’indépendance en 1776 et le tenant de la théorie de la « généralisation des valeurs démocratiques américaines », valeurs qui ont été adoptées ces dernières années par la droite évangéliste, extrémiste, qui avait pour chef de file l’ex-président Georges W. Bush, sans avoir vraiment saisi ni l’essence ni la noblesse de ses motifs. Et, si nous revenons, à présent, à cette célèbre déclaration, c’est parce que nous sommes fermement convaincu de la pérennité de la presse écrite et l’actualité de son rôle efficient dans l’éducation, la prise de conscience et l’enracinement des hautes valeurs et à leur tête celle de la liberté d’expression. Car ce faisant, elle renforce les fondements de la civilisation et relève l’homme dans tous les domaines.

La presse écrite, sphynx des temps modernes

Un coup d’œil attentif à la presse écrite nous fera remarquer que cette histoire s'est forgée à partir des difficultés, des crises et des défis successifs. Car même les succès sont nés des défaites et des soubresauts. Ainsi, pendant toutes les périodes transitoires qu’avait connues le monde depuis l’invention de l’imprimerie par Gutenberg et la vulgarisation du support papier, la presse a toujours fait les frais de ces crises existentielles. Mais elle s’en est toujours sortie plus forte que jamais.

Cela s’est passé, par exemple, lors de l’apparition de la radio, puis de la télé, des autoroutes de l’information et des technologies multimédias, et enfin de la toile mondiale.

A chaque fois, spécialistes et non-spécialistes nous parlent de la « fin de la presse écrite » mais leurs sombres prophéties volent en éclats, car les journaux ont vite fait de retrouver leur santé. Mais comment donc a lieu cette résurrection salvatrice ?

Il y a sans doute, d’abord, la capacité des gens du métier à dépasser ces crises. Puis vient celui du pouvoir en place, qui soutient les initiatives de remise en état. C’est pour cela que les gens du métier sont appelés à être au diapason des nouvelles technologies de l’information afin de les utiliser plutôt que de les subir. Car, la radio et la télévision ont longtemps été les affluents les plus efficients dans la vulgarisation des journaux et de leurs contenus, puis est venu le tour d’Internet qui a permis une plus grande diffusion à travers d’agréables versions électroniques. Être à jour nécessite aussi le développement du contenu des supports d’information écrite, car si les médias audiovisuels et la toile mondiale se sont dernièrement spécialisés dans la diffusion des informations instantanées et précises, le créneau qu’occupera la presse écrite sera désormais la rédaction des longs articles, des analyses approfondies, des reportages qui touchent de près les préoccupations des gens et des opinions qu’étayent des documents authentiques, ainsi que des polémiques intéressantes qui enrichissent le dialogue.

Le rôle du pouvoir, quant à lui, consistera à croire sans faillir au rôle de la presse écrite comme affluent efficient dans l’éducation, l’éveil des consciences et la formation d’une jeunesse saine, sans oublier l’enracinement de l’identité nationale et la consécration de l’ouverture. Le pouvoir est donc appelé à développer et à protéger, de manière effective, ce secteur contre les crises et les secousses passagères. Il ne faut jamais oublier que la presse écrite est un pilier de soutènement des programmes du gouvernement, dans tous les domaines, quand bien même la presse s’en tiendrait à son rôle de critique constructive de ces programmes.

Je crois pour ma part que le dispositif informationnel de la Tunisie de l’Ère Nouvelle se fonde sur cette approche et que les réformes qui ont été proposées dans ce secteur visent avant tout à renforcer le rôle que joue l’information, tous supports confondus, dans le processus de développement global que notre pays vit au rythme de la réforme moderniste pondérée.




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