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Dr Tawhida Ben Cheikh: bon siècle, Doyenne

2008-12-31
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Doyenne des médecins tunisiens et première femme médecin du monde arabe, le Dr Tawhida Ben Cheikh fête ce vendredi 2 janvier 2009 son centenaire. Née le 2 janvier 1909 à Tunis, d’une famille aisée originaire de Ras Jbel (Bizerte), son oncle maternel n’était autre que feu Tahar Ben Ammar, qui avait conduit en 1956 les négociations pour l’indépendance de la Tunisie et en avait signé,  le 20 mars 1956, le protocole d'accord avec la France), elle fut parmi les toutes premières élèves du Lycée de Russie, ex-Armand Fallières (1918-1922). Elle est, d'ailleurs, membre fondateur et présidente d'honneur de l'Association des anciens de la Rue de Russie. Première bachelière tunisienne (1928), elle part à Paris, en compagnie de Lydia Burnet, l’épouse du Dr Burnet, chercheur et médecin français puis Directeur de l’Institut Pasteur de Tunis.

Elle commence par  s’inscrire à l’université de Paris et obtient après 3 ans le diplôme physique, chimie et biologie (P.C.B), ce qui lui permit d'accéder à  la Faculté de médecine de Paris et décrocha son doctorat en 1936. Il a fallu attendre les années 50 pour qu’une autre femme tunisienne, Hassiba Ghileb, devienne la deuxième femme  médecin tunisienne.

Rentrée à Tunis, elle s’installe en cabinet privé (42, rue Bab Mnara), car les services hospitaliers contrôlés alors par les autorités françaises, ne favorisaient guère son admission. Après la médecine générale, elle s'oriente vers la gynécologie. Par la suite, elle contribue à mettre en place le planning familial tunisien par le biais du service qu'elle crée à l'hôpital Charles-Nicolle en 1963 puis de la clinique Montfleury, première clinique fondée par l'association tunisienne pour le planning familial en 1970.

Entre 1955 et 1964 elle devient directrice du service maternité à l’hôpital Charles Nicolle. elle présidera le même service à l’hôpital Aziza Othmana et ce, jusqu’à sa retraite en 1977.

Parallèlement à l’exercice de la médecine, elle a dédié sa vie à l’action militante en faveur de son pays. C’est ainsi qu’elle a été chargée en 1937 de la direction de la première revue féminine tunisienne, éditée en langue française « Leila » parue en Tunisie dès 1936. Elle fit partie également de plusieurs associations. Elle fut, notamment, vice président du croissant rouge tunisien et membre de l’union des femmes musulmanes tunisiennes.
Joyeux Anniversaire, Doyenne, et que votre parcours et votre œuvre servent d’exemple aux nouvelles générations.




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Les Commentaires
Mrs Christine Lane 2011-07-13 16:50:34

RIP Docteur Tawhida Ben Cheik. You saved my life in Tunis, 1968, due to an ectopic pregnancy and I will never forget you. My pleasure and privilege to have known you . You were indeed a great lady. Christine Lane, England.

2009-03-12 16:54:00

signaler que le docteur omar benzina est le fils de tawhida ben cheikh.

SAFIA KHATTECH BEHI 2009-01-20 21:54:00

JOYEUX ANNIVERSAIRE BRAVO POUR VOTRE PARCOURS IRREPROCHABLE GRANDE DAME COURAGE

salem benali 2009-01-07 11:42:00

La photo de notre doyenne, le docteur Tawhida Ben Cheikh, au milieu d’étudiants tunisiens à Paris, est émouvante à plus d’un titre. Elle représente un symbole du courage qui animait nos pionniers du début des années 30. Je voudrais ici les saluer doublement : 1. Saluer cette jeune fille tunisienne, étudiante, à une époque où, en Tunisie, le poids des traditions pesait très lourdement sur les épaules des filles dont une infime minorité était scolarisée, et parmi cette minorité, l’immense majorité était retirée de l’école pour être cloîtrée et mariée dès la puberté. Être femme médecin à l’époque était impensable, comme le prouve l’article du Petit Matin du 13 février 1927 dans lequel 9 médecins tunisiens ont publié une protestation collective contre un décret (6 décembre 1926) qui les défavorisait à l’avantage des médecins français, stipulant, entre autres, la nécessité d’avoir accompli son service militaire. On y lit le passage savoureux suivant : « Si l’on se donne la peine de songer que tout docteur en médecine tunisien est, au moins, muni de son certificat d’études primaires, titre qui le dispense du service militaire, il apparaîtra facilement que cette condition est irréalisable et constitue pour nous une clause intentionnellement prohibitive et éliminatoire. Sans doute, elle laisse à la femme tunisienne l’espoir lointain de devenir un jour médecin de colonisation. Mais nous sommes encore à l’abri de cet effroyable danger contre lequel des dispositions complémentaires utiles pourront être prises d’ici cent ans !... » 2. Saluer également nos jeunes étudiants, véritables pionniers qui ont bravé l’inconnu pour entreprendre des études supérieures en France. Les identifier ne peut que leur rendre hommage. Cette photo représente un groupe d’étudiants tunisiens, membres de l’AEMNA (association des étudiants musulmans nord-africains), à Paris, en 1930, prise à l’occasion de la visite que leur a rendue M. Mohamed Ali Annabi. On reconnaît : Assis, première rangée, de gauche à droite : Mohamed Ali Annabi (premier polytechnicien tunisien), Chadli Ben Romdhane (Médecine), le Dr Salem Esch-Chadely (président fondateur de l’AEMNA, premier psychiatre tunisien), Tawhida Ben Cheikh (Médecine), Tahar Zaouche (Médecine), Mohamed Sakka (Médecine), M. Mohamed Attia (Lettres, qui sera le premier agrégé d’arabe et futur directeur du Collège Sadiki). Deuxième rangée : Salah Aouij (Médecine), Sadok Mellouli (Médecine), Abderrahman Alloulou (droit), Rached Ladjimi (Médecine), Ahmed Alloulou (Médecine), Othman Sfar (Médecine), Mustapha Baffoun (Médecine), Noureddine Zaouche (Pharmacie), Ahmed Ben Miled (Médecine) Troisième rangée : X – X –Azzouz Boukhris (Médecine), Ahmed Somiâ (Médecine), - X – M. Mellouli, Seghir Ayari, (Médecine), Taïeb Ghachem (Droit). PS. Serait-il possible d’identifier les trois étudiants marqués X ?

2009-01-02 20:26:00

Tout simplement BRAVO et bonne santé

marrakchi ouafi 2009-01-02 19:06:00

joyeuse vie chere doyenne je ne vous pas connue je suis entré a la faculte de medcine de tunis en 74 trop tard pour vous croiser mais j'ais largement croisé les souvenirs que vous avez laissé en particularité la proximité et le devoument a la femme tunisienne et la cause feminine.. bravo joyeuse vie signé OM

riahi 2009-01-02 17:15:00

joyeux anniversaire docteur ,docteur tawhida etait le medecin de ma mere et c'est elle qui la assister pour ma naissance en 1957 a notre ancienne maison :impasse du chanteur rue du riche bab mnara ;merci docteur .

Alia Dammak 2009-01-02 16:14:00

Joyeux anniversaire pour cette dame et bravo pour son parcours aussi honorable et lumineux en une époque où tout n'était pas si accessible et merci à Leaders.com pour nous avoir fait connaitre des personnalités aussi importantes.Encore une fois bravo à Dr Tawhida

amor karabaka 2009-01-02 13:01:00

joyeux anniversaire pour cette grande dame. son anniversaire devrait être célébrée à une plus grande échelle. mais dommage! sous nos cieux on s'intéresse plus aux pseudo-artistes et aux footballeurs.

KHIRI Mahmoud 2009-01-01 11:20:00

Heureux d'avoir de ses nouvelles et en cette occasion ,qu'il me soit permis de rendre un vibrant hommage à Dr T.Ben Cheikh que j'ai eu le plaisir d'avoir comme Chef de Service à l'hôpital Aziza Othmana alors que je faisais mes premiers pas d'interne(1972/1973). Les générations qu'elle a formée en leur inculquant les valeurs humaines de la médecine ne peuvent que témoigner de sa compétence,son abnégation et son militantisme au service d'autrui dans l'anonymat et la modestie. Joyeux anniversaire.

Mohamed BERGAOUI 2008-12-31 17:52:00

Ce qui est frappant dans le parcours de Tawhida Ben Cheikh, c'est certainement son audace à vouloir faire médecine à cette époque. N'oublions pas qu'elle fut défendue bec et ongles par une mère completement acquise à sa cause. Sa mère, Hallouma Ben Ammar avait tenu tête à toute la famille qui s'était opposée à son départ, en 1928, à Paris. Une belle leçon d'audace et de courage pour un parcours unique dans les annales de la médecine Tunisienne, Maghrébine et Arabe. Mohamed BERGAOUI Journaliste et écrivain

Zribi Sofiane 2008-12-31 15:55:00

Joyeux anniversaire pour notre doyenne. Elle est un exemple pour beaucoup de Tunisiennes, malheureusement trop discrète pour faire parler d'elle, elle demeure un monument incontournable de notre histoire nationale et médicale. Merci à Leaders de l'avoir rappelé à la mémoire oh combien défaillante des médecins et autres citoyens d'aujourd'hui.

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