News - 01.10.2012

Il faut sauver le textile-habillement

«Nous devons tout faire pour relancer le secteur textile-habillement, si nous voulons préserver nos 2 100 entreprises, protéger nos 200 000 emplois, nous défendre contre les importations concurrentes et reprendre pied à l’exportation qui génère 5 milliards de dinars par an ».

Pour Belhassen Gherab, président de la Fédération nationale spécialisée de l’Utica, FENATEX, la détermination politique ne doit pas faire défaut. A la veille du salon Texmed (Le Kram, 3-5 octobre 2012), il souligne l’importance du message fort à donner à tous. «Reprendre espoir, pour nous, et redonner confiance aux donneurs d’ordre étrangers en confirmant la Tunisie en tant que site préférentiel et de proximité, pour une production rapide et proactive en circuit court», affirme-t-il.

Les indicateurs qu’ils présentent sont inquiétants : les exportations globales accusent, à fin août 2012, une régression de 9.25% en valeur et de 5.1% en poids. A lui seul, le mois d’août se solde par -21% en valeur par rapport au même mois en 2011. Les tendances ne semblent pas devoir s’améliorer durant les mois suivants, compte tenu des importations en matières premières et intrants : -7.07% durant les 8 premiers mois de 2012, ce qui veut dire une diminution de ce qui sera produit et exporté.

Gherab précise que «l’industrie tunisienne s’articule sur le marché local et l’export. Le premier avait été massacré sous la dictature déchue qui a favorisé les importations sauvages. C’est ainsi que l’offre en magasins est constituée à plus de 80% de produits importés, pour la plupart de manière illégale, ce qui a lourdement pénalisé l’industrie locale et asphyxié tout le système qui la soutenait. Quant au marché à l’export, il est très sensible à la fois à la crise qui sévit en Europe et à l’image de la Tunisie du fait des multiples incidents et débrayages survenus au lendemain de la révolution.

Les donneurs d’ordre sont en effet très influencés par l’image du pays telle que véhiculée par les médias et sont apeurés de voir leurs commandes non honorées à temps. S’ils font produire l’essentiel de leurs collections et grandes séries notamment en Asie, ils réservent à des pays proches comme la Tunisie leurs commandes en séries courtes exigeant rapidité et proximité. Le grand risque qu’ils ne peuvent se permettre de courir, c’est d’être en rupture de livraison, pour une raison ou une autre, ce qui est gravissime pour une activité qui ne peut souffrir le moindre retard ».


Le président de la FENATEX reconnaît que l’industrie tunisienne doit lutter contre tous les risques à la fois, qu’il s’agisse d’arrêt de travail, de grèves du transport ou dans les ports, de barrages sur les routes et autres.  Mais, déjà en amont, d’autres retards peuvent surgir pour la réception des échantillons et coupes, le dédouanement de matières premières et autres. Sans oublier de nombreux problèmes structurels tels que la pénurie de la main-d’œuvre qualifiée, l’absentéisme, l’accroissement sensible des coûts de production et autres. Les sous-traitants sont particulièrement plus exposés, surtout lorsqu’ils doivent préserver leur compétitivité et se retrouvent à  vendre des minutes de travail bien chronométrées alors qu’en fait, ils se retrouvent à payer des heures de présence, sans pouvoir réaliser la productivité nécessaire.

Lire aussi :

La saga discrète de Belhassen Gherab