News - 02.06.2011

Hammouda, Moncef, Said et Ahmed Mestiri : une dynastie nommée Patrie !

L’éminent professeur de Médecine, Saïd Mestiri, l’ancien ministre de l’Intérieur et fondateur du MDS, Ahmed Mestiri, et l’ambassadeur, puis ministre des Affaires Etrangères, feu Mahmoud Mestiri, sont les figures les plus connues de cette famille. Mais l’illustre Moncef Mestiri, figure emblématique du (vieux) Destour, demeuré toujours indomptable par Bourguiba, l’est moins.

Pour y remédier, son neveu le Dr Said Mestiri vient de lui consacrer une biographie exceptionnelle, croisant restitution de parcours et témoignages personnels. Sous le titre de «Moncef Mestiri, aux sources du Destour», publié chez Sud Editions, il fait voyager le lecteur à travers la société tunisoise, très beldi, du siècle dernier, notamment sa première moitié, retraçant l’ambiance militante et brossant les portraits des principaux acteurs : Farhat, Essafi, Khalladi, Chelbi, Thaalbi et Kammoun, mais aussi, Materi et Bourguiba. Le tout avec des détails croustillants.

Choisi en sujet central de l’ouvrage, le personnage de Moncef Mestiri, est en fait un fil rouge retenu par l’auteur, pour remonter le cours de l’histoire récente de la Tunisie, par de petits pans. Déjà, Dr Said Mestiri nous avait offert de sa superbe plume une biographie instructive de Moncef Bey (2008), après avoir consacré un ouvrage de référence « Le Médecin dans la Cité – Origine et évolution de la médecine arabo-islamique » (2006), en plus de ses textes sur l’ancien premier ministre M’hammed Chenik.
Pour bien planter le décor avant de se lancer dans les évocations historiques, l’auteur consacre le premier chapitre à « l’ascendance familiale », présentant en près de 60 pages, sur les 350 du livre, aux origines de la famille Monastiri, à partir de son aïeul, Haj Frej Cherif El Marzouk (XVIIIème s.), vivant à Monastir et dont le fils, Haj Ahmed, s’était établi à Tunis au début du XIXè s. prenant le nom de Mestiri,  et devint par la suite Caïd des Ouertaines. Grand propriétaire terrien, il verra sa progéniture cultiver et enrichir le patrimoine familial qui laissera à ses descendants le confort de militer pour leurs idées, mais aussi de poursuivre leurs études universitaires.

Pour revenir au corps de l’ouvrage, nous remontons en 13 chapitres, le cours de l’histoire à partir de la décennie (1920) de transition et de mutation, entre le départ de Thaalbi et l’arrivée de Bourguiba, la scission du Destour, le clash du 9 avril, l’avènement de Moncef Bey, le ministère Chenik, les négociations avec la rupture et la résistance, puis, l’opposition à Bourguiba. Jeunes zitouniens et sadikiens lancés dans la lutte nationale, au sein du Parti Destourien et de sa branche dissidente du Néo-Destour, antagonismes entre « néos et archéos», puis youssefistes et bourguibistes et l’art de la politique en Tunisie sous le protectorat : l’ouvrage sur Moncef Mestiri nous en offre une belle illustration.

Préfaçant le livre, André Nouschi, professeur honoraire de l’Université, spécialiste en histoire contemporaine, rend hommage à l’auteur pour « ce livre foisonnant de richesse et de substance humaine. »

Moncef Mestiri - Aux sources du Destour
Par Saïd Mestiri
Sud Editions, 350 pages, mai 2009, 20 DT

 

Lire aussi : Moncef Mestiri : "une biographie passionnante qui est aussi une histoire de la Tunisie"
 

 

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2 Commentaires
Les Commentaires
khaled - 03-06-2011 12:30

Voici un commentaire pertinent que je viens de lire à propos de la présentation précédente de l'ouvrage, rédigé par KKB Le ton de cette présentation est désobligeant pour l'histoire de la Tunisie et n'a rien à voir avec le contenu de l'ouvrage. Ce texte plaque des niaiseries non vérifiées venant d'une culture qu'on espérait morte et il reproduit un esprit nocif en ces temps post-révolutionnaires. La Tunisie n'est pas un tissu de familles concurrentes mais un pays à construire, entre autres en faisant honnêtement son histoire. Le témoignage de Saïd Mestiri est l'effort intellectuel d'un témoin humaniste qui relit l'histoire contemporaine de la Tunisie à travers un personnage oublié et marginalisé par la politique depuis 1956. A ce titre, il mérite d'être lu comme une contribution participant à mieux connaître notre histoire nationale pour préparer notre avenir en dépassant les clichés de "beldis" et d'"afakis", si destructeurs et franchement indignes d'un pays qui vient de renverser une dictature familiale.

ghazi - 04-06-2011 23:48

A gauche de Habib Bourguiba, Mohamed Ali Eltaher. http://www.eltaher.org/

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