News - 20.05.2011

Des précisions du gouvernement sur les évènements de Rouhia, l'instruction des affaires liées au clan Ben Ali, la sécurisation des prisons et la situation dans les camps de réfugiés

Le Premier ministre l’a promis lors de sa dernière conférence de presse. Le gouvernement va soigner sa communication. A raison de deux briefings par semaine (mardi et vendredi) présentés par les ministères concernés, selon les sujets de l’heure. Des exposés qui ne doivent pas dépasser chacun 5 minutes alterneront avec des séances de questions/réponses. Deux remarques s’imposent d’emblée : l’exiguïté du local et l’horaire inapproprié : officiellement 17 heures, mais en fait 18 heures. Ce qui ne laisse pas beaucoup de temps aux journalistes pour rédiger leurs « papiers », sachant que le deadline se situe généralement autour de 21 heures.
La première séance a été consacrée, actualité oblige, aux problèmes sécuritaires : l’instruction des affaires en cours les évènements de Rouhia, les affaires instruites par la justice militaire et l’action du ministère des affaires étrangères. De ces interventions on retiendra les points suivants :

- L‘instruction des affaires dans lesquelles sont impliqués l’ancien président et sa famille ainsi que ses collaborateurs suit son cours normal. Il  y a des procédures qui doivent être respectées pour que tous les accusés aient droit à un procès équitable. Il est vrai que les évènements qui se sont produits pendant les premiers jours de la révolution (incendies de postes de police et de la garde nationale, disparition de documents) ont eu des incidences négatives sur le fonctionnement de la justice, d’autant plus, que les enquêtes préliminaires sont effectuées par la police judiciaire et la garde nationale. Aujourd’hui que la situation sécuritaire s’est beaucoup améliorée et plus rien ne s’oppose à ce que le rythme  des instructions s'accélère d’autant plus que 4 nouveaux bureaux d’instruction ont été ouverts. A noter que 80 dossiers concernant des affaires de corruption viennent d’être remis au parquet par la commission Bouderbala.
Quant à la sécurisation des prisons, toutes les mesures ont été prises pour que les incidents de ces derniers mois  (évasion de prisonniers, incendies) ne se reproduisent plus. A cet effet, 500 agents ont été recrutés pour renforcer les effectifs existants en plus des mesures de surveillance prises autour des établissements pénitentiaires en coordination avec les forces de l’ordre, de la garde nationale et de l’armée.

- Les évènements de Rouhia et les groupes terroristes : neuf personnes sont impliquées. Deux membres du réseau, de nationalité libyenne, ont été capturés à Tataouine, deux autres ont été abattus à Rouhia alors que les 5 terroristes restants sont recherchés activement par les forces de sécurité et l’armée près de Kasserine avec la participation  de la population.

- En prévision des examens de fin d’année et notamment du baccalauréat, toutes les précautions ont été prises pour qu’ils se déroulent dans de bonnes conditions.

-Oussama Achouri (le manifestant arrêté sur l’avenue Bourguiba et qui a prétendu avoir été violé dans un poste de police). Une enquête a été ouverte par l’inspection de la police et le parquet.il lui a été proposé de l’examiner par un médecin légiste pour vérifier ses dires, mais il refusé.

-La justice militaire a été saisie d’une affaire dans laquelle sont impliqués le président déchu, son épouse l’ancien ministre de l’intérieur ainsi de hauts cadres et des officiers des forces de sécurité. Cette juridiction peut être saisie à chaque fois où un des accusés est un militaire ou un membre des forces de sécurité.

- la situation dans les camps de réfugiés est sous contrôle que ce soit au niveau sanitaire ou sécuritaire. A noter que 8000 personnes dont 3500 libyens résident actuellement dans les camps alors que le nombre total de réfugiés qui y sont passés est de 400.000 personnes. Quant aux forces de sécurité et l’armée, elles ont renforcé leurs positions sur les frontières et se prêtent à toute éventualité. 

- Le ministre des  AE effectue actuellement une tournée qui doit le conduire dans 8 pays arabes et musulmans. Après la révolution, la Tunisie bénéficie d’un capital de sympathie qu’i convient de faire fructifier. Plusieurs pays du Golfe ont fait part de leur disposition à recruter des compétences tunisiennes. A cet égard, le ministre qatari de la coopération internationale est attendu fin mai à Tunis. Le ministère des Affaires Etrangères a élevé des protestations auprès des autorités libyennes ainsi qu’auprès de l’ONU pour les violations dont le territoire tunisien a été l’objet de la part des forces pro-Kadhafi. D’autres mesures sont envisageables au cas où ces violations se poursuivraient.