News - 07.03.2011

Le nouveau gouvernement : des ministres immédiatement opérationnels

Moins de deux heures après l'annonce du nouveau Gouvernement, le Premier ministre, s'est expliqué  ce lundi dans une conférence de presse sur le choix de la nouvelle formation. La plupart de ses membres appartenaient déjà au précédent gouvernement. Les journalistes n'ont pas manqué de poser la question à M. Caïd Essebsi. "Nous avons choisi des ministres immédiatement opérationnels pour imprimer à l'action gouvernementale la célérité souhaitée" a répondu le Premier ministre qui est revenu sur les sujets qui lui tiennent à coeur : la sécurité "qui s'améliore de jour en jour", l'autorité de l'Etat "qui doit être partout respectée", la suppression de la police politique, la situation économique, les prochaines échéances, promettant des changements importants qui toucheront la plupart des secteurs dans les prochains jours.

 Quittant le Palais de Carthage où M. Mohamed Ghannouchi avait pris ses quartiers, fin janvier dernier, suite au sit-in Place de la Kasbah, son successeur, M. Béji Caid Essebsi a souhaité rencontrer la presse, lundi en fin d’après-midi, avant de retrouver, mardi matin, le siège historique du Premier Ministère. Une rencontre qui constitue la deuxième partie de la conférence de presse donnée vendredi et qui n’avait pas permis aux journalistes de poser leurs questions. 


Le décor a légèrement changé : les journalistes ont été reçus dans une salle aménagée au rez-de-chaussée, avec en fond de scène les armoiries de la République, sur fond bleu. Mais, le ton de M. Béji Caid Essebsi, qui a déjà accroché, est le même : des messages clairs, drapés dans un humour raffiné, le sens de la petite phrase bien ciselée, en plus, dans les deux langues, et même en anglais, juste par courtoisie à une journaliste d’Al Jazeera en langue anglaise. Best of.


Mission du gouvernement : «Assurer l’expédition des affaires courantes, mais aussi, contribuer au sauvetage du pays, en oeuvrant à léguer au prochain gouvernement un héritage assaini, nettement meilleur que celui hérité le 14 janvier. »


Médias : «Un rôle crucial, pour expliquer, éclairer. Chaque média est libre de choisir sa ligne, et capable d’assumer sa responsabilité. Nous voulons une presse libre, sans la tutelle d’un ministère de l’information. »


Dirigeants de partis et Ministres bi-nationaux : « Si la loi sur les partis l’interdit, on doit s’y pencher. »


Libye : «Les relations avec le peuple libyen sont très anciennes et toujours cordiales. Dans les moments difficiles, tels que lors de l’occupation italienne, nombre de Libyens avaient trouvé refuge en Tunisie, comme des Tunisiens, avaient bénéficié de l’hospitalité libyenne. Aujourd’hui, la situation est difficile. Les changements intervenus chez-nous ont produit leurs effets. Sans nous immiscer dans les affaires internes, nous réitérons nos meilleurs sentiments à l’égard du peuple libyen. »


Qui est derrières les actes de violence et d’insécurité ? « Moi-même, j’aimerais bien le savoir. Nous nous sommes engagés à vous en rendre compte et nous sommes en train de réunir les éléments probants qui vous seront bientôt présentés.


L’attitude de l’UGTT et les dérives politiques ? « Posez la question à son Secrétaire Général. Nous considérons pour notre part que la centrale syndicale constitue une organisation nationale patriotique qui a contribué au mouvement national et à l’édification de la Tunisie nouvelle. Un gouvernement qui se respecte, se concerte avec toutes les forces vives de la nation, mais c’est à lui de prendre les décisions qui s’imposent. Tant que je suis Premier Ministre, c ‘est moi, en accord avec Le Président de la République, qui dirige le gouvernement. »


La conférence de Carthage pour les bailleurs de fonds sera-telle maintenue ou remplacer par une conférence nationale à caractère politique et économique comme le demandent certains ? «  Le principe d’une conférence internationale est maintenu. Nous devons lui assurer une bonne préparation ce qui exige des délais supplémentaires, par rapport à ce qui avait été prévu. »


Taieb Baccouche a été très contesté et appelé à « dégager » : pourquoi l’avez-vous maintenu au gouvernement ? « Je fais la part des choses. Je suis à l’écoute de la rue, mais pas uniquement de la rue et j’estime qu’il est de l’intérêt national que M. Baccouche poursuive son action au sein du gouvernement. »