News - 17.10.2010

Nouveaux rôles des banques centrales: les recommandations de Tunis

Une série de recommandations importantes se sont dégagées en matière de conduite des politiques économiques, lors de la 1ère Conférence Internationale de Central Banking organisée par le Centre de Recherches et d’Etudes Financières et Monétaires de la Banque Centrale de Tunisie. A la lumière des allocutions d’ouverture, prononcée par le Gouverneur de la BCT, M. Taoufik Baccar, et de clôture, présentée par le ministre des Finances, M. Mohamed Ridha Chalghoum, ainsi que des diférentes interventions, notamment celles des Professeurs Chedly Ayari, Catherine Lubochinsky, le Professeur Sami Mouley, Directeur Général du Centre et également concepteur scientifique de son programme de recherches, en présente la synthèse excécutive.  Les principaux messages clés sont les suivants : 

1./ Dans cette période de post-crise financière globale, toutes les réformes engagées, notamment au niveau multilatéral, pour la rénovation de l’architecture financière internationale, demeurent pronfondément contraintes par des aspects factuels liés aux déséquilibres globaux des balances de paiments à des échelles régionales, à la rescrudescence de zones monétaires non optimales, à la faiblesse voire l’absence d’un schéma parfaitement coordonné des politiques monétaires et de change, à des volatilités accrues des taux de change des principales devises clés et au retour à l’usage du levier d’endettement comme principal instrument de sortie des mesures non conventionnelles jusque-là adoptées par les principales banques centrales étrangères.

2./ En conséquence, les modulations suggérées au niveau de la conduite des politiques monétaires devront nécessairement prendre en compte la probable reprise des tensions inflationnistes à l’échelle des économies industrialisées. D’ailleurs, les clivages actuels de positions porteraient sur l’usage sinon la tolérance d’une inflation plus forte comme moyen d’alléger le gonflement des actifs des banques centrales du fait de l’ampleur des mesures non conventionnelles de politiques monétaires entreprises depuis plus de deux ans. A ce titre, les contrastes de positions entre la FED d’une part, et la BCE de l’autre sont marquants.

3./ En dépit de la lenteur relative sinon du consensus au sujet des nouvelles orientations en matière de régulation de la finance globale, il n’en demeure pas moins qu’un certain cadre unifié s’est dégagé en faveur de la nécessaire imbrication de la politique monétaire et de la politique macro et micro prudentielle, de l’adaptation des instruments de celle-ci à une vision plutôt contracyclique et non procyclique et l’élargissement obligatoire de son périmétre d’actions pour y inclure explicitement la stabilité financière. Dans le même temps, une politique monétaire résolument anti-déflationniste est indispensable.

4./ La robustesse et la solidité des systèmes financiers est primordiale. Aussi, le champ d'action des banques centrales doit aussi être élargi pour englober la régulation du risque systémique. Cela passe inéluctablement par l’identification et la maîtrise de tous les canaux de transmission potentiels des risques de vulnérabilité pouvant affecter la bonne marche des structures de supervision, ainsi que la détection précoce et avancée des facteurs de fragilisation des marchés financiers. 

5./ La réforme Bâle3 sur le contrôle bancaire, en adossant à la règle des fonds propres durs un matelas de précaution et un matelas contracylique, permettra aux banquiers centraux et autorités de régulation de renforcer la surveillance prudentielle et la gestion proactive du risque, et d'asseoir une capacité de résistance des banques à des crises systémiques de grande ampleur sans le soutien des budgets étatiques.   

6./ La politique monétaire seule sera certainement incapable de prévenir la récurrence de crises de grande ampleur comme celle vécue récemment par l'économie mondiale. Une coordination optimale des politiques monétaire et budgétaire est requise et il conviendrait que ce processus aille au-delà même de l’objectif de stabilité financière pour mettre en place des normes explicites de pilotage macroéconomique en établissant par exemple des contraintes de soutenabilité des déséquilibres externes, autant pour les économies excédentaires que pour les pays en déficit, et donc en exigeant des ajustements au niveau de la distribution internationale des taux d’épargne ou des taux d’endettement, publics et privés.

 

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1 Commentaire
Les Commentaires
Mah. - 18-10-2010 11:25

Des recommandations scientifiques, certes, mais dédiées à des économies "qui comptent" (R.J. Lucas, Prix Nobel 1994 et éminence grise des New Classics, ce fort courant de pensée économique ayant réussi à faire converger les pol. macro vers l'intégration des mesures micro.. .) ds l'économie mondiale où la gouvernance de la pol. économique observe des règles rigoureuses établis par les acteurs "qui comptent" (R.J. Lucas) , également (FMI, Trésor américain, BIRD, BCE, OCDE, G20....) Toutefois, notre économie n'en fait encore partie d'autant plus que notre pol. monétaire n'est pas souveraine par rapport à l'Exécutif...

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