News - 25.03.2018

Chahed - Tabboubi : de l'entente cordiale à la confrontation

Chahed - TAbboubi

Mais quelle mouche a donc piqué Noureddine Taboubi pour passer, avec la dextérité d'un transformiste, d’un fervent partisan de Youssef Chahed à un ennemi juré, réclamant sa démission "ici et mainenant", sans même attendre les élections municipales ? Pourquoi toutes ces rodomontades, cette arrogance, ce langage guerrier d’autant plus incongru qu’il sort de la bouche du premier responsable d’une organisation lauréate du Prix Nobel de la Paix ? Cette volonté de faire plier l’Etat alors qu’il en connaît les risques ? Pourquoi ces menaces de mobilisation de la rue, cet acharnement contre le gouvernement et particulièrement son chef ?

Il est vrai que le secrétaire général de l'Ugtt peut tout se permettre aujourd'hui. Il détient le pouvoir réel. Il est le maître de la rue. Les partis se bousculent au portillon du siège de l'Ugtt pour faire acte d'allégeance. On peut calomnier le président de la Republique, critiquer n'importe quel ministre, mais quand il s'agit du secrétaire général on tourne sept fois la langue avant d'émettre la moindre critique à son encontre.

 Dans ce face à face entre Chahed et Taboubi, c'est toujours le deuxième qui a le beau rôle. Rares sont ceux qui se sont interrogés sur ce virage surprenant à 180°, sur le bien-fondé de ses accusations contre le chef de Gouvernement. Mais qui a détruit l'économie ces dernières années ? Les différents gouvernements et pas seulement celui de Chahed portent certes, une lourde responsabilité dans cette crise économique, mais  la centrale syndicale y est certainement pour beaucoup avec sa ferveur revendicatrice et sa tendance à lâcher la bride à sa base, même quand elle est dans son tort.

A vaincre sans péril, on triomphe sans  gloire. L’Etat fondé par Bourguiba n’étant plus ce qu’il était, on peut d'ores et déjà imaginer le scénario qui nous attend : l'Ugtt obtiendra tout ce qu'elle voudra : Chahed sera sacrifié sur l’autel de la raison d’Etat ; le nouveau gouvernement essaiera de redresser la situation, mais il se heurtera aux syndicats et finira par connaître le même sort que ses devanciers, les mêmes causes produisant les mêmes effets ; les élections seront renvoyées aux calendes grecques après l'avoir été à deux reprises et les institutions financières si décriées par nos syndicats, lassées par une telle instabilité, ne voudront plus prêter leur argent.

On vous laisse imaginer la suite.

 

 

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2 Commentaires
Les Commentaires
El aroui - 25-03-2018 22:42

l ugtt y est pour beaucoup ds le desastre economique du pays en arrivant à doubler la masse salariale elle n a pas rendu service aux salariés ensuite en lachant ses sbires , elle a destabilisé la santé et l education . Chaq fois q elle perd la face elle essaye de se sauver par la fuite en avant en enfonçant le pays de + en +

Ahmed B - 27-03-2018 05:32

Monsieur El Aroui: Culpabiliser un acteur de la vie économique et sociale de la Tunisie, cela s'appelle noyer le poisson. Si tout le monde a une part de responsabilité, le véritable tort est celui de l'acteur qui incarne l'Etat, i.e. le Gouvernement auquel il faut demander des comptes. L'intérêt général dans le développement socio-économique est en effet incarné par ce dernier qui doit amener tous les acteurs économiques (y compris l'UGTT) à converger vers l'intérêt général.

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