Opinions - 15.01.2018

Le modèle de développement vécu : forces, faiblesses, nécessite d’ajustement

Le modèle de développement vécu : forces, faiblesses, nécessite d’ajustement

1- Avant propos

Depuis le soulèvement de décembre 2011, les Tunisiens de tout bord, spécialistes, politiques et humbles citoyens n’ont cessé d’évoquer l’impérieuse nécessité de revoir le modèle de développement du pays voire même l’obligation de le changer, et ce, en ce que le modèle vécu jusqu’en 2010 a engendré les conséquences désastreuses, prélude de la révolution de janvier 2011, ayant conduit à l’appauvrissement du citoyen, à l’aggravation du chômage, au creusement de l’écart entre les couches sociales, et à la  fragilisation des régions et leur marginalisation. Il a ainsi, concluent-ils, démontré ses limites, donnant souvent, mais  très sommairement, un diagnostic et esquissant, à petits traits, les contours d’un nouveau modèle, notamment, au niveau des résultats auxquels il doit tendre.

Ce débat renait de nos jours. Serait-ce à cause de l’approche de certaines échéances électorales. Serait-ce en raison de ce nouveau gène qui s’est greffé en nous qui nous pousse à croire qu’un changement de gouvernement doit s’effectuer tous les douze mois. Serait-ce à cause de cette autre raison, prônée par certains, qu’est de semer la scission entre gens, entre régions entre classes politiques et sociales s’adossant à la carence du modèle existant à chaque fois qu’une éclaircie s’annonce ou se dessine, où que certains succès se profilent à l’horizon.

Faut-il croire en cela et s’activer à mettre sur pied un autre modèle dont les effets pourraient annuler largement les insuffisances du modèle vécu ou faut-il tout simplement examiner et analyser celui-ci en ajustant ses paramètres pour que l’on aboutisse, au bout du chemin, à entrevoir des effets plus larges et mieux partagés des conséquences de la croissance posées et projetées dans le modèle. De toute évidence, ceux qui se sont attelés pour prôner un « nouveau » modèle ne sont pas parvenus à le concrétiser et les professionnels politiques qui sont montés sur scène pour  un profond changement du modèle n’ont essuyé qu’échec à voir tous les indicateurs économiques et sociaux qui défilent devant nous depuis bientôt sept ans. Ils ne sont même pas parvenus à définir un plan directeur national qui couvrirait une période plus longue que l ‘année, plus large de notre situation économique et sociale pour que la vision soit plus claire et les actions soient mieux cernées. Mais il n’est jamais trop tard pour édifier une culture autre que celle de démolir l’ancien sans prévoir l’édifice qui surgira à sa place. Il y a, certes, des freins aux efforts déployés qui vont du sécuritaire au « cannibalisme politique » jusqu'à l’ancrage de l’indiscipline. La liberté doit s’entendre respect des limites et maturité du discours le tout guidé par l’intérêt supérieur de la Patrie.

Toutefois, une question élémentaire se pose. Qu’est ce qu’un modèle, sur quelles bases repose-t-il et quels effets escomptés peut-on ainsi en cueillir.

Un modèle est un ensemble cohérent d’équations qui, en s’interférant en se réactivant, aboutissent à des résultats, souvent posés et recherchés par le concepteur du modèle. Tout modèle part d’une définition fine des relations entre les différents secteurs, entre les différents agents économiques en tenant compte de l’environnement proche et international et du comportement vécu mais aussi voulu de tous ces paramètres. Un modèle doit rechercher, voire créer, les moteurs de la croissance, ceux qui vont entrainer l ‘économique et le social à évoluer. Il tient compte aussi des moyens disponibles et ceux voulus qu’il y a lieu de déployer pour atteindre les objectifs recherchés, posés vers lesquels l’économie et la société ambitionnent. Il définit ainsi les scénarii qui conduisent à des  résultats ainsi que les conditions de leur réalisation.

Un modèle est fonction, au-delà des moyens, d’une volonté déclarée et mise en œuvre. Certes, chaque pays aspire à plus de croissance et donc à plus de bien être de sa population. Toutefois, le facteur politique demeure déterminant en ce qu’il permet aux populations de partager et d’adhérer aux conditions d’évolution de ce modèle. L’absence d’adhésion, de partage, conduit inéluctablement à l’échec de la stratégie. Un modèle doit être porteur de promesses notamment pour les générations jeunes. On parle souvent d’une crise d’un modèle économique quand le modèle politique part en crise.

Aussi, la mise en place d’un modèle exige-t-elle des actions et des mesures parfois peu populaires, douloureuses même, pour que soient traduits dans le réel ce que le modèle peut produire  comme objectifs, effets et conséquences. La conception et la mise en place d’un modèle sont, ainsi, éminemment importantes. De l’actionnement des politiques qu’il  entrevoit dépendra la réalisation des objectifs.

Quelle  fût la portée du modèle que la Tunisie a adopté depuis bientôt un quart de siècle. Faudra-t-il le balayer d’un revers de main et créer un autre ou, en revanche, essayer de l’analyser pour lui apporter les ajustements adéquats et mieux l’adapter aux conditions du moment. Nous pouvons esquisser les observations suivantes :

En effectuant une rétrospective analytique et critique du modèle de développement tunisien, en relevant ses carences et insuffisances, mais aussi ses forces, on peut esquisser les contours, à grands traits, de ce que peut être un nouveau sentier de développement.

Le modèle vécu a permis à la Tunisie d’être plus intégrée à l’économie mondiale. Toutefois, la croissance de l’économie, tirée par les investissements et les exportations, est demeurée relativement faible, quand bien même les équilibres macro-économiques notamment de déficit public, d’endettement, d’épargne nationale étaient assez satisfaisants. Ceci n’a pas été de nature à relever le défi d’une absorption significative du chômage, à un rythme plus élevé que l’offre additionnelle, débouchant, plutôt, sur une cadence inquiétante de son accumulation.  Sur un autre plan, de vastes pans de la vie économique et sociale tels l’enseignement et la recherche, la santé publique, l’infrastructure, la fiscalité et même l’échange international dans sa légalité mais aussi en termes de protections tarifaires, la fiscalité, l’état « décomposé » des entreprises publiques, l’équilibre régional, la protection du pouvoir d’achat des citoyens, le droit au logement,  et bien d’autres espaces sont demeurés encore assez  faiblement performants. Ceci n’a pas permis d’intensifier la croissance économique et humaine et a contribué, par ailleurs, à réduire la cadence d’intégration à l’économie internationale, du fait que le modèle Tunisien, reposait, pour une grande part, sur des perspectives prometteuses de croissance de l’économie mondiale et sur une forte intégration à celle-ci. Il n’a, en revanche, envisagé que des conséquences positives sur le pays. Les ajustements à introduire à l’occasion de retournements de vapeur, d’inversions de tendances n’ont pas été conçus. Ce fut le cas en 2007 quand la crise financière internationale s’est déclarée et que l’économie mondiale s’est engagée  sur une pente baissière de croissance touchant l’ensemble de la planète. C’est aussi le cas des évènements de 2001 et la naissance du terrorisme international. Hormis cela, on peut se demander :

A- quelles ont été les forces et les carences du modèle vécu

Au niveau des forces, on peut relever que cette période s’est distinguée plus particulièrement par les éléments suivants :

  • Une meilleure croissance du PIB qui passe de 3.5% au début des années 80 à presque 5% pour la fin des années 90
  • Le résultat a été une régression relative de la pauvreté et une plus grande diversification de l’économie ;
  • une forte croissance des exportations à un taux approchant les 19% pour la fin des années 80 (87-90) et 7% pour le début des années 90 (91-94). Ce taux était négatif (3.9%) au début de la décennie 80 (81-86).

Ceci a été obtenu grâce à une politique macro-économique rigoureuse, une maitrise de l’inflation et une politique de taux de change réel stable. Le déficit extérieur a été réduit et maitrisé et le concours bancaire a été conduit d’une manière adéquate.

Au niveau des carences, on peut noter globalement:

  • Une perte de compétitivité de l’économie en rapport avec un nombre important de pays : les pays asiatiques, les pays de l’Est, les pays de d’Europe et les pays du Bassin Méditerranéen ;
  • Un fléchissement de l’investissement privé manufacturier,
  • Un coût des facteurs sans cesse croissant et élevé,
  • Une fragilisation des régions, et un écrasement des classes sociales sans parler du devenir des générations futures.

En effet, bien que la croissance ait été assez forte, elle est demeurée en-deçà du rythme atteint par certains pays concurrents tels la Corée du Sud, Singapour, Malaisie, Taiwan, Chili, Thaïlande, Iles Maurice, Chine … etc. Il s’agit donc d’une détérioration de la position tunisienne en matière de croissance qui, de surcroît, n’est pas à même d’absorber le flux de chômage qui commence à ébranler les grands équilibres du pays. Cette détérioration se manifeste sur la croissance en termes de parts de marché sur le marché européen  dont le rythme devient moins rapide que celui des concurrents de notre économie.

La régression de l’investissement privé dans le total des investissements a compromis, par ailleurs, l’objectif de croissance des exportations ainsi quelle gain de compétitivité à récupérer sur les pays concurrents.

D’autres handicaps sont relevés notamment au niveau du capital humain et de l’infrastructure. La  structure de scolarisation de la population, en termes globaux et de qualité, a été, en outre, un facteur de la baisse de la performance et de la productivité marginale. Elle dénote d’une faible part des qualifiés du supérieur (inférieur à 10%). A la date d’aujourd’hui, les chiffres n’ont que peu évolué. Cette structure nous renseigne sur l’étendue et l’importance du gisement d’amélioration de la productivité et de la compétitivité de l’économie que pourrait générer l’investissement dans une meilleure scolarisation. Paradoxalement, le chômage le plus dur sévit dans la classe des diplômés du supérieur. On est, toutefois, en droit de se demander dans quelles filières ou spécialités ont-ils été orientés et quelle est la performance de nos universités, en termes de qualité, de recherches, de publications.

En ce qui concerne l’infrastructure, les retards sont enregistrés dans : les communications et les télécom, les services portuaires, les transports et l’aménagement et la création des zones industrielles.

Enfin, les handicaps sont situés à deux niveaux:

  • Un premier  niveau relatif au coût élevé des facteurs, au double plan du coût horaire de la main-d'œuvre et des charges sociales y afférentes qui se situent entre 35% et 45%, niveaux estimés excessivement lourds et,
  • Un second niveau relatif au coût prohibitif du financement bancaire ; aussi bien le TMM, la marge des banques et les différentes commissions annexées au taux d’intérêt (appelé taux de sortie) rendent le coût du crédit très pénalisant pour la relance de l’investissement. Par ailleurs, les mécanismes de soutien des fonds propres des entreprises étant insuffisants, quand bien même les banques de développement, jusqu’à la fin des années 90 florissaient. Depuis, nous avons assisté à une « liquidation » orchestrée de ces institutions.

Ces deux facteurs combinés, coût élevé de la main d’œuvre d’une part, et des financements avec une carence au soutien approprié des fonds propres d’autre part, ont entrainé l’entreprise dans une spirale d’endettement inextricable. La lutte contre l’inflation, préjugeant de taux d’intérêts élevés,  semblait être la priorité. Toutefois, celle-ci ne pouvait être jugulée par les seuls mécanismes monétaires. Ceux-ci, en maintenant des taux d’intérêts élevés, ont entrainé une plus grande préférence pour l’investissement commercial, de spéculation et financier au détriment de l’investissement productif ce qui a engendré une situation de surendettement excessif des entreprises. Il en est découlé, ainsi, une destruction de l’emploi productif  et une forte fragilisation des régions.   

Ceci est l’image, à grands traits, de notre économie d’il y a plus que 25 ans. Quels sont les facteurs qui ont changé ; a-t-on dérapé au niveau de la thérapie administrée, quelle fut cette médication, que proposons nous aujourd’hui, est-ce un traitement des mêmes symptômes par les mêmes mesures, n’y a-t-il pas eu changement et transformation  de nos structures pour écarter les actions testées jadis, quel est donc le diagnostic qu’on peut dresser ou établir de la situation économique de la Tunisie d’aujourd’hui, de la Tunisie postrévolutionnaire. Un ensemble de questions dont les réponses peuvent nous éclairer sur l’importance du « nouveau » modèle tunisien, ne serait-ce dans ses bases, sa portée, ses limites notamment,  et des risques de son dérapage.

Un modèle qui ne tend pas vers l’objectif suprême de la promotion de l’homme, dans ses différentes dimensions, ne peut aboutir qu’à des écueils qui attiseront les animosités et les dissensions sociales et qui conduiront vers un extrémisme idéologique ou un fanatisme religieux. Un modèle doit partir  des objectifs pour définir les moyens disponibles et ceux mobilisables pour son succès. Il doit se définir des défis à l’écart des intérêts politiques. Une démarche inverse conduirait inéluctablement à l’échec. Par ailleurs, au-delà des chiffres, un modèle doit intégrer les valeurs sociales, culturelles dans leur large acception qui sont la santé, la recherche, les valeurs sur lesquelles est édifiée l’entreprise économique. Il doit être porteur de grands espoirs aussi bien économiques que sociaux et culturels. Enfin, et ce n’est guère le dernier, un modèle doit passer en revue l’état des législations et initier les grandes réformes, dont, notamment : fiscale, administrative, douanière, sécuritaires, financières, sociales et culturelles…etc. Un autre facteur de succès concerne l’ancrage d’une meilleure gouvernance, performante et transparente greffée sur une matrice de sanctions qui couronne les réussites et pénalise les défaillances et les échecs, qui privilégie les compétences et bannit  les alliances, connaissances. Un modèle est tributaire, pour son succès, de son potentiel d’adhésion auprès de la population.

La Tunisie est en mesure d’accéder à un palier de croissance élevée préalable indispensable à même de pouvoir améliorer sensiblement le niveau de vie du tunisien par une amélioration de son revenu moyen et une résorption d’une manière significative du chômage.

Ce palier de croissance impose, entre autres, un fort actionnement des principaux moteurs de croissance tels celui des exportations, celui de l’investissement avec un engagement fort, énergique et soutenu du capital privé et de l’IDE, un meilleurs ciblage de l’investissement public et une plus forte accumulation du capital humain se traduisant par une meilleure scolarisation,  un enseignement plus performant ouvert sur les besoins réels de l’entreprise nationale et étrangère ; exportations, épargne, investissement, principales locomotives de croissance, devraient évoluer, par ailleurs, à des niveaux tranchant avec ceux jusque là  réalisés. Le nouveau sentier de développement et de croissance doit nous extraire des difficultés dans lesquelles on s’enlise  et nous préserver contre de nouveaux bouleversements, car l’échec conduit au règne d’un extrémise obscur, idéologique ou de foi, qu’il sera difficile d’éradiquer plus tard, car il sera perçu comme le refuge des peuples. Le pays deviendra, alors, une proie facile au cannibalisme politique et autres formes d’influences.

B– Quelles sont les mesures urgentes d’ajustement à prendre à même de résorber d’une manière forte un chômage dont l’accumulation devient inquiétante, à faire peur

Quelles sont les opportunités de croissance qui s’offrent à la Tunisie :L’économie tunisienne est fortement rattachée au marché européen. Celui-ci se caractérise par une forte compétitivité, bien qu’il devienne, depuis 2007,  chancelant et vacillant. Il fait l’objet, cependant, d’une très forte convoitise. Aussi, l’entreprise tunisienne doit-elle être mieux lotie pour affronter ce marché concurrentiel. Un secteur se présente, néanmoins, comme une forte réserve de croissance qu’il faut saisir, il s’agit de l’agriculture, l’agroalimentaire et la pêche. L’effort à déployer est considérable et les effets le sont encore plus. Rien de cela n’est fait ni avant ni après la révolution. L’agriculture continue à être malmenée, traitée de manière très marginale fragilisant ainsi ses soubassements. Mieux encore, certaines branches du secteur agricole furent perturbée par les touches et retouches des différents responsables qui y ont défilé depuis 2011, comme si le changement appelle inéluctablement à la destruction. La reconstruction s’annonce longue et difficile en raison des choix impulsifs que déclarent les nouveaux dirigeants, dictés souvent par des raisons idéologiques et politiques plutôt qu’économiques.

Certains obstacles à une forte croissance persistent encore et la compétitivité de l’économie exige leur élimination car ils contribuent à alourdir la charge et les coûts de l’entreprise et partant à amputer sa force compétitive. Tout d’abord les coûts des facteurs (main d’œuvre et capital financier), et l’insuffisance adéquate du capital humain en termes de qualifications supérieures. Ensuite l’insuffisance de l’infrastructure notamment de transport, de télécom, de santé, et de loisirs. L’aménagement de Z.I. intégrées et aménagées selon les standards internationaux est requis pour une meilleure régionalisation de l’investissement. La réduction des disparités entre régions passe par une meilleure préparation des structures d’accueil de l’investissement au niveau de ces régions comme par exemple l’idée de  concevoir des parrainages voire des jumelages entre nos Z.I. tunisiennes  et celles étrangères qui conduiraient à une orientation des IDE vers notre pays. Cette stratégie visant à constituer nos Z.I. comme étant un prolongement des Z.I. étrangères pourrait générer des flux d’investissement importants. Par ailleurs, la relation avec l’administration génère des coûts d’opportunité élevés du fait de la lourdeur et le peu de transparence des procédures et son manque relatif de réactivité. Ces facteurs interviennent dans le blocage de l’élan de l’entreprise pour des gains plus significatifs de parts de marché. Ajoutons à cela que sous l’ère post révolutionnaire, le fonctionnaire affiche une baisse de rendement pour l’accomplissement du service public. On a même alourdi notre endettement pour continuer à financer une sur embauche ce qui a produit un « marasme » de productivité. La « mutation » de ce corps qui faisait la fierté de notre pays s’est faite, ainsi, par le recrutement massif et non expérimenté qui a revêtu un caractère purement politique bien que le social y était mêlé.

Certains secteurs, connus par leur forte employabilité et leur impact sur les exports, souffrent encore de la forte montée du commerce illégal et des importations sauvages qui mettent en difficulté l’entreprise transparente et ce, en dépit des cris lancés par l’ensemble du pays pour l’arrête de cette « gangrène ». Le résultat, hélas, a été un écroulement de ces  secteurs au bénéfice des opérateurs du commerce illégal. C’est le cas du secteur textile. Il en est de même pour le tourisme, secteur éminemment important en termes de recettes qui demeure caractérisé par une très faible croissance des revenus par rapport aux entrées. L’incitation par le taux de change du dinar adoptée sera très tôt estompée et affectera, ainsi, le secteur d’une manière très négative. En effet, le soutien du secteur par le mécanisme « artificiel » d’un dinar porté vers la dépréciation engendrera un arrêt de la force de compétitivité. On ne pourra maintenir cet avantage d’une manière infinie. Ce secteur connaitra, par ailleurs, des limites du fait des facteurs classiques, notamment sécuritaire, écologique et d’environnement, mais surtout de la prévalence devenue endémique d’un déséquilibre profond entre investissement et formation professionnelle qui agit sur la qualité et partant sur les flux d’entrée. Le dopage du tourisme par la parité du dinar a engendré un raclage d’une clientèle non dépensière, de bas revenus. Un mécanisme permanent de mise à niveau des unités hôtelières et un programme performant de formation  et recyclage en plus d’une stratégie de communication nationale et internationale adéquate en termes de produits et d’enveloppes allouées constitueront des atouts majeurs à l’expansion du secteur.

De surcroit, le tourisme demeure lourdement endetté du fait de deux facteurs majeurs : la sous capitalisation des investissements et la commercialisation non adéquate qui a conduit à des prix excessivement bas (exprimés en devises) par rapport aux pays concurrents (Egypte, Turquie, Maroc …etc.), compromettant ainsi le « label Tunisie ». La dépréciation du dinar ayant joué, dans cette situation, un facteur régulateur en matière de recettes en dinars. En devises, la baisse est alarmante. En termes de qualité de la clientèle, le résultat est désastreux. Ces exemples montrent l’étendue de l’effort à déployer pour éradiquer les causes ayant conduit à cet état.

Le taux moyen de croissance de la Tunisie pendant la période 95-2010 a été assez modéré, ne permettant pas une résorption conséquente du chômage ni même une accélération des exportations source première pour le règlement des nos imports et du service de la dette. Cette situation s’est aggravée après la révolution, en raison de facteurs bien connus. Il fallait afficher des taux autour de 6% pour améliorer le niveau de vie du citoyen et réduire l’écart enregistré par rapport aux pays d’un même niveau de développement, freiner un chômage devenu inquiétant (15%). Ceci ne se réalise qu’à la faveur d’une politique volontariste tendant à  améliorer sensiblement l’épargne nationale ou le soutien des fonds propres, l’investissement, les exportations et à maitriser les importations et l’endettement. Les années 2011-2017, n’ont pas amélioré la situation. D’autres détériorations se sont greffées sur les anciennes pour enfoncer davantage l’économie. Au préalable de tout, il faut revenir aux normes internationales de production et de productivité. Ces niveaux n’ont pas été améliorés après 2010. Bien au contraire, ils ont connu une forte dégradation au point de compromettre nos équilibres budgétaires, de paiements extérieurs, d’endettement, de production, jusqu'au affecter le pouvoir d’achat du citoyen. La situation qu’on entrevoit au courant de 2017/2018 présagerait d’une prise de conscience de ces facteurs mais restera en-deçà des ambitions.

L’ancrage de ces objectifs a valeur de défi. Là encore, le taux de change du dinar a produit l’effet inverse de celui escompté : aggravation en dinars du déficit commercial, aggravation du déficit budgétaire en raison du poids du service la dette et des produits compensés, de la balance énergétique, exprimé en dinars. Par ailleurs. le taux d’intérêt qui demeure soutenu à des niveaux excessivement élevés engagerait davantage l’entreprise dans sa spirale d’endettement ne jouant guère ou peu l’instrument pour juguler l’inflation. Au contraire on peut assister à un effet pervers, entre autres, un frein à l’investissement et une accélération de l’inflation dont l’origine se retrouve fondamentalement dans la hausse des salaires et la baisse de la production joints à un coût plus élevé de nos importations (inflation importée).

L’accélération de la croissance est le seul salut pour la résorption du chômage et l’amélioration du niveau de vie de la population. Etant donné la mondialisation, le salut de notre économie réside dans une plus grande et meilleure insertion dans l’économie mondiale. Il faut voir en la mondialisation une chance et non une sanction, à condition qu’on se remette à travailler, à produire, à être plus compétitif, une force qui s’émousse de jour en jour.

Dans cette avancée, et à l’inverse de ce qui se revendique par certains, l’Etat doit davantage se  désengager du processus de production et  consacrer ses efforts sur l’infrastructure et l’accumulation du capital humain qui constituent des facteurs déterminants d’une meilleure compétitivité. L ‘expérience vécue d’une intervention directe de l’état dans le processus de production a engendré l’accumulation des déficits des entités économiques publiques dont les conséquences ont été soit une hémorragie des fonds publics pour maintenir ces entités en vie, soit une cascade d’arrêts ou de faillites et ce, en raison d’une gestion défaillante et d‘une gouvernance non adaptée. Ce processus a survécu à la révolution et les médications adéquates ont souvent fait défaut.

Dans cette démarche, quelles seraient les mesures phares à entreprendre : elles sont nombreuses. Elles vont de la réforme de l’Etat jusqu’aux grandes réformes des législations :fiscales, d’encouragement à la création d’entreprises, une législation spécifique pour la PME,  la recréation d’instituts de crédits de développement destinés au soutien des fonds propres, la réhabilitation du sens de l’administration et du service public ….etc. Toujours est-il qu’il faudrait insister sur quelques aspects de ces mesures. Il s’agit notamment de:       

a) La relance des exportations

A cet égard il faut veiller à éliminer tous les obstacles à l’export, en incluant un segment fort important, celui des entreprises exportatrices totales non résidentes. Dans des pays comme la Corée du Sud, un conseil supérieur de l’export fut créé. Il se réunit tous les mois sous la plus haute autorité du pays afin que les obstacles soient rapidement levés et que les performances soient examinées et ajustées avec les correctifs du moment qui s’imposent.
b) La relance des investissements

la décision d’investissement est une opération complexe ; Elle procède des perspectives de gain mais aussi des facteurs de coût tels la main d’œuvre, le crédit et le capital, la fiscalité. Elle est tributaire du climat social, de la coloration de l’environnement géopolitique. Elle s’affilie d’une manière ombilicale au rythme de croissance de l‘économie mondiale. Le jumelage IDE-INVESTISSEURS LOCAUX est plus que nécessaire en ce qu’il confère une meilleure confiance, un transfert graduel des technologies, et une meilleure approche de la « gouvernance efficiente ».De surcroît, ce modèle, s’il advient qu’il réussisse, pourrait constituer un succès story pour les jeunes compétences innovantes et chargée d’un esprit d’entreprise délirant.

La relance de l’investissement n’est guère un objectif insaisissable. Ce n’est certes pas un mirage si, toutefois, les grands groupes économiques, y compris les institutions financières, s’engagent à piloter des branches d’activité annexées à des régions qui souffrent de fragilité économique et sociale, et faire adhérer leurs populations pour mieux fédérer toutes les énergies. L’accent doit être mis sur la PME qu’il faudra encadrer et  développer pour assurer sa pérennité. Pour cela, il faudra modérer  la forte soif des grands groupes qui se développent aux dépens de la PME, parfois sous l’oeil « complice » de l’administration, puisque peu active. On peut citer le domaine agricole et agroalimentaire, les travaux publics et l’aménagement du territoire, le commerce de détail, les transports…etc. Mais aussi, et pour des régions spécifiques, développer les projets relatifs aux énergies renouvelables, aux projets d’extractions d’essences et huiles de plantes médicinales, et les exemples peuvent se multiplier à la merci d’ateliers nationaux mixtes, regroupant l’autorité, les groupes influents à connections nationales et internationales ainsi que les institutions de crédit, dédiés à cette fin. Ces ateliers doivent travailler avec un timing et une obligation de résultat, car engageant le devenir du pays.

L’instrument financier ne doit guère être occulté, surtout en ce qui concerne le renforcement des fonds propres. Outre la réforme du système financier d’une manière générale qui devrait migrer vers un modèle reposant sur les critères objectifs d’un financement plutôt que reposant sur les valeurs et l’étendue des garanties réelles. Il serait opportun d’évaluer l’expérience des SICARS, censée prendre la relève des banques de développement mais qui a glissé doucement vers d’autres objectifs. En outre, les dettes étrangères converties en fonds propres (française, allemande) doivent être confiées à des Instituts de Crédit qui octroieront ces fonds sur la base  de critères intrinsèques aux projets, outre l’impérieux besoin d’instruire les banques à financer les projets sur la base de respect de ratios ou rapports obligatoires en relation avec leur assise de dépôts.  On peut commencer par le secteur agricole, pour passer, par vagues successives, à d’autres domaines porteurs de forte croissance.

c) la recherche et le développement

Un pays qui continue et persiste à reposer sa croissance sur les technologies étrangères et sur le capital étranger, ne peut éternellement survivre. Il demeurera ainsi tributaire de l’extérieur et sa souveraineté sera doucement désagrégée. Il faudra changer de fusil d’épaule et baser sa croissance sur la recherche nationale. Cela n’est guère un mythe. L’armée d’ingénieurs « produits » par le pays, qu’ils soient en Tunisie ou résidents à l’étranger peut nous autoriser à poser cette grave question : pourquoi la recherche se fait-elle rare surtout dans des domaines où le pays peut réaliser des avancées majeures : l’eau, l’énergie, les cultures à haut rendement et à valeur ajoutée élevée, l’aquaculture, les systèmes écologiques d’irrigation, le dessalement de l’eau de mer, la vulgarisation des techniques dans l’ensemble du rif tunisien, l’urbanisme et l’architecture en relation avec les énergies solaire et autres renouvelables.

Cette fonction de développement de la recherche spécifique adaptée aux besoins de notre pays peut être soutenue, par ailleurs, non par le Nord uniquement mais par d’autres horizons qui ont réussi leur auto-décollage : Corée du sud, Chine et autre pays asiatiques. L’Etat est dans le devoir de mettre en place ces liaisons. Les grands groupes se doivent de le soutenir dans cette démarche. Les expériences aussi bien en Europe qu’outre atlantique sont chargées d’enseignements et leurs modèles peuvent être transposés après ajustement à notre pays. Ceci nous conduit à évoquer la diplomatie active.

d) la diplomatie active

Celle-ci doit se définir une nécessité impé-  rieuse de se consacrer à deux directions qui sont porteuses de croissance pérenne : Outre l’EUROPE, notre partenaire historique, il s’agit tout d’abord du Maghreb arabe, et ensuite de l’Afrique ; la diplomatie doit les porter simultanément en pointe de ses soucis. Certains pays, notamment nos voisins de l’ouest, nous ont devancés, mais la place est suffisamment large pour permettre le succès des plus performants. A-t-on encouragé l’exportation de notre capital financier notamment nos banques, a-t-on réussi à édifier des instituts technologiques, pôles d’attraction de générations futures importantes des pays africains et arabes. Ces élites mêmes seront les futurs décideurs dans leurs pays respectifs et maintiendront d’une manière toute naturelle des relations édifiantes avec notre pays. Cette recherche d’opportunités est, certes, du ressort du secteur privé mais la diplomatie a été toujours considérée comme le grand moteur d’entraiment de ces énergies. Il faudra qu’elle endosse ce statut.   

e) autres actions à prendre

Entre autres mesures, il faudra s’attaquer à la réforme de l’enseignement dans ses différentes phases et l’anoblissement du travail manuel par le renforcement de l’enseignement professionnel, le rehaussement de la santé publique,  la réforme fiscale qui s’appuierait sur des principes simples ainsi que des taux incitatifs à la déclaration volontaire, la revue de la culture fiscale pour qu’elle soit plus incitative que coercitive, l’élimination graduelle des autorisations préalables dans les secteurs compétitifs, l’institution d’une liberté d’établissement des instituts de crédits pour que le secteur des fonds prêtables ne soit plus un monopole générant des rentes sur le dos des déposants soutenus en cela par les autorités monétaires ;  et les domaines de réexamen sont encore nombreux au vu de l’étendue des problèmes et obstacles qui se dressent devant l’effort qu’on se doit de déployer pour assurer une vie digne de nos citoyens.

f) la réforme de l’Etat

La réforme, sur un plan général, ne peut guère être dictée par le haut ni encore par une élite restreinte. Elle est le fruit d’un effort collégial rassemblant les classes de différentes connotations pour que les décisions prises puissent être partagées et que les populations y fédèrent avec beaucoup de conviction. Les contestations, les remises en cause, l’électoralisme, le culte de privilèges, ne pourront que compromettre le ressort et l’élan du pays vers des niveaux supérieurs et surtout rongeront le Prestige et l’autorité de l’Etat. Ils sont porteurs de coûts importants sur le double plan financier et surtout sur les charges d’exploitation des entreprises. Le prestige et l’autorité passent par un réexamen fin des compétences et de leur profil et un resserrement du nombre des départements ministériels. Certes, celui-ci est dicté par le système politique adopté qui exige un partage du pouvoir et un resserrement des intérêts. Néanmoins, l’intérêt supérieur de l’ETAT, la situation par laquelle passe le pays exigent une grande économie des dépenses et une forte efficience dans la prise de décision et surtout une célérité dans leur application. On atteindra ainsi l’optimum d’Etat. Un cabinet large et étendu dilue la décision, disloque et désarticule la réalisation et disperse et éparpille l’effort. C’est une économie de guerre qu’il faudrait tailler à la dimension des défis. Une bonne musique n’est nullement le produit d’un sur nombre d’instruments mais c’est plutôt la virtuosité des artistes et la symbiose qui les rassemble qui produit l’œuvre. Cette dispersion de l’effort, la lenteur de réalisation des actions créent tôt ou tard la désertion et la dispersion  et viennent à bout de la rigueur. Dans ce surnombre de départements, le citoyen se perd et finit par endosser le statut de contestataire qui retrouve, ainsi, l’argument qu’il recherche.

L’histoire de ces années postrévolutionnaires a montré que le chemin pour changer les cultures et rétablir notre appartenance à notre Tunisie demeure long et parsemé de difficultés. Il faudra s’atteler à plus de rigueur sans compromettre les libertés acquises,. Celles-ci doivent, toutefois, être canalisées vers l’intérêt suprême qu’est le devenir de notre pays : la liberté doit se lire à un double niveau, celui de la forme qui doit entretenir l’image du pays et redorer son blason, et celui du fonds qui doit afficher une plus grande maturité et un meilleurs professionnalisme et ne jamais verser vers le culte du verbe au détriment du fond critique constructif. Les syndicats de différentes corporations et connotations se doivent de définir leur charte respective afin que le pays balaie tout facteur perturbateur et évolue sur une trajectoire sereine. Pour ce faire, des ateliers nation aux doivent être montés, regroupant experts, professionnels de forte expérience, politiques et toutes les forces constructives guidés en cela, par un objectif défini en termes d’investissements et un timing rigoureux, avec  une consécration exclusive à la mission. Nous serons éblouis aussi bien par les délais que par les résultats. Cette mission peut mieux réussir en ce moment alors que le pays connaît un début d’éclaircie sur un certain nombre de facettes de la vie économique. En dépit des quelques turbulences de parcours, la Tunisie finira pour emprunter la piste de décollage, pour peu que les décideurs soient à l’écoute des personnes références et que les mesures qui seront prises aillent en symbiose avec les ambitions auxquelles on aspire. Continuer à rechercher un nouveau modèle économique me semble une mission vaine car il faut commencer par voir en nous, de quoi nous sommes capables, quelle culture nous portons et véhiculons et quel habit nous endossons, le salut viendra, alors, de lui-même. Il est temps de relever la tête et de se convaincre que la révolution n’est qu’une chance et non la thérapie à tous nos maux. Si on ne retrousse pas ses manches et l’on ne se remet pas au travail rigoureux, si l’on continue à cultiver l’esprit d’assisté et non d’assistant, toute l’œuvre dont on fantasme s’écroulerait.la Tunisie emprunte, sans grand détour, un sentier parsemé de risques. Il faut donc agir vite et très tôt tant qu’il est encore temps d’agir. Le temps qui passe n’est pas en notre faveur, il ne fait que ronger notre marge d’action. La réponse est dans l’esquisse d’un plan de développement économique et social qui intègrerait toutes ces valeurs et associerait toutes les forces constructives de la NATION.

Abdelmajid Fredj

 

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9 Commentaires
Les Commentaires
Ibn al balad - 16-01-2018 01:10

Et si tous les partis, partis à la chasse du pouvoir se mettaient au travail et à contribuer d'une manière constructive à l’œuvre nationale, le pays aurait eu un autre visage, une autre allure, alors qu'aujourd'hui, on en est à nous battre dans les rues pour une question qui aurait été débattu par des ateliers nationaux. Il faudrait un génie pour comprendre ce peuple, mais celui-là ne court pas les rues.

Touhami Bennour - 16-01-2018 01:28

Une bonne analyse mais deprimante. Pourquoi? "L´experience et l´histoire nous enseignent que l´homme transforme le monde en le connaissant et le connait en le transformant" (auteur inconnu). Qu´a-t-on transformer ou connu?

Nouri Kamoun - 17-01-2018 12:27

Un des problèmes de notre pays engendré essentiellement par le système politique mis en place est que les décideurs et les journalistes que nous voyons sont dans leur majorité incapables de méditer et de comprendre la profondeur de cette analyse. La parole n'est pas donnée aux compétences, mais souvent à des nullités qui n'ont fait leurs preuves nulle part et que souvent il est très difficile de les accuser de grande intelligence.. Quand des politiques et des médias continuent à faire croire aux Tunisiens qu'il y a des solutions miracles pour nos problèmes, quand j'entend un ministre annoncer sans plaisanter que le gouvernement va assurer un logement décent pour toute famille Tunisienne (chose que les pays développés n'ont pas pu faire ), quand je vois un chef de gouvernement annoncer qu'au cours de l'année 2018 la situation de 80 000 ouvriers des chantiers va être régularisée, je ne peux compter que sur le bon Dieu pour sauver le pays à la manière qu'il estime bonne. J'aurais souhaité que Si Abdelmajid Fredj ait signalé à nos ministres quelles sont, à son avis, les décisions catastrophiques qui ont été prises par les différents gouvernements qui ont mené au désastre économique que nous vivons. Donc Monsieur le chef de gouvernement une chose simple que vous pouvez faire et qui ne vous engage en rien: Ecouter l'expertise, l'analyse et les suggestions des compétences et des gens expérimentés comme l'auteur de cet article et ce dans les différents domaines: - Economie et finances - Education et formation professionnelle - Santé publique. - Infrastructures - agriculture... Ecoutez , méditez et vous êtes libre de faire les choix que vous jugerez bon. Mais écoutez un autre son de cloche.

SADIIK HAMIM - 24-01-2018 01:05

Un bon diagnostict est le mal est à moitié guéri. Or la Tunisie postrévolutionnaire devient méconnaissable. Est-ce à dire que le sentier de sortie est sans issue Je n'y crois point. Il faudra, en effet, mettre en branle deux ou trois mesures et y associer les hommes qu'il faut et le pays amorcera son ascension. La première est d'ordre budgétaire. Comme il est dit dans l'article, soulager le budget de certaines dépenses de fonctionnement en contractant le nombre des départements ministériels et augmenter les recettes fiscales en asssouplissant les taux ce qui entraînera l'élargissement de l'assiette fiscale et réduira fortement la fraude et la fuite fiscales. La seconde mesure est la mise en place d'une politique monétaire agressive, de guerre, centrée autour de deux axes : réduire le coût de financement d'investissement, impulser les banques pour un meilleur octroi des crédits sans grand recours aux garanties réelles, réduire les délais de réponses des établissements de crédit, mettre en place un mécanisme simple de renforcement des fonds propres du type " banques d'investissement", associer à cette stratégie un mécanisme d'adhésion obligatoire des banques sous peine de pénalités (réserves obligatoires), afficher une potitique de taux de change stable et non vascillante comme c'est le cas en ce moment, ce qui réduirait les coûts d'investissement et l'inflation importée, encouragerait les IDE qui seraient assurés d'un mécanisme de change rassurant, ceci écarterait les spéculations à la baisse du dinar confortablement installées, et éviterait les effes de retard spéculant sur la dépréciation du dinar. La troisième mesure est une logistique qu'il faudra créer pour d'une part veiller à l'application stricte de ces mesures et, d'autre part, créer une banque de données d'idées de projets. Cette approche ne peut réussir, évidemment, que si l'accalme politique et sociale est assurée, ceci relève de l'autorité suprême du pays et de l'intégrité des partis qui ne font que se déclarer des guerres d'assaut pour la prise du pouvoir. Soyons démocates et attendons les échéances électorales..Un retour à la rigueur et au respect du travail est un préalable incontournable.

ABDELMAJID FREDJ - 24-01-2018 11:36

Merci si KAMOUN pour avoir lu et surtout saisi le message que j'entendais passeer à travers cet aarticle. J e vous l'accorde qiue de nos jours, le livre et la lecture sont les grands absents de notre vie quotidienne. L'image ou les articles à scandales sont en revanche dévorés par les gens au détriment des bonnes lectures et de l'écriture. Mais il ne faut pas désespérer, et les personnes qui ont conduit des analyses ou proposé des solutions ont été nombreuses depuis janvier 2011. Mais hélas, il n'y a eu d'ouie pour personne. Les politiques, les médias n'ont fait que troubler la vie des tunisiens au titre de la démocratie. Puisse Dieu nous guérir de ce mal et que laTunisie reprenne son travail laborieux et productif et retrouve sa fierté de toujours.

j; vernes - 30-01-2018 20:31

Le Président Macron est à TUNIS. Comme son prédécessur, il a évoqué, il y a quelques temps, tous les hommes d'affaires de France mais aussi les grandes firmes internationales de grand renom pour les inviter à une relance de l'investissement en FRANCE. Le contact à ce niveau ne peut trouver d'équivalent. Le monde aujourd'hui, mais aussi de toujours, est guidé par la qualiité des relations et l'importance des défis et la mesure des intérêts. N'est-il pas temps pour nos gouvernants de s'appuyer sur le poids de nos industriels et hommes d'affaires, ceux qui ont tissé des relations importantes avec l'étranger, pour leur lancer le défi de la croissance et de l'emploi ? Avant lui, et dans un souci similaire,le Président Hollande avait lancé le conseil de la stratégie et de la compétitivité. Il le présidait en personne et ne laissait aucun détail au hasard. J'avais émis le souhait, depuis de longue date, pour la création d'un conseil qui rassemblerait les industriels tunisiens et les amis de la TUNISIE, Je lui avais donné " le conseil des sages" pour nom. Mais rien ne fut fait. Probablement le quotidien est absorbant. Il l'emporte sur la vision d'avenir. Mais il y a toujours du temps, tant qu'il est temps, pour ratteaper le temps perdu.

ABDELMAJID FREDJ - 01-02-2018 01:11

A l'écoute de la conférence de presse des présidents tunisien et français, une paix indescriptible m'a gagné en retrouvant certaines de mes propositions prendre corps : l'institut technomogique dédié aux étudients africains, le fonds d'aide à la PME-PMI, et le soutien des fonds propres par le mécanisme de reconversion de la dette publique envers la France. Pour rejoindre les idées développées par si TAOUFIK HBAIEB, ces intruments ne peuvent réussir que si on les extrait du circuit habituel de l'administration et leur ériger un département indépendant investi de beaucoup de pouvoir pour qu'elle prennent corps. Les idées et détails de ce département sont nombreux. Chercher une grande expérience pour les mettre sur pied et le tour est joué. LES PROBLEMES D'AUJOURD'HUI NE SERONT BIENTÖT QUE DE L'HISTOIRE.

j; vernes - 05-02-2018 02:39

Ma conviction est que avons actuellement le meilleur de ce qui existe sur la scène. Avec un peu plus de rigueur, d'éconmie de portefeuilles, d'audace dans l'action indépendamment de ce qui se dit dans les cercles politiques, et surtout une bonne communication savament étudiée : c'est le rôle des conseillers. Le pays partira, alors, des plus belle vers le décollage. Tous ceux qui crient ou murmurent pour pousser au changement des personnes le font pour aparaitre dans les médias. Si la mission leur était confiée, il n'essuieront qu'échec vu leur incompétence dans la direction des affaires et des groupes, vu leur courte imgination, vu leur faible force de créativité, vu enfin la soif qui les nourrit pour leur maintien au pouvoir ou dans son giron, c'est ainsi qu'ils peuvent garantir et protéger leurs intérêts. Ils que le verbe et par ailleeursil n'a que désert. En un mot, laissons l'équipe faire son travail, pour une période jugée objective, et les résultats sanctionneront son plan et auquel cas, il faudra soit les applaudir et les reconduire ou tout simplement proposer de meilleur. L'analyse menée plus haut dans cet article peut servir d'orientation qu'il serait bon d'enrichir et de développer dans certains de ses aspects et propositions.

A; Fredj - 15-02-2018 02:40

Sept ans n'ont pas suffi à la Tunisie ni à ceux qui se sont sucédés aux commandes du pays pour comprendre comment aborder un nouveau modèle de développement. Les architechtes des modèles qui ont fait la gloire de notre pays sont encore vivants et participent souvent par leurs écrits et réflexions à l'enrichissement de la pensée économiques de laTunisie post-révolutionnaire. Nous avons eu écho, comme du reste beaucoup de monde, que s'est tenue à Tabarka une grande assemblée,pour réfléchiir sur les émthodes d'élaborer le nouveau shéma d'avancée de la Tunisie en tirant avantage des expériences du passé. Nous relevons l'étendue de retard qu'affiche cette équipe en charge de ce dossier. Et je pense qu'il se passera beaucoup de temps et on attirera sur encore plusieurs stations pour conclure que la science est dans les tiroirs des ministères et que dans l'esprit des responsables actuels, il s'agit d'une humiliation de demander à leurs ainés les vraies approches qui conduiront à une nouvelle approche d'un modèle; Ces dossiers et les archives sont le patrimoine de la nation et sa richesse. Ceux qui y ont participé, même s'ils sont pris par l'âge se doivent d'être au service du pays. Il faudrait tout simplement leur en faire la demande ert l'on se rendra compte du temps et de l'argent qu'on gagnera à édifier une nouvelle oeuvre..Mais amis, mes frères et soeurs, soyez clément à l'endroit de ce peuple et déployer l'intelligence pour aboutir très tôt à bon port. Jen ai fait, la-dessus, les contours d'une approche, qu'une épipe d'expérience se penche sur ce qui a été écrit et le dossier, dans sa structure globlale, sera clos.

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