News - 03.01.2018

Les Rendez-vous de l’Histoire de Carthage : 2ème session ce jeudi 4 janvier à Beït al-Hikma

Les Rendez-vous de l’Histoire de Carthage 2ème session

L’Académie Tunisienne des sciences, des lettres et des arts Beït al-Hikma, en partenariat avec Al-Jamiaa al-maftouha et l’institut du monde arabe organise le 4 janvier 2018 la 2ème session des Rendez-vous de l’Histoire de Carthage autour du problématique "Repenser les récits nationaux, le Machreq en questions", les activités de la session se dérouleront le 5 janvier à la faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis.

Ces journées sont organisées en sessions annuelles, chaque session se déroulant sous un thème précis où l'Histoire sera traitée de façon transversale et interdisciplinaire. Le thème choisi est : «Le Monde arabe, de l'historiographie à l'Histoire » : Nous lui consacrons deux sessions

  • la première a eu lieu à Bet-al-Hikma le 17 février 2017 et a porté sur le Maghreb;
  • la deuxième se tiendra les 4 et 5 janvier 2018 à l'Académie Beit-al-Hikma et à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis et aura pour thème le Machreq.

Les RDV de l'Histoire de Carthage se veulent une occasion pour réfléchir sur l'histoire de la Tunisie et du Monde arabe, en relation avec le passé, le devenir et l'environnement géopolitique. Nous partons du principe que le Monde arabe contemporain, dans sa diversité (États, régimes politiques, sociétés, groupements humains), a été l'objet d'une « écriture de l'Histoire » forgée par des classes politiques et intellectuelles qui n'ont pas toujours respecté l'Histoire telle qu'elle a été faite par ses acteurs. Dans presque tous les pays, l'histoire a été manipulée, travestie, instrumentalisée au profit de régimes politiques autoritaires, par des acteurs nationaux et internationaux. Les récits nationaux arabes ont été k réceptacle des intérêts politiques, souvent claniques, religieux et ethniques. Leur élaboration n'a pas toujours privilégié, au Maghreb et au Machreq, le recours à l'histoire moderne.

Après le « Printemps arabe », dans le temps révolutionnaire en cours, nous pensons que le moment est venu de reposer les questions fondamentales qui comptent pour l'histoire du Monde arabe, en commençant par « repenser les récits nationaux arabes ». Le souci ici n'est pas tant d'apporter des réponses que de poser les questions, d'amener les faiseurs d'histoire à réfléchir sur ces récits pervertis, à déblayer un terrain miné en vue de déconstruire k patrimoine historique légué par des régimes politiques décriés. Il s'agit en fait de « déconstruire les récits fondateurs pour retrouver l'Histoire».

«Repenser les récits nationaux, le Machreq en questions» Argumentaire

L'Orient arabe a non seulement une histoire ancienne, mais il a une longue histoire riche en événements qui ont influencé le cours de l'histoire de l'humanité depuis l'aube des temps. Cette histoire est le produit d'un processus millénaire et d'une civilisation en construction et en mutation perpétuelle. Berceau des civilisations (la Mésopotamie et l'Égypte) et source des monothéismes (judaïsme, christianisme, islam), il occupe une position stratégique, en tant que carrefour pour les communications, les conquérants, les commerçants et les pèlerins. Il est aussi un pont entre l'Europe, l'Afrique et l'Asie.

C'est également une histoire traversée par des tensions permanentes depuis l'introduction du mode de production capitaliste dans la région au dix-neuvième siècle (l'expérience de Mohamed Ali en Égypte), le démembrement de l'Empire ottoman et la soumission de la région à la colonisation occidentale et à la globalisation.

Le processus d'indépendance des pays du Machrek arabe, au cours du XXe siècle, coïncide avec la création d'États-Nations et aboutit à un démembrement de l'Empire ottoman. Ces États émergents n'arrivent pas à assurer le développement, mais instaurent partout des régimes autoritaires consacrant un déficit de démocratie dont la conséquence immédiate est de rester en marge du développement, de la révolution technologique et de Père numérique.

Depuis l'instauration de l'État d'Israël en 1948 avec l'aide des forces européennes, les Arabes y compris les Palestiniens, enchaînent les défaites devant la tyrannie de l'État sioniste qui s'est transformé en État d'occupation et a provoqué le déracinement du peuple palestinien, géographiquement, démographiquement et culturellement. Les luttes hégémoniques dans la régi, qu'elles soient internes (Égypte, Arabie Saoudite, Irak) ou entre ces États et l'Iran de Khomeiny, ont occasionné un gaspillage considérable de ressources humaines et économiques et n'ont pas pu trouver une solution correcte aux problèmes des minorités de la région (Chrétiens, Chiites, Kurdes etc.).

Ces différents événements subis par l'Orient arabe ont forgé des récits nationaux, souvent conflictuels, influencés par les différentes idéologies (socialisme, nationalisme(s), islamisme, etc.) adoptées par les régimes. Si les hommes politiques maîtrisent les développements que connaît la région et ont leurs propres interprétations des faits, les historiens ont le devoir d'investir le terrain pour jouer leur rôle qui n'est rien d'autre que l'analyse scientifique objective de la réalité, tenant compte des avancées des sciences sociales modernes.

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