Opinions - 13.10.2017

Boubaker Benkraiem: Pourquoi cette bouleversante transformation dans le comportement de nos concitoyens?

Pourquoi cette bouleversante transformation dans le comportement de nos concitoyens?

Depuis le changement intervenu en janvier 2011, "la révolution du jasmin", de nombreuses tares sont apparues dans le comportement de nos concitoyens.

Celles-ci perdurent et s’amplifient à tel point qu’en sept ans, l’élite politique, préoccupée par la manière d’arriver au pouvoir ou de s’y maintenir, ne s’y intéressa guère, ses  priorités étant ailleurs. Ces tares sont fort nombreuses mais je retiendrai essentiellement celles qui touchent surtout à certaines valeurs morales, à l’intégrité et à la souveraineté de notre pays et à son développement: indiscipline, irrespect des Lois, paresse et laxisme, égoïsme, nationalisme à fleur de peau, tricherie, malpropreté et méchanceté.

Ces défauts qui n’étaient pas aussi apparents et aussi percutant++s avant le 14 janvier 2011, sont dus, tout particulièrement, à certains évènements, facteurs, attitudes et agissements:

1- D’abord au vide politique créé par le départ de l’ancien président, départ qui a pris tout le monde au dépourvu étant donné la situation qui prévalait dans le pays;

2- ensuite, à "l’apathie" du dernier gouvernement pré-révolution qui, tétanisé par ce qui s’est produit, s’immobilisa, ne sachant quoi faire et comment agir allant jusqu’à amnistier même les terroristes de Soliman qui ont  tués des agents de l’Etat;

3- enfin, le premier gouvernement provisoire n’a fait que satisfaire les revendications salariales les plus excessives, et autorisa la création de syndicats dans certains corps qui, généralement et un peu partout dans le monde, n’en disposaient pas;

4- de même, cent à deux cents excités ont fait dégager, pour la première fois de l’histoire de la Tunisie indépendante, un Gouverneur, le représentant de l’Etat dans la région. Et comme les Gouvernants en place n’ont eu aucune réaction à ce propos et n’ont pas utilisé la violence autorisée par la Loi pour empêcher pareil comportement, inacceptable par ailleurs, parce qu’on ne doit pas laisser bafouer le prestige et l’autorité de l’Etat, les autres régions ont suivi et beaucoup de responsables, à plusieurs niveaux, ont été dégagés; et ce fut alors, la descente aux enfers que nous vivons et subissons encore;

5- et puis, le premier gouvernement issu du parti qui remporta les premières élections post-révolution, cette révolution à laquelle il n’a pas participé, laissa aller et laissa faire, à leur guise, les jeunes et les moins jeunes: la première richesse minérale du pays, les phosphates, qui donnait de l’emploi à des milliers de tunisiens et qui fournissait, chaque année, à l’Etat, le quart de son budget, a vu sa production arrêtée par les demandeurs d’emploi, et cela nous a coûté, très cher (perte de notre clientèle traditionnelle, manque à gagner de dizaines de milliards de dinars dû à l’arrêt des sites de production), parce qu’on n’a pas, dès le premier jour, osé faire intervenir la force publique et au besoin, l’armée, pour faire cesser cette pagaille, quitte à permettre à l’armée de tirer en l’air, bien sûr tirer, pour dissuader, et sans faire de dégâts.

6- D’autre part, comme le gouvernement de la Troïka, qui manquait d’expérience et d’expertise a, non seulement, dépensé sans compter, mais encore, il a injecté dans la fonction publique qui n’en avait, nullement besoin, des dizaines de milliers de personnels, faisant passer le budget de l’Etat de 19 à 29 mille Unités, obligeant, ainsi, le pays à s’endetter, chaque année, pour équilibrer ses comptes. Tout cela ne pouvait que, forcément, compromettre l’avenir des générations futures. Ces dépenses inutiles ont été faites au détriment du développement économique des régions défavorisées qui, au lieu de profiter de cette nouvelle situation intervenue dans le pays, ont vu leurs conditions de vie davantage détériorées. C’est en fait la cause principale de nos difficultés financières actuelles et qui perdureront encore.

Comme aucune mesure autoritaire et salutaire n’a été prise, le tunisien qui, hier, était remarquable de correction, de sympathie, de gentillesse, de bonhommie, était devenu un autre homme. Ceci a été encouragé par le laxisme des différents gouvernements qui, tous, n’ont pas eu assez de courage, de détermination, et d’audace pour faire respecter la Loi et les règlements et empêcher ces dépassements, ces interdits, ces excès, ces abus, et ces écarts. Voyant que les gouvernements ne réagissaient pas à leurs méfaits, nos concitoyens, jadis exemplaires de bon comportement et de discipline, ont fait augmenter la dose de leurs mauvais agissements en vue d’obtenir la réalisation, par les gouvernants, de leurs demandes, aussi abusives soient-elles. Et en fait, ils ont, presque toujours, eu gain de cause. Les mauvais exemples étant faciles à imiter, et comme l’information est libre et instantanée, tout ce qui se passe au nord ou au sud et, dans n’importe quelle région du pays, est rapporté, à l’instant même, par la télé, par la radio et par les journaux. Ainsi, toute la population est au courant de tout ce qui se passe dans notre pays et des résultats obtenus par tel sit-in, par telle contestation, par tel barrage routier, etc… Lorsque, par la force de pareil comportement, on obtient la création d’une société de l’environnement qui emploie des centaines sinon quelques milliers de personnes sans exercer aucune activité et qu’on perçoit un salaire en passant sa journée à faire autre chose ou à jouer aux cartes, on ne doit pas s’étonner de voir d’autres régions réclamer le même cadeau….

Aussi, comment expliquer et admettre des actes d’indiscipline caractérisée quand un conducteur de train s’arrête en rase campagne pour aller faire ses commissions et repartir, un peu plus tard, sans gêne ni regret, quand un pilote d’avion arrive deux heures après le départ programmé de son avion, quand le commandant du navire, maitre après Dieu sur le bateau, se dispute avec son équipage entrainant le report de la traversée et causant tant de désagréments aux passagers qui devaient avoir tant d’engagements de l’autre côté de la méditerranée. Des fautes pareilles ne se produisaient pas ou très rarement, par le passé. Pourquoi ? Tout simplement, parce qu’on risquait gros et au minimum son poste. Et pourquoi, maintenant, cela se passe assez fréquemment? Parce qu’on n’ose…….., malheureusement pas, prendre pareille décision et on ne semble pas avoir pris pareille sanction? Parce que, avant, la renommée de Tunis Air, le prestige de la CTN et celui de la SNCFT et l’intérêt nationalqui avaient un sens le préconisaient et même l’exigeaient.

Il est inquiétant de constater qu’une bonne frange de notre société, représentée par ceux que nous continuons, nonobstant le rang social élevé que nous avons atteint, d’appeler "assiadna", les maitres de l’enseignement primaire, faire preuve d’égoïsme en demandant, et/ou en acceptant, que le volume horaire de leur charge hebdomadaire de cours soit réduit de moitié, alors qu’il était, comme cela se passe, à deux ou trois heures près, dans la plupart des pays du monde, à trente heures par semaine. Cela a duré ainsi pendant des décennies et notre enseignement primaire était remarquable. La question inquiétante qui se pose est *pourquoi cette réduction? *Aussi, est-il très intéressant que le ministre qui s’est permis pareille action "révolutionnaire", nous explique les tenants et aboutissants qui l’ont conduit à prendre pareille décision qui dépasse, de loin, ses compétences, s’agissant d’une mesure stratégique de premier ordre, nécessitant l’accord du gouvernement et celui du parlement. Décision qui se trouve à l’origine du déficit, annoncé à la rentrée scolaire, de milliers d’instituteurs qu’il faudrait donc recruter!

C’est aussi, à cause de cet égoïsme que tant de tricherie, de tromperie sont utilisées un peu partout: tout est faisable pour gagner, et surtout d’une façon malhonnête, de l’argent: on vend de la viande avariée sans penser aux conséquences, on fait passer de la viande d’animaux que le citoyen tunisien n’est pas habitué à en consommer telle que celle de l’âne, du chat, du chien comme étant de la viande ovine ou bovine; on ose même faire égorger des bêtes déjà mortes ou malades et qui sont inconsommables; on vend au bon petit peuple dont les moyens sont limités des produits alimentaires à bas prix parce que périmés; et à ce propos, on fait fi et on ne respecte ni les règles de la société humaine, ni la règlementation de notre pays, ni les mesures de la morale et on a l’impression que ces "hors la loi" ne craignent plus rien et n’ont peur de personne. Comme ce père de famille de onze enfants qui, voulant s’attirer la sympathie et les faveurs des gens généreux et de bonne volonté, se fit passer pour un pauvre malheureux et se fait photographier, avec toute sa smala, dans une seule pièce, tout le monde assis par terre sur un semblant de nattes et ce, en vue d’arnaquer tout ce beau monde naïf et perplexe devant pareille situation (journalistes, radios, autorité, citoyens généreux, jusqu’au chef du gouvernement qui a été aussi piégé et acquis à sa cause). Et c’est grâce probablement, et fort heureusement, à ses voisins qui connaissent bien sa réelle situation qui auraient vendu la mèche pour que la comédie soit découverte.

Espérons que la justice a, aussitôt, fait son travail pour que cela serve de leçon. Cela provient du fait que les sanctions, les punitions, les condamnations, s’il y en a réellement, ne sont pas suffisamment sévères pour être dissuasives et ne sont pas communiquées au public et aux médias pour être, largement, diffusées et servir d’exemple.

D’ailleurs, et durant les sept ans post–révolution, aucun gouvernement n’a utilisé la violence autorisée par la Loi pour remettre les pendules à l’heure et au moins, montrer de quel bois il se chauffe pour qu’il soit réellement respecté et obéi. Les gouvernants n’ont, durant toutes ces années, rien fait pour restaurer, entièrement, l’Autorité de l’Etat qui s’est effritée. Tout cela a engendré des concitoyens et une élite en majorité, laxistes, paresseux, égoïstes, partisans du moindre effort, désintéressés des  intérêts de leur pays et de son avenir, et patriotes à fleur de peau.  Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que cela continu sans que ceux qui sont aux commandes du pays ne bronchent.

Aussi, ce qui s’est passé ce matin, jeudi 12 octobre, à Souk Lahad ( Kebili) est non seulement un défi à l’Etat mais encore de la pure provocation : en effet, aller incendier le domicile du Délégué du Gouverneur et le siège de la Délégation après avoir renvoyé ses occupants en réaction à la noyade de deux jeunes du village parmi les harraguas qui se trouvaient sur un zodiac  qui était poursuivi par une vedette de la Marine Nationale, au large de Kerkennah, est inadmissible. Ce comportement est inacceptable et même intolérable d’autant plus que ce n’est pas la première fois que l’Autorité de l’Etat et son Prestige sont, ainsi, bafoués. Tant que la Loi n’est pas appliquée, avec toute sa rigueur, contre ces bandits de grands chemins qui osent détruire les symboles de l’Etat, notre pays deviendra ingouvernable et ce sera le règne du crime organisé.MM. les gouvernants, n’êtes-vous pas, encore, convaincus qu’il faut et qu’il est urgent d’utiliser la violence autorisée par la Loi pour que nos concitoyens comprennent leurs droits et leurs devoirs? Il est vraiment temps de réagir avant qu’il ne soit trop tard.

Notre pays  combat le terrorisme depuis des années. Nos Forces Armées sont en situation opérationnelle depuis très longtemps. Elles ont besoin de renfort en personnels en vue de ne pas négliger la formation, l’entrainement et les manœuvres, les exercices et les tirs d’entretien. Et pourtant, le service national est un devoir constitutionnel pour chaque jeune tunisien. Combien de jeunes se présentent, chaque année, aux services du recrutement pour accomplir leur devoir? Les services publics veillent-ils à ce que cette obligation soit respectée? N’est-ce pas là une démonstration et une preuve irréfutables de patriotisme et de nationalisme aléatoires ? D’autre part, notre concitoyen auquel la révolution a accordé, entre autres, la liberté d’expression, la liberté d’opinion et de protestation PACIFIQUE, n’a retenu de la Constitution que les droits. Par contre, il oublié les deux devoirs et pratiquement les deux seules obligations, celles de payer les impôts et d’apprendre, grâce au service national, les techniques lui permettant de défendre sa patrie. Mais autant il est attaché et même exigeant quand il s’agit de ses droits, autant il est plus que négligeant quand il s’agit de ses devoirs. N’est-il pas temps, sept ans après la révolution, qu’il soit rappelé à l’ordre?

Notre pays a besoin d’un pouvoir fort, autoritaire mais juste, car le tunisien de 2010 et d’avant est le même que celui de 2011 et d’après. Alors pourquoi a-t-il changé de comportement et de conduite? L’être humain est, naturellement, porté sur le laisser-aller, le laissez-faire, le "farnienté", le non- conformisme et quand il ne trouve pas une autorité qui le rappelle, et au besoin par la force, à l’ordre, ou le somme à l’application de la Loi et des règlements, il se laisse aller et oublie tout ce qu’il a appris de ses parents et de l’école. De même, lorsque Monsieur le Président de la République a pris la décision, en mai dernier, de charger l’Armée Nationale de protéger les sites stratégiques de production de pétrole et de phosphates, tout le monde s’est étonné de constater que les sit-iners qui ne devraient pas se trouver à El Kamour, situé dans une zone militaire interdite, n’ont pas été délogés de ce campement qui a eu tout le temps de s’installer, de s’organiser et de nuire, considérablement, aux intérêts nationaux. Normalement, l’exécution de la décision du Commandant Suprême des Forces Armées aurait dû être faite dans les 48 heures. Aussi, si les instructions de l’Etat ne sont pas appliquées à la lettre, illico presto, l’Etat ne peut être pris au sérieux et cela est grave et même très grave. D’ailleurs le système du pouvoir concocté par l’ANC, ce système tricéphale, ne permet à personne de gouverner: cet immobilisme et cette impossibilité de règlement de nos difficultés économiques et sociales proviennent de cela. Ceci a été relevé, à plusieurs reprises, dit et répété, de nombreuses fois et depuis bien longtemps.

D’autre part, ayant cru qu’avec la révolution, tous les problèmes de la terre seront, grâce à une baguette magique, réglés, le citoyen lambda ne comprend pas comment le renchérissement du coût de la vie et surtout celui du panier de la ménagère a atteint un tel niveau, et pourquoi la période transitoire a autant duré. Il pense que la démocratie permet de tout faire, de réclamer n’importe quoi, et d’exiger les solutions immédiates à tous ses besoins. Il ne comprend pas pourquoi  les divers gouvernements n’ont pas osé utiliser tous les moyens à leurs dispositions pour solutionner des questions sérieuses et surtout celles qui peuvent conforter les finances publiques telles que le refus des avocats et des médecins de payer leurs impôts sur les gains réels et non forfaitaires. C’est pourquoi, il est déçu de ne pas voir le gouvernement prendre le taureau par les cornes et  montrer toute sa sévérité au lieu de faire preuve de tant de mansuétude et de tolérance à tel point qu’on croit qu’il demande de la charité.

Aussi, comme l’a dit le grand stratège prussien Clausewitz  "la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens", je pense que "la violence légale est la continuation de la politique par d’autres moyens" et il n’y a aucune raison de ne pas en user lorsque les intérêts du pays sont menacés et cela a été le cas pour les phosphates et pour les stations de pompage du pétrole. Il peut l’être aussi pour le payement des impôts, pour la lutte contre la corruption, le marché parallèle et la contrebande.

L’évasion fiscale et le règlement des impôts sur les gains réels, surtout des professions jadis peu considérées (vendeurs de casse-croutes, de pizzas, de fruits secs, des commerçants aux souks Libya, les professions "juteuses" telles que les sportifs de haut niveau et les entraineurs, etc….) permettraient, une fois soldés, à notre pays de ne plus avoir besoin de crédits pour boucler ses budgets. D’ailleurs, il n’y a aucune raison de les en dispenser de ce devoir constitutionnel.

Cependant, il faut reconnaitre que les partis politiques, dont l’objectif primordial est d’arriver au pouvoir ou de s’y maintenir, se font remarquer par un mutisme inquiétant et ne jouent pas le rôle qui est le leur pour encadrer, expliquer, persuader et convaincre leurs adhérents d’être patients et de donner, aux gouvernants, assez de temps, pour régler les problèmes qui se posent et qui sont fort nombreux. Par contre, ils sont toujours disposés, pour la plupart, à critiquer l’action du gouvernement, sans proposer de solutions aux problèmes posés.

Aussi, certains de nos concitoyens, et de plus en plus nombreux, excellent dans les réseaux sociaux qui se développent régulièrement en usant, souvent, de pseudos, démontrant, en agissant ainsi, qu’ils manquent de courage et qu’ils n’ont, malheureusement, aucune retenue, ni  honneur , ni noblesse, ni probité pour débiter tout genre de grossièreté, d’infamie, d’indignité, de vulgarité à l’encontre de personnes, pour la plupart, honorables, que souvent ils n’ont jamais rencontrées, n’hésitant pas à les qualifier de toutes les monstruosités et de toutes les atrocités, révélant leur plaisir à être aussi méchants, aussi abjects, aussi ignobles et même odieux. Il est vrai que l’être humain est comme une lune qui a une face qu’elle ne montre jamais. Dommage pour notre peuple, dommage pour notre jeunesse que des tunisiens sont capables d’être, gratuitement, aussi exécrables. Heureusement que la majorité de nos concitoyens sont loin de faire partie de cette catégorie.

La malpropreté et l’indiscipline sont affaires de culture et d’éducation. Quand ces deux valeurs morales sont inexistantes ou n’ont pas donné les résultats escomptés, il faut utiliser la Loi et / ou le règlement pour arriver au but recherché. Le personnel des municipalités chargé de la voirie et de la propreté et dont la majorité n’était pas titularisée et qui était assez mal rétribuée avant janvier 2011 donnait, à ce moment-là, entière satisfaction et faisait un travail appréciable. Une fois leur situation matérielle améliorée, et leur titularisation décidée, leur rendement n’était plus le même. Pourquoi? L’indiscipline qui était pratiquement inexistante avant la révolution, s’est manifestée, très sérieusement, après 2011 lorsque les sanctions n’étaient plus appliquées pour, au moins, deux raisons:

1- La peur des responsables, à tous les niveaux, du slogan "dégage" qui peut  être prononcé par leurs subordonnés pour n’importe quel motif et qui n’osent plus prendre des sanctions; ce comportement qui n’a plus de raison d’être, doit cesser, une fois pour toutes.

2- Le rôle des syndicats de base qui se mêlent, de plus en plus, de questions se rapportant aux mutations, à l’avancement, aux désignations aux postes et aux sanctions, ces problèmes qui n’ont aucun rapport avec l’action syndicale, celle-ci ne concernant que le côté social. Exemples: L’hôpital de Sfax, Tunis Air, jadis notre fierté, Tunis Air jadis cité en exemple et encore Tunis Air qui fournissait, aussi, aux plus grandes compagnies de transport aérien, pilotes et techniciens. Ce qui s’est passé, à l’aéroport de Tunis Carthage, le dimanche 10 septembre au soir, est une honte pour notre pays, notre pays qui se veut touristique par excellence, notre pays qui  souhaite attirer les investisseurs étrangers, notre pays qui se veut ouvert sur le monde et notre pays qui était l’exemple et le modèle et qui souhaite le redevenir, notre pays a vu, ce soir- là, les employés de l’aéroport chargés de ramener les bagages des voyageurs, de cinq avions arrivés, à peu près, en même temps, décréter une grève sauvage, suite au renvoi de quelques –uns de leurs camarades pris la main dans le sac. Il a fallu une attente de deux à trois heures pour que les valises soient remises à leur propriétaire. De la sorte, Tunis Air est entrain de saper le prestige et la renommée de notre pays et nous risquons de très grosses pertes si ce problème, celui de l’intervention des syndicats de base dans les questions qui ne les concernent pas et qui devient endémique, n’est pas définitivement solutionnée.

Aussi, les syndicats n’étant concernés, uniquement, que par les questions sociales de leurs affiliés, ne doivent pas se substituer, à la hiérarchie, pour étendre leur rôle aux affaires ne les  intéressant pas. Il y va de la stabilité et de l’intérêt du pays, de la bonne marche du service, de la bonne gestion des directions et des entreprises, et de l’intérêt général. Et il est urgent de mettre fin à cette situation qui nuit à la fonction publique et à l’administration, au renforcement de la hiérarchie et à la séparation des rôles. La Centrale Syndicale, l’UGTT, la doyenne de tous les syndicats du pays, celle de l’immortel Hached, est certainement consciente de cela. Elle doit veiller à ce que les syndicats de base jouent leur rôle sans s’immiscer dans celui de la hiérarchie et du commandement, l’intérêt du pays le préconise, l’exige et le commande.

D’ailleurs, et compte tenu de ces changements comportementaux, le gouvernement doit, au plus tôt, utiliser ses plus brillants pédagogues et ouvrir les nombreux chantiers des réformes destinées aux valeurs morales, à la citoyenneté, au patriotisme, au nationalisme, à la vie sociétale en commençant par les jardins d’enfants, les écoles primaires ou de base, les collèges, les lycées et les campus. Quant à la réforme de l’enseignement qui sera le plus grand chantier de tous les temps, que faudrait-il faire pour que nos écoles, nos collèges, nos lycées et nos facultés reprennent leur niveau d’avant-hier, synonyme de renommée et de prestige. Il faut voir les feuilles de motivation accompagnant les demandes d’embauche que présentent certains maitrisards pour se rendre compte de cette situation déplorable et du nombre de fautes dans chaque ligne. C’est alors qu’on se rappelle que lors du concours de la 6°(1°année du secondaire), à onze ou douze ans, nous subissions, entre autres, l’épreuve d’une dictée assez longue et difficile, d’une page de cahier d’écolier environ, et lorsqu’on fait cinq fautes, on recevait  la note zéro.Cela doit nous interpeller.

Que Dieu veille et protège la Tunisie Eternelle.

Boubaker Benkraiem

Ancien Gouverneur

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1 Commentaire
Les Commentaires
lilia - 17-10-2017 11:20

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