Opinions - 13.03.2017

Mokhtar El Khlifi: Du souci d’une bonne gouvernance

Mokhtar El Khlifi: Du souci d’une bonne gouvernance

Faudrait-il être frappé de cécité pour ne pas relever avec bon nombre de concitoyens que notre pays est très malade, souffre de tous les maux pourvu qu’on sorte un dossier accidentellement (administration, justice, santé, éducation, textes législatifs et réglementaires et constitution, environnement, politique de l’eau et de l’énergie, fiscalité, médias et partis politiques, jeunesse, drogue et foyers de culture, besoins non satisfaits en main d’œuvre et chômage, régime carcéral, équilibres financiers, déficit de la balance commerciale, politique agricole, civisme, application du code de la route et nombre des accidents et j’en passe)?

Il y a un plan qui n’a pas encore vu le jour et croupit à l’ARP à côté d’autres textes mais il nous semble qu’on agisse au coup par coup et sommes à la merci des faits du moment alors que la bonne gouvernance suppose exige certes le traitement des dossiers de l’heure mais aussi ceux qui risquent de surgir à moyen et long terme.

L’exécutif semble dépassé par les événements et les pêcheurs en eaux troubles profitent pour compliquer la situation déjà difficile. Le pays donne l’impression qu’il est ingouvernable.

Certes, il y a des signes positifs que le pays commence  à voir le bout du tunnel si on constate les prémisses d’une bonne saison agricole  et touristique, la reprise de la production de la compagnie de phosphates, les accords signés par l’UGTT, soit avec l’Etat, soit avec l’UTICA qui sont de nature à instaure un climat social favorable à l’investissement sans oublier le dynamisme de notre politique étrangère dont les fruits sont là pourvu qu’on retrousse nos manches.

Mais, on a raison de s’inquiéter du rythme  et de la manière avec laquelle sont conduites les affaires du pays.

Je ne pense pas que la volonté politique au niveau de l’exécutif manque mais il semble qu’il y ait un déficit de gouvernance sans omettre les freins, dus à l’action néfaste de certains partis et le comportement de certains médias.

Pouvons-nous convenir d’instaurer une trêve jusqu’aux prochaines élections parlementaires et présidentielles et soutenir ensemble ce gouvernement dans son action tout en introduisant plus de transparence?
Comment rétablir la confiance, regrouper les énergies  et booster la reprise?

Le recours à la politique du dialogue a donné ses fruits. Le fait qu’il y ait l’accord de Carthage et que le chef du gouvernement ait compris enfin la nécessité de l’actualiser est une excellente initiative. Mais, Il serait plus que nécessaire d’y  associer d’autres partis et surtout le front populaire, même à titre informel, pour qu’ils participent à l’élaboration de la politique à suivre au cours des deux prochaines années.
Il n’est nullement impossible que suite à un dialogue sincère qui parvienne à dépasser les querelles idéologiques, on parvienne, face à la réalité des faits, à arrêter enfin un dénominateur commun  pour l’action de ce gouvernement ce qui nous ferait gagner du temps et de l’argent.

Sur le plan formel, il y a aurait lieu d’entreprendre, à mon humble avis, certaines actions:

  • Substituer à l’armada coûteuse des conseillers, une structure unique qui regrouperait, sans considération, d’âge et d’appartenance politique, les personnalités qui peuvent apporter bénévolement à ce pays une plus-value certaine en raison de leur expérience et de leurs connaissances surtout pratiques. Le pays foisonne de ces compétences inexploitées, ou tenues à l’écart pour je ne sais qu’elle raison. Je n’accepte pas, par exemple, qu’un Mohamed Ghannouchi, qu’un Mohamed kamel Nabli, qu’un Hachmi Aleya, qu’un Habib Ayedi, qu’un Yaadh Ben Achour  et bien d’autres qui ont servi dans l’Administration,  n’enrichissent pas l’action du gouvernement en lui préparant les grands dossiers avec la priorité requise.Cette structure vivante suivra aussi la réalisation des actions entreprises et fera part au chef du gouvernement des correctifs éventuels à apporter. Bien entendu cette structure proposera au gouvernement  qui décidera une fois convaincu de l’action à mener.
  • Après la finalisation de l’accord de Carthage, le choix des ministres devrait se faire indépendamment de l’appartenance aux partis qui  devront s’occuper plutôt à réformer leurs structures et à mobiliser leurs adhérents dans l’action de développement tout azimut et ne plus s’immiscer dans l’action du gouvernement. En s’adressant le plus souvent directement au peuple Monsieur Chahed y trouvera un appui des plus solides.
  • Ressusciter d’urgence le Conseil Economique et Social qui aura à émettre son avis sur les textes législatifs et réglementaires préparés par le gouvernement .Nous ne devrions plus voir le triste spectacle de la genèse d’une loi des Finances au forceps et de décrets d’application aussitôt repris après leur promulgation au JORT.
  • Demander aux médias d’agir dans le cadre d’une liberté responsable qui tienne compte de l’intérêt supérieur du pays et ne se préoccupe plus de buzz et d’audimat. Le secteur devra être invité à arrêter et publier, au plus tôt, son code de déontologie.
  • Convaincre l’ARP de l’opportunité qu’il y aurait à ce que le Chef du Gouvernement agisse par Décrets lois avec bien entendu un contrôle a posteriori de l’ARP et ce, à titre temporaire, pendant le temps nécessaire à la reprise économique qui tarde à s’opérer.
  • Amorcer un divorce amiable entre Nidaa et Ennahdha.

Il est temps qu’une reprise en mains énergique des affaires du pays se fasse car ce peuple meurtri ne peut plus attendre sans voir au moins le bout du tunnel.

C’est une course contre la montre que nous devons entreprendre tous car l’instabilité et donc le terrorisme  nous guettent comme le prouve les tristes évènements des fous de Kebili.

Mokhtar El Khlifi


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