Opinions - 06.07.2015

Lutter contre DAECH: c'est une question de bon sens

Lutter contre DAECH: c'est une question de bon sens

Qu’on soit clair, les troupes de l’Etat Islamique (DAECH) sont incapables de nous attaquer par le sud. Toute opération de grande envergure comme celle du Mosul serait impossible et même les infiltrations ont de très faibles chances de réussir, à mois qu’il n'y ait un manque de vigilance de notre part.

Contrairement à ce que pensent certains parmi nous, la guerre contre le terrorisme ne nécessite pas de gros moyens, elle fait appel  à peu d’équipements et d’armement (minutieusement étudiés) et beaucoup de bon sens, de renseignement fiable et de stratagèmes adaptés à la menace.

Pour nous attaquer, les combattants "daéchistes" sont obligés de traverser une zone saharienne dont la partie occidentale est constituée par un  grand Erg difficilement franchissable.
La guerre au Sahara est comme la guerre sur mer. En puisant dans notre expérience maritime, nous pouvons assurer l’étanchéité de notre frontière au moindre coût. Ci-après l’explication:

  • La guerre sur mer est une guerre de  mouvement sans occupation de terrain. Le préavis de détection est déterminant dans la bataille qui se termine très souvent par la destruction de l’une ou l’autre des flottes en présence. Dans le Sahara, c’est une guerre de mouvement sans durer sur le terrain. L’objectif pour notre ennemi est de franchir au plus vite un environnement hostile est invivable pour mettre pied dans un environnement plus hospitalier. Lorsque les moyens de la défense sont basés essentiellement sur des vecteurs aériens, les brigades de l’EI n’ont aucune chance de survie une fois détectées.
  • Tout comme la guerre sur mer, la guerre dans le Sahara nécessite un préavis de détection pour surprendre l’ennemi et l’anéantir. Lorsqu’il s’agit d’un pays pauvre comme la Tunisie qui n’a pas des moyens  de surface en nombre suffisant pour  assurer la tenue de situation en mer, la solution à préconiser est d’instaurer une zone d’exclusion et d’y attaquer tout intrus (classé hostile). La détection en profondeur est confiée aux moyens aériens (avions et/ou drones).

Le Sahara est comme la mer, un océan de sable où l’ennemi est visible et exposé. Sur nos frontières sud et sud est, les zones d’exclusion sont déjà décrétées en 2014. Nous n’avons qu’appliquer la loi (et c’est conforme au droit international) : détruire tout intrus dans ces zones sachant que nos concitoyens sont sensibilisés et avertis du risque qu’ils peuvent encourir s’ils n’obtempèrent pas au règlement. 
Tout comme à la mer, une tenue de situation complète ne peut être assurée que par des vecteurs aériens, le moyen de destruction reste à la diligence du Commandement opérationnel.
Il est à signaler que lors de l’opération Manta (conflit Tchado-Libyen 1978-1987), l’armée française se servait d’un Patmar (avion de patrouille maritime) pour assurer la tenue de situation dans la bande d’Aozo et le Sahara frontalier du sud libyen.

En attendant l’acquisition des futurs Black Hawk américain, tous les moyens aériens de l’armée de l’air (sauf les chasseurs) sont en mesure de tenir la situation opérationnelle dans les zones d’exclusion. Les avions de transport C130 et les transporteurs du courrier rapide sont les plus appropriés en raison de leur grande autonomie en vol. Les premiers ont été utilisés pour la surveillance du plateau continental dans les années quatre vingt lors de la crise avec Malte sur la délimitation du dit plateau.

En cas de besoin, l’Etat a même le droit de réquisitionner les hélicoptères des sociétés privées.

Lassaad Bouazzi