Lu pour vous - 10.02.2010

Haj Khelifa Tayari et Hassen Zeghidi: deux éducateurs qui méritent hommage

Le Recteur Abdelkader Mehiri lui doit ses premières classes. Le chef scout général, Mohamed Triki, également, comme tous les jeunes Sfaxiens de leur génration. Haj Khelifa Tayari, éducateur, aura été jusqu’en 1960, l’école de base, le moule qui a matricé toute cette jeunesse. Un peu comme d’autres, dans nombre de localités tunisiennes.

La grande spécificité de haj Khelifa, c’est d’avoir ajouté aux sciences religieuses des zaouias et kouttab, les sciences exactes et l’enseignement de la langue française. Il avait eu à ses côtés, Si Ali Marrakchi (père de Raouf, Samir, Ouafi, etc.), et Si Mohsen Kallel (père de Maher). Ce dernier, avait, en fait pris la relève de l’illustre Si Ali Rekik, celui qui inculqua les secrets de la langue de Voltaire à Mohamed Jammoussi et d’illustres disciples. Père d’un médecin et d’un pharmacien, et grand père de Faouzia épouse de feu Mohamed Charfi, il a laissé le souvenir d’un fin lettré.

Dans ce magnifique livret, initié par néjib Zeghidi, pharmacien à Sfax, dédié à la mémoire de son grand père, Haj Khelifa Tayari et à son père, Si Hassen Zeghidi, enseignant de langue française, Mohamed Habib Sellami a restitué des parcours historiques qui retracent une belle page de l’histoire de l’éducation dans la ville.

Grâce à des témoignages poignants, il a pu faire revivre cette ambiance et surtout cette rigueur mise au sevice au savoir et à la réussite. L’éducation a été érigée en noble acte de militantisme. Qui n’était pas passé par l’école de Haj Khelifa, véritable institution ?

Dans la deuxième partie, on retrouve avec délectation le portrait, plus moderne et francophone de Si Hassen Zeghidi. C’est à lui que revient le mérite d’avoir enseigné, sous la direction de l’inoubliable Mohamed Bali, les rudiments de la langue française et surtout ses nuances, au début des années 60, à ceux qui feront une belle carrière. Des médecins, comme les Drs Hatem Chaabouni, Sami kallel ou Mohamed Siala, mais aussi, Abdessalem Ben Ayed, président de la Chambre de commerce et d'Industrie de Sfas et son homologue, Mounir Mouakhar, président de celle de Tunis, Taoufik Habaieb de THCOM/Leaders, Yahya Gargouri, Hassen Sellami, Mohamed Ketata, et autres belles plumes totalement bilingues. Un homme cultivé, qui exerça son art dans l’enseignement, mais aussi le théâtre, la nouvelle et la poésie.

Plus qu’un livret, c’est un voyage dans le système de promotion des élites que nous découvrons, à travers cet excellent ouvrage. Pourvu que chaque ville, chaque école rende hommage à ses éducateurs…

 

Haj Khelifa Tayari et Hassen Zeghidi
Par Mohamed Habib Sellami
Edition Dounia, 104 pages, 3 DT