News - 29.10.2014

Elyès Jouini : Les Tunisiens ont fait chèrement payer ceux qui les ont trahis en 2011

Cinq commentaires à chaud et trois réflexions sur les prochaines étapes. Interview express de Elyès Jouini :

Quels sont vos premiers commentaires?

  1. La compétence, l'efficacité et le respect de la parole donnée payent ! Béji Caïd Essebsi a su diriger un gouvernement, organiser les premières élections et laisser la place au moment opportun. Il a su ensuite mettre en place une dynamique porteuse et rassembleuse. Il a su parler à tous les Tunisiens et son parti en perçoit aujourd'hui les dividendes.
  2. Les Tunisiens veulent se réconcilier avec eux-mêmes et rejettent le modèle consistant à réclamer, en façade, une union nationale pour mieux imposer un modèle de société clivant et rétrograde. Ils ont su faire payer à la majorité sortante ses échecs au gouvernement et n'ont pas été bernés par le discours du "on ne nous a pas laissés travailler".
  3. Les Tunisiens ont fait chèrement payer ceux qui ont trahi leurs électeurs en 2011. Ceux qui ont privilégié leur trajectoire personnelle, les urnes les renvoient aux poubelles de l'histoire.
  4. Les Tunisiens savent désormais mieux reconnaître le discours populiste, plein de promesses mais vide de contenu. Malgré l'argent de certains, largement répandu au cours de la campagne, leurs résultats sont en dessous de ceux de la pétition populaire en 2011. D'élection en élection, nous gagnons tous en maturité.
  5. Le travail de terrain et la rigueur payent. Parti de rien et sans aucune expérience politique antérieure à 2011, le parti Afek obtient neuf sièges et se place au nombre de ceux avec lesquels il faudra désormais compter. Il représente probablement la manière de faire de la politique de demain.

Et vos réflexions sur les prochaines étapes?

  1. Si cela se confirme, la majorité de Nida est suffisante pour pouvoir éviter une coalition entre les deux partis arrivés en tête. Et c'est tant mieux car son électorat ne s'y reconnaîtrait pas.
  2. Hechmi Hamdi a su reconnaître sa défaite et se retirer de la course à la présidentielle. D'autres qui occupent des positions élevées et qui ont subi une gifle monumentale devraient en prendre de la graine. Il y va de ce qu'il leur reste de crédibilité.
  3. Ne nous trompons pas, les perdants n'ont pas dit leur dernier mot. Ils peuvent peser sur les présidentielles et négocier le soutien de leur électorat. Il est important de se mobiliser autour d'un seul candidat pour éviter de laisser à d'autres le soin d'arbitrer.
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11 Commentaires
Les Commentaires
sadokdriss - 29-10-2014 10:10

On est censé tirer des leçons des récentes élections parlementaires du 26 octobre 2014,et pour celà il faudrait plus de temps,et comme le disent les anglophones"Time is money,money is pose,and power is information."Et comme le disait Moncef Bercous,tailleur tunisien de grand talent"L'Avenir appartient à ceux qui voient bien et loin."Pour Winston Churchill,éminent Homme d'Etat Britannique et Lauréat du Prix Nobel,en littérature,en 1953"l'homme poltique s'intéresse à la prochaine élection,alors que l'Homme d'Etat s'intéresse à la prochaine génération."

Zein c moi - 29-10-2014 11:19

1- Il faut arrêter de tenter de présenter le gouvernement de BCE comme compétent car la quasi totalité des décisions économiques qu'il a prises en quelques mois ont été foireuses car dictés par l'UGTT et le populisme et elles sont pour beaucoup dans les résultats de la tunisie depuis et pour les prochaines années. Le gouvernement BCE a réussi politiquement dans une période où il a profité d'une bienveillance de tous les acteurs politiques qui comptent et des médias. J'invite Mr Jouini en tant que brillant économiste à nous faire une analyse objective des décisions économiques et sociales du gouvernement BCE et ensuite des gouvernements qui ont suivi et de nous faire un bel article factuel. 2- Dire que les tunisiens ont fait payer chèrement ceux qui les ont trahi c'est prendre ses profonds désirs et fantasmes pour des réalités car au final Ennahdha aura environ 10 sièges de moins que Nida et environ de 15 sièges de moins que dans l'ANC, pour parler de Punition électorale il faut se référer aux déroutes du PS en 86 ou en 93 cher Elyes. Le résultat de Nida est principalement le résultat cumulé de l'abstention et du siphonnage des voix des partis dits abusivement démocratiques (massar, joumhouri, ...). 3- Une analyse objective des résultats consécutifs à 3 années de dénigrement incessant de mensonges et de propagande médiatique continue anti troïka montre que Ennahdha a une base incompressible d'environ 30% et que quand les "compétents" vont se casser les dents sur les conditions économiques du moment même avec le formidable apport de Messieurs Jouini et Joudi, je ne peu qu'être optimiste pour l'avenir de la Tunisie: Ennahdha sera l'AKP de la Tunisie dans 5 ans et dirigera le pays pendant 20 ans.

JEB - 29-10-2014 14:06

L’achat de voix a toujours plus ou moins existé dans de nombreux pays, mais en Tunisie cette pratique est progressivement devenue une activité organisée non seulement avec l'ex-régime du RCD mais surtout avec la montée des partis politiques qui se veulent progressistes et modernistes et qui ne sont en réalité qu'une reproduction à l'identique des forces et des dirigeants du régime déchu. Ceci n'est nul surprenant parce que l’achat de voix était limité aux quartiers les plus pauvres facilement manipulés. Tout d’un coup, cette pratique a touché les régions les plus riches. Des hommes d’affaires font voter les employés pour le compte de leurs partis , soit en leur promettant une augmentation des salaires, soit en les menaçant de les rétrograder. N’importe quel individu peut être acheté relativement facilement, si on lui donne entre 20 et 50 dinars, en fonction du niveau de vie de la population locale. L'acheteur de voix achète donc un lot de milliers de voix dans une localité. Il est très simple de vérifier pour qui les gens ont voté en observant les tendances de vote dans les municipalités, puisque les votes sont comptabilisés localement et les résultats sont publiés. Ce qui s'est passé, le 26 octobre 2014, sur les plateaux de certaines chaines télévisées quelques secondes après la clôture de certains bureaux de vote, est fort révélateur.

Omar Abdelmalik - 29-10-2014 14:43

Discours digne d'un militant de base... décevant !

Citoyenne - 29-10-2014 21:29

NIDA TOUNES est devenu le nouveau tremplin des RCDistes ,nostalgiques de l'ère Ben Ali , voulant se recycler dans le circuit politique post révolution.. BCE doit savoir que la majorité du Peuple Tunisie les t réprouve, et les rejette.Il refuse résolument de les voir de nouveau au pouvoir à quelque niveau que ce soit ,autrement le Peuple redescendra dans la rue !!!!!

watani horr - 29-10-2014 22:05

cher monsieur Driss. What is your point? je vois bien que vous avez de belles références historico-linguistico-littéraires, mais où voulez-vous en venir?

watani horr - 29-10-2014 22:09

N'exagérons pas le "cher payé", car je trouve qu'avec l'incompétence et la trahison de Ennahdha, qu'ils auraient du être punis plus sévèrement, et non capturer 30% de l'électorat. Le travail est continu et de longue haleine: notre jeunesse (les électeurs de demain) sont encore à grand risque de radicalisation et de manipulation idéologique/démagogique.

Observateur - 30-10-2014 00:34

Elyes Jouini! Inconnu au bataillon.

Amour Ben Amor - 30-10-2014 08:40

Il est pour le moins indélicat et malséant, à un moment où la Tunisie s'ouvre à peine à la civilité démocratique,de parler de manière provocatrice et du haut de son mirador parisien,de trahison,de gifle et d'autres aménités. Les Tunisiens ont valablement réussi, jusqu'ici,à éviter les grands dérapages dans une situation en cours de décantation hautement périlleuse.Ils s'arrangeront pour veiller eux-mêmes au grain,sans être parasités par des tuteurs autoproclamés. L'intérêt de la Tunisie est que même les égarés d'hier,à quelque camp qu'ils appartiennent,regagnent le bercail pacifiquement,sans humiliation et aux moindre frais.

A.Gaaya - 30-10-2014 10:02

Ennahdha avait fait ses calculs d'"épicier': ils pensaient gagner les Législatives (c'était dans "la poche"!?)et jouer l'arbitre pour les Présidentielles, entre Nida Tounes et un candidat de leur mouvance (CPR par exemple). En fait ils ont pratiquement perdu sur les 2 fronts. Ils ont perdu les Législatives (même s'ils sont bien contents d'avoir la 2ème place, ç'aurait pu être pire!), et n'ont plus beaucoup de choix pour les Présidentielles que de soutenir soit MN Chebbi, soit M.Ben Jaafar (M.Marzouki ayant pratiquement "grillé" toutes ses cartes)pour faire barrage à BCE, et éviter que tous les pouvoirs soient aux mains de Nida! Si se scénario se concrétise ce sera tant mieux pour l'alternance, et tant mieux pour l'équilibre des pouvoirs...

mehdi - 30-10-2014 12:12

Il n'y a qu'une seule réalité à voir de ce scrutin : la machine du RCD est de retour!

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