News - 27.10.2014

Mais qui votera le budget 2015 ?

Déposé in extrémis vendredi 24 octobre 2014, le projet de budget de l’Etat pour l’année 2015 cherche élus pour le voter. Le gouvernement avait espérer que l’actuelle Assemblée nationale constituante s’y penche dès cette semaine en chargeant sa commission des Finances de l’examiner puis d’en débattre en plénière. Mais, le cours des évènements semble, hélas, conduire vers le renvoi du Budget devant la future Chambre des Représentants du Peuple, comme l’a laissé entendre le président de l’ANC, Mustapha Ben Jaafar. Remis en grande pompe et dans l'urgence, il risque de dormir sur le bureau présidentiel du Bardo en attendant les sucesseurs.

Ce n’est pas l’avis de Nidaa Tounès, le vainqueur des législatives. Mohsen Marzouk estime en effet que le temps que la nouvelle Chambre soit convoquée, se réunisse, constitue sa commission des Finances, nous ne nous retrouverons pas avant la mi-décembre et il sera bien tard pour se prononcer sur un texte aussi important et aussi urgent. « Il y a une commission déjà en place, elle est rôdée en la matière et peut nous faire gagner beaucoup de temps », affirme-t-il.
 
Du côté du Bardo, on met la pédale douce. « Selon les dispositifs en vigueur, explique à Leaders un spécialiste, les élus de la Chambre des Représentants du Peuple seront convoqués à se réunir dans un délai de 15 jours, à compter du 24 novembre 2014, date de la proclamation définitive des résultats, après l’épuisement des délais de recours. C’'est-à-dire vers le 16 décembre. Outre l’élection du président et de ses deux-vice-présidents, la priorité sera à la constitution de deux commissions, la première, du Règlement intérieur et, la seconde, des Finances. En deux semaines, avant le 31 décembre 2015, il sera alors possible d’adopter le budget. ».
 
« Trop serré, affirme une source gouvernementale qui ajoute : et trop tard. Déjà, on est à la limite des délais impartis, et nous devons aller vite ». 
 
Voilà un bon sujet de discussion entre le gouvernement et les partis arrivés en tête des législatives, quitte à faire intervenir le Quartet, voire le Dialogue national.