News - 13.10.2014

Gaza: on détruit puis on reconstruit... Des promesses pour contrecarrer Daech

On détruit puis on reconstruit à Gaza. Ce n’est pas la première fois. «En 2009, la communauté internationale s'était déjà réunie en Egypte pour la reconstruction de Gaza, dévastée par trois guerre ces six dernières années», a déclaré le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon à l’ouverture de la conférence des donateurs pour la reconstruction de la bande  de  terre palestinienne. «Le cycle construction-destructions se poursuit, il empire», a-t-il ajouté. Le responsable onusien se rendra à Gaza mardi, a-t-on annoncé.

En juillet-aout pendant cinquante jours, La Bande de Gaza, la zone la plus surpeuplée du monde a subi une agression israélienne qui  s’est soldée par 2100 morts,  du côté palestinien dont un grand nombre de femmes et d’enfants, parfois en bas âge et 73 morts du côté israélien presque tous des militaires.

Ce dimanche 12 octobre Les ministres des Affaires étrangères d'une trentaine de pays, et des représentants d’une vingtaine d'organisations internationales ont pris part au Caire  à cette conférence qui a permis de réunir des « promesses de dons » d’un montant total de 5,4 milliards de dollars (4,3 milliards d'euros) supérieur aux 4 milliards requis par l’autorité palestinienne. Un milliard est fourni par le seul Qatar. Washington a pour sa part annoncé une aide immédiate de 212 millions sur un total  de 400 millions de dollars en un an, et l'Union européenne une somme globale de 450 millions d'euros pour 2015.

Présent à la conférence, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry tout en promettant une «aide immédiate», a tapé du poing sur la table en déclarant : «Un cessez-le-feu, ce n'est pas la paix. Nous devons nous rasseoir à la table (des négociations) et aider les parties à faire des choix difficiles, de vrais choix», a-t-il lancé. La chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton, dont c’est l’une des dernières apparitions dans cette fonction avant de céder son portefeuille à l'Italienne Federica Mogherini a dit  pour sa part : «cela doit être la dernière fois que l'on appelle la communauté internationale à reconstruire Gaza». «On ne peut pas retourner au statu quo ante qui s'est révélé intenable (...) Il faut une solution politique pour Gaza dans le cadre plus large de discussions entre Palestiniens et Israéliens sur la solution à deux Etats, la seule véritable solution», a-t-elle plaidé. On rappelle que la Suède membre de l’Union Européenne a déclaré qu’elle allait reconnaitre la Palestine comme Etat indépendant pour favoriser la vision des deux Etats.

Pourquoi ce soudain intérêt pour la cause palestinienne et la situation à Gaza. Pour un connaisseur du dossier palestinien Abdelbari Atwan, ancien rédacteur en chef d’Al-Qods Al-Arabi c’est l’adhésion de plus en plus forte des jeunes palestiniens à Gaza mais aussi en Cisjordanie aux thèses extrémistes  de Daech qu’on appelle « Etat islamique»  qui explique la «générosité» occidentale. Pour lui comme George Bush père avait réuni la conférence de Madrid en 1991 au lendemain de la guerre contre l’Irak pour apaiser la colère arabe, ses successeurs font de même pour contrecarrer les ressentiments arabes envers l’inertie internationale sur le dossier palestinien

R.B.R.

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