News - 02.10.2014

Ce n'est pas l'émigration clandestine qui menace la Tunisie, c'est l'immigration du terrorisme!

La Tunisie a moins à craindre de la mer que de la terre. Le terrorisme qui la menace est sur ses frontières et c’est à les défendre et à les sécuriser que tous ses efforts doivent être concentrés.  Aussi, l’aide qu’elle est en droit d’attendre de ses partenaires européens, et à leur tête l’Italie, doit être orientée dans ce sens.

Or, que voit-on? Nos amis européens ne se soucient que de leur sécurité propre, dotant la Tunisie de moyens, non pas pour se défendre, mais pour défendre la sécurité de l’Europe. Encore si c’était une sécurité véritable, car elle est bien illusoire, grosse de drames humains en Méditerranée.

C’est à cet effet que M. Angelino Alfano, ministre italien de l’Intérieur, vient cette semaine en Tunisie remettre à notre Garde nationale de nouveaux équipements supposés participer de la lutte de notre pays contre le terrorisme et la contrebande, les deux plus graves fléaux dont soufre actuellement notre Tunisie. Or, ils ne sont destinés qu’à la lutte contre l’émigration clandestine puisqu’il s’agit de patrouilleurs prévus par l’accord de coopération liant la Tunisie à l’Italie depuis 2011 à la suite de la vague d’émigration massive de Tunisiens en Italie.

Assurément, s’ajoutant aux autres déjà livrés, ces patrouilleurs seront utiles à notre Garde nationale; il est toutefois non moins assuré que cette coopération exclusivement sécuritaire ne profite véritablement pas à la Tunisie dans sa guerre totale contre le terrorisme. Elle contribue même à l’affaiblir en détournant les forces de sécurité tunisiennes de ce qui doit être leur objectif primordial, sinon exclusif, à savoir la sécurisation de nos frontières et de nos villes menacées par les terroristes. Ceux-ci ne se recrutent pas parmi les émigrés clandestins, mais dans les rangs des jihadistes venant en Tunisie, y immigrant même.

Ce n’est donc pas contre l’émigration clandestine que la Tunisie doit lutter en premier, mais contre l’immigration clandestine du terrorisme sur son territoire.

Nos officiels seront donc bien inspirés de le dire à M. Angelino Alfano lors de sa visite ce vendredi à Tunis, car il y va aussi de la sécurité de l’Italie et de toute l’Europe. Il faut cesser de ne penser qu’en termes de politique sécuritaire qui a fait faillite depuis longtemps; l’immigration clandestine peut être arrêtée de suite si on le voulait, sans de nouveaux patrouilleurs. Il suffit d’ouvrir les frontières au libre mouvement sous visa biométrique de  circulation. Hélas, la volonté politique fait cruellement défaut de part et d’autre!

Il n’est que temps pour nos politiques d’arrêter leur attitude encourageant les Européens dans leur aberrante et arrogante politique migratoire. Il est de notre devoir éthique aussi de cesser d’être leurs complices dans la tragédie humanitaire en cours en Méditerranée! À nous de les rappeler à leurs valeurs oubliées; c’est notre sort commun qui le commande.

Farhat Othman
 

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