News - 01.09.2014

La lettre d'adieu de l'ancien ambassadeur à Genève, Abderrazek Kilani

Deux ambassadeurs de Tunisie nommés sous le gouvernement de la Troïka ont pris congé de leurs fonctions dimanche 31 août 2014 : Adel Fekih à Paris et Me Abderrazek Kilani, auprès des organisations internationales à Genève. A la fin de sa mission, Fekih s’est contenté des visites et réceptions d’adieu, loin des feux de la rampe. Quant à Kilani, dès qu’il a fait ses adieux (en jebba) notamment à Michael Møller, directeur général de l'Office des Nations Unies à Genève, il s’est senti affranchi de son obligation de réserve pour s'empresser d'exercer son droit de réponse ». L’ancien bâtonnier de l’Ordre national des avocats et ancien ministre sous le gouvernement Jebali des Relations avec l’Assemblée nationale constituante a tenu à apporter une précision : jamais il n’a refusé d’obtempérer à une décision antérieure mettant fin à sa mission à Genève.

Quand on demande à Me Kilani, au moment où il prenait dimanche soir l’avion pour Tunis quelles sont les actions marquantes qu’il avait entrepris durant sa mission, il cite particulièrement la contribution au rayonnement de la nouvelle image de la Tunisie et surtout la présentation de la nouvelle constitution et des divers acquis qu’elle apporte aux Tunisiens, en plus des efforts déployés pour la récupérations des biens et avoirs usurpés par le président déchu et des membres de sa famille.
 
Que compte faire Me Kilani maintenant qu’il est de retour à Tunis ? Une petite phrase glissée à la fin de sa lettre de « droit de réponse », laisse la voie ouverte à toutes les options. « Je réitère mon engagement ferme, écrit-il, à continuer à servir les causes de notre patrie et celles de la nation ».

Extraits du Communiqué de presse

En quittant Genève après avoir reçu, le 9/8/2014, la notification de la décision présidentielle mettant fin à mes fonctions à la tête de la Mission permanente de Tunisie auprès de l’Office des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse à la fin août 2014, je tiens à faire usage de mon droit de réponse suite à la levée de mon obligation de réserve, pour faire connaître à l’opinion publique et à mes amis ce qui suit : 
  • Une information a été diffusée, depuis près de trois mois, et relayée par certains médias, signifiant que j’aurais refusé d’obtempérer à une décision antérieure mettant fin à ma mission à la tête de ladite Représentation diplomatique. Etant donné que les autorités compétentes n’ont jamais apporté de démenti ni fait de commentaire au sujet d’une telle allégation mensongère, malgré sa gravité sur la crédibilité et le prestige de l’Etat, je tiens à préciser que cette information est fausse et dénuée de tout fondement et à rappeler que ni ma moralité ni mon parcours d’homme de loi ne m’autorisent cet écart de conduite.
  • Tout en me gardant d’entrer dans une polémique ou recherche sur l’origine de cette rumeur et sur les arrières pensées de ses auteurs et, persuadé que l’opinion publique en Tunisie en a assez de telles pratiques calomnieuses et néfastes, j’affirme sereinement n’avoir nullement l’intention de réagir à la campagne de dénigrement qui a été orchestrée envers ma personne

Je tiens par la même occasion à remercier : 

  • Monsieur le Président de la République pour la confiance qu’il a placée en ma modeste personne en me désignant à la tête de la Mission permanente à Genève et en mettant fin à mon mandat ; 
  • Tous les membres de la Mission, diplomates et fonctionnaires, pour leur collaboration et leur loyauté professionnelle;
  • Tous les collègues Ambassadeurs, Chefs de Mission, Directeurs généraux d’Agences onusiennes, tous les diplomates et toutes les institutions, Organisations, Associations locales et internationales pour leur coopération et leur soutien ;
  • La communauté tunisienne en suisse et particulièrement à Genève pour son hospitalité, sa sollicitude et sa coopération ; 
Je tiens aussi à exprimer mon bonheur et ma fierté pour l’expérience très riche, malgré sa brièveté, que j’ai vécue à Genève et pendant laquelle j’ai œuvré avec toutes mes forces à renforcer et à consolider les bonnes relations de la Tunisie avec les pays frères et amis et surtout à solliciter le soutien de la communauté internationale pour contribuer à la réussite de la transition démocratique en Tunisie et à réaliser les objectifs de la révolution de notre peuple.
Je réitère mon engagement ferme à continuer à servir les causes de notre patrie et celles de la nation.
 
Enfin, je tiens à m’incliner devant la mémoire des martyrs de notre révolution sans laquelle je n’aurais jamais aspiré, ni même rêvé un jour de représenter mon pays auprès d’une institution aussi prestigieuse que l’ONU, tout en espérant avoir été, devant Allah et aux yeux du peuple tunisien, à la hauteur de ma mission et avoir honoré mon pays.   
 
Abderrazak Kilani
Ancien Bâtonnier de l’Ordre national des avocats
Ancien Ministre  
Ancien Ambassadeur de Tunisie