News - 28.07.2014

Aïd-el-Fitr : l'arrêt de mort de la vision oculaire

S'il fallait une preuve de l'incapacité de nos autorités politiques comme religieuses d'être à la hauteur du génie de l'islam, elle a été donnée hier : la mascarade de la nécessité absolue d'une vision oculaire cédant devant une nécessité non moins absolue d'alignement sur l'étranger, l'Arabie Saoudite en l'occurrence.
 
S'il ne s'agissait que de mascarade, cela se comprendrait en une période de fête assez comparable de nos jours au bal masqué où non seulement nos politiques, mais aussi nos religieux jouent à l'Arlequin de l'islam.
 
Justement, c'est de cet islam qu'il s'agit que même Bourguiba, vilipendé par nos islamistes d'aujourd'hui, ne l'a pas aussi dénigré, mettant ses lumières sous le boisseau du dogmatisme et de l'ignorance éhontée.
 
Car l'islam est d'abord savoir et science; il est aussi innovation. Et c'est à raison que Bourguiba fut prompt à répudier l'archaïque vison oculaire pour décider du calendrier de nos fêtes religieuses, décidant de la nécessité du calcul.
 
La décision rationaliste de Bourguiba fut un réflexe islamique salutaire pour l'esprit et la lettre de cette religion se voulant scientifique et universaliste, en totale conformité avec la culture de l'islam où les sciences, dont les mathématiques, ont gardé leur empreinte indélébile.
 
En répudiant la conception bourguibiste du calcul, nos islamistes ont apporté la preuve de leur esprit rétrograde et leur incapacité d'être à la page des défis qui se posent aujourd'hui à l'islam en Tunisie. Hier, le mufti  de la République, représentant du prophète selon son propre dire, a apporté la preuve décisive que le parti Ennahdha se situe hors du temps et qu'il doit désormais sortir du pouvoir, car il fait du tort non seulement au pays au plus mal, mais aussi à son islam, jamais aussi dévergondé que durant ces trois dernières années d'un magistère immoral, aussi bien politique que religieux.
 
Relativement au calendrier, comme Leaders l'avait déjà noté ici, la mascarade de cette année est l'arrêt de mort de la vision oculaire. Car, en islam, sauf à ne pas avoir de cervelle, on use toujours de sa raison, y compris en matière religieuse. Belle leçon de choses que nous donne l'aïd cette année. Comme quoi, le meilleur est toujours issu du pire, comme la vie peut sortir du mort. Joyeuse fête à tous !
 
Farhat Othman
 
Tags : islam   Ramadan