News - 01.07.2014

Où est l'Etat de droit ?

D’horribles propos de haine, appels au meurtre à peine déguisés, continuent à se faire entendre en Tunisie et restent impunis! Le dernier en date est même le fait du responsable d’un parti légalement reconnu. Ainsi, Ridha Belhaj du parti salafiste — qui se paie le luxe jusqu’à avouer ne pas reconnaître la Constitution — pousse la provocation jusqu’à jeter l’anathème sur le journaliste Mokhtar Khalfaoui.

Que font les autorités nationales? Rien! Elles doivent pourtant se rappeler qu’on a une Constitution qui interdit l’anathème et le punit.


Il est vrai que la Constitution, bien qu’entrée en vigueur, n’est pas encore appliquée, ses droits et obligations restant encore lettre morte. Mais qu’est-ce qu’on attend pour les activer? Jusqu’à ce que les appels au meurtre des illuminés — violant notre religion en plus de notre Loi fondamentale — fassent de nouveaux drames?

Pas plus qu’hier, une enfant, Eya, a payé de sa vie des propos similaires ayant poussé au crime son père. Que ne se presse-t-on donc d’ériger l’État de droit en Tunisie toutes affaires cessantes,  et ce même avant les élections nationales érigées en priorité des priorités!

Il est navrant que la classe politique ne s’active qu'à organiser ces élections supposées, certes, être un pan de l’Éat de droit projeté. En cela, cependant, elle ne fait que construire sur des sables mouvants.

En effet, l’État de droit avec de nouvelles lois justes et non celles de l’ancien régime doit d’abord être érigé afin que les élections soient véritablement honnêtes et transparentes, se faisant dans le cadre matériel d’une Constitution activée. Or, aujourd'hui, elles se font uniquement selon une disposition constitutionnelle formelle se réduisant à une date imposée par des intérêts partisans.

Où est l'État de droit garantissant l'honnêteté de ces élections et consolidant la légitimité qui en sortira? Nulle part! C'est ce qui encourage les excès de ceux qui se vantent même de ne pas reconnaître la Constitution. Et il n'y aura pas de démocratie dans ce pays tant qu'on n'a pas un État de droit avec la mise en oeuvre de sa Constitution.

F.O.  

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2 Commentaires
Les Commentaires
james-tk - 01-07-2014 22:16

Les bras m'en tombent, et, je ne peux que constater la mort dans l'âme, l'incompétence et l'ineptie de la classe politique tunisienne, qui, je dois le préciser a fait tout son apprentissage en exil, notamment en Europe, ce qui explique en grande partie son incapacité à faire l'état des lieux de la situation pour pouvoir l'évaluer et agir à bon escient ! Cela m'emmène à dire une chose très simple sur ce que je pense sur tous ces vauriens, formatés ailleurs, et, rentrés dans le pays pour appliquer des agendas étrangers, de l'ultralibéralisme le plus sauvage, qui a ravagé le monde ces deux dernières décennies, que tout ceci n'augure rien de bon, et que ces "délinquant, pardon, des malfrats en col blanc " considèrent le pays comme un butin de guerre, ils sont tous dans le même sac et de la même veine, le Nida Tounès, l'Alliance Démocratique, Al Masar, Chebbi & Chebbi (ex Al Joumhouri)..., je mettrais de coté le Front Populaire, lui, qui se méfie de tout le monde, et il avait bien raison. Je crains fort, que nous serions menés de revivre le même cauchemar du 23 octobre 2011, d'autant plus qu'il y a chez-nous une frange de la population tunisienne, non négligeable, arriérée et analphabète à souhait, qui continue de soutenir les obscurantistes de toutes les mouvances les plus radicales et violentes !

el khlifi mokhtar - 03-07-2014 11:22

je me demande comment un parti qui ne reconnait pas le drapeau national, rejette la Constitution et ne reconnait pas les frontières du pays continue d'exister légalement.Il quelque part des carences politiques.

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