Opinions - 09.12.2013

Une ingérence plébiscitée? L'Algérie rêvée des Tunisiens

«Monsieur le Président, que Dieu vous garde en vie. La Tunisie trouvera toujours l’Algérie à ses côtés».
Déclaration de Chadli Benjedid à Habib Bourguiba, décembre 1984.

Vu d’Alger, la crise politique que traverse la Tunisie depuis l’assassinat de Mohamed Brahmi constitue à la fois un sujet de préoccupation majeur et une aubaine. Un sujet de préoccupation, car la nature a horreur du vide. Une déstabilisation de la Tunisie affectera nécessairement la sécurité intérieure d’un Algérie, aux prises, depuis de longues années, avec la subversion terroriste islamiste. La frontière entre les deux pays, auparavant sûre et presque hermétique, est en passe de se transformer en une éponge poreuse. Les militaires algériens mettront tout en œuvre pour empêcher la jonction entre les djihadistes d’AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique, émanation du GSPC algérien), ceux d’Ansar El Charia, et leurs homologues libyens. Mais la crise tunisienne est aussi une aubaine : le carnage du Châambi et l’affaiblissement spectaculaire du gouvernement d’Ali Laârayedh ont redistribué les cartes et a permis à l’Algérie d’exercer une influence stratégique grandissante. L’Algérie est devenue un acteur incontournable de l’équation politique tunisienne. Même diminué, le président Abdelaziz Bouteflika ne s’est pas fait prier pour se glisser dans la posture du « Grand frère » et venir au chevet d’une Tunisie malade de ses politiciens.

Le « dialogue national », engagé sous l’égide d’un quartet de médiateurs tunisiens, devait permettre au pays de se doter d’un Premier ministre de consensus et de conjurer le spectre d’une restauration autoritaire à l’égyptienne. Il a viré à la farce, et son échec paraît maintenant inexorable. L’impotence du Quartet risque d’ouvrir un boulevard aux ingérences étrangères, car tous les recours ont été épuisés sur le plan interne.

La solution de la crise tunisienne passera-t-elle par Alger? Il est trop tôt pour le dire. Mais le simple fait de poser la question témoigne d’un incroyable renversement de situation. Pareille interrogation aurait parue incongrue et anachronique au lendemain de la Révolution. Prise au dépourvu par la chute de Ben Ali, l’Algérie, puissance arabe gardienne du statu quo, s’était retrouvée marginalisée et hors-jeu. Ses dirigeants avaient été contraints de suivre en spectateurs impuissants l’effervescence révolutionnaire qui s’était emparée de la région. A Tunis, certains avaient même redouté que les puissants services de renseignement du pays voisin n’entreprennent des manœuvres de déstabilisation, pour faire échouer la transition démocratique et pour enrayer un possible «effet domino». Craintes qui se révéleront parfaitement infondées. L’Algérie choisira de faire le dos rond, et s’abstiendra de toute action hostile.

«L’ingratitude de Moncef Marzouki»

En mars 2011, fraîchement nommé à la tête du second gouvernement de  transition, Béji Caïd Essebsi part à Alger pour rassurer Abdelaziz Bouteflika et Ahmed Ouyahia. Les fils du dialogue sont renoués. L’Algérie observera une parfaite neutralité pendant toute la durée du processus électoral tunisien. En dépit de leurs préventions à l’égard d’Ennahda, les Algériens accueillent sans émotion le résultat du scrutin du 23 octobre. Personne n’a oublié la proximité entre les islamistes tunisiens et ceux du FIS. Rached Ghannouchi avait trouvé refuge à Alger après son départ volontaire de Tunisie, en 1989. Il s’était affiché ostensiblement aux côtés d’Abassi Madani et d’Ali Benhadj, et ne s’était pas privé pour critiquer l’interruption du processus électoral décidée par les généraux algériens en janvier 1992. Mais le passé est le passé, et les relations entre Etats doivent s’élever au dessus de ces contingences. Sûrs de leur assise, et bien disposés à tourner la page, les dirigeants algériens attendaient simplement du gouvernement de la troïka qu’il affiche ses bonnes dispositions à coopérer. Ils ont été cueillis à froid par les offenses du nouveau chef provisoire de l’Etat tunisien. En choisissant de se rendre à Tripoli pour sa première visite à l’étranger, le 2 janvier 2012, Moncef Marzouki a indisposé Alger. Il a aggravé son cas en déclarant, alors qu’il se trouvait à Tripoli, que les Algériens auraient pu éviter le bain de sang des années 1990 en respectant le résultat des urnes et en laissant les islamistes accéder au pouvoir. Ces propos suscitent un tollé à Alger. Mourad Medelci, le ministre des Affaires étrangères, lui répond en expliquant que la souveraineté de l’Algérie est une ligne rouge à ne pas dépasser. La presse se déchaîne, en soulignant l’amateurisme et l’ingratitude du locataire du palais de Carthage. Hamadi Jebali parvient péniblement à recoller les morceaux. Mais le mal est fait. Moncef Marzouki ne sera plus jamais en odeur de sainteté, et aucune de ses initiatives visant à relancer la construction du Maghreb ne trouvera d’écho positif du côté d’Alger.

Le tournant de l’été 2013 et l’entrée en scène d’Abdelaziz Bouteflika

Les événements de l’été 2013, avec l’assassinat du député Mohamed Brahmi et le massacre de huit militaires tunisiens, dans le Djebel Chaâmbi, marquent un tournant dans la relation entre les deux pays. Très vite, l’Algérie prend la mesure de la crise et son armée vole au secours du gouvernement tunisien. 8000 hommes sont déployés pour sécuriser le flanc arrière de la frontière et prendre dans une nasse le groupe djihadiste responsable de la mort des soldats tunisiens. L’impact est immédiat. En quelques semaines, la situation sécuritaire, qui paraissait compromise, est rétablie.

Quelques jours avant sa rencontre-surprise avec Rached Ghannouchi, Béji Caïd Essebsi qui séjournait dans la capitale française reçoit la visite d’un émissaire du président Bouteflika. Les ingrédients de la spectaculaire médiation du chef de l’Etat algérien se mettent en place. Le 25 août, Ghannouchi accorde une interview à la chaîne Nessma et rend un hommage appuyé au grand voisin: «L’Algérie est l’Etat le plus important pour nous. Les décisions de la Tunisie concernent l’Algérie, comme celles de l’Algérie importent pour la Tunisie, notamment en matière de sécurité.» Le 10 septembre, Abdelaziz Bouteflika interrompt sa convalescence pour recevoir séparément – et « à leur demande » - les deux principaux protagonistes de la crise tunisienne, Ghannouchi et Caïd Essebsi. Moncef Marzouki, le président tunisien, est totalement court-circuité.

Le 15 novembre, alors que le dialogue national, mis en œuvre sous les auspices du Quartet et appuyé par les grandes puissances occidentales, s’embourbe, Bouteflika reprend langue, toujours à Alger, avec Ghannouchi. Deux jours plus tard, c’est au tour de BCE d’être reçu par le numéro un algérien. Rien n’a filtré de ces différents entretiens, mais on peut imaginer que le chef de l’Etat algérien a sommé ses interlocuteurs de s’entendre. Les images muettes de la conversation semblaient suggérer : «il est temps de conclure». Le message subliminal qu’elles véhiculaient était tout aussi limpide : aucun accord ne pourra advenir sans la bénédiction d’Alger.

La Tunisie, un protectorat algérien?    

Cette «ingérence fraternelle» n’est pas du goût de tout le monde. Des voix se sont élevées pour dénoncer des tentatives de «vassalisation» de la Tunisie. Aziz Krichen, le Ministre Conseiller de Moncef Marzouki, s’est ému, sur sa page Facebook, du comportement de certains hommes politiques «dont l’appétit de pouvoir n’est plus limité par le moindre sentiment de fierté nationale». Ce post accuse, en termes à peine voilés, Ghannouchi et Caïd Essebsi de brader à bon compte la souveraineté tunisienne. «Je ne veux pas pour mon pays un sort comparable à celui du Liban dans ses relations avec la Syrie», assène Krichen. Emanant d’un intellectuel de sa trempe, l’avertissement mérite réflexion. Que faut-il en penser?

Un constat d’abord: le «droit de regard » concédé à l’actuel chef d’Etat algérien ressemble à s’y méprendre à celui que revendiquaient ses deux prédécesseurs, Houari Boumediene et Chadli Benjedid, à une époque où le pays inspirait déjà les craintes les plus vives pour sa stabilité. Il s’inscrit donc dans une forme de permanence historique. Est-il besoin de le rappeler? En novembre 1987, Zine El Abidine Ben Ali avait pris soin d’obtenir le feu vert d’Alger avant de déclencher son «coup d’Etat médical». Les Algériens avaient été les premiers informés de ce qui se tramait à Tunis. Les Français avaient été mis devant le fait accompli. 

Aujourd’hui, on ne peut être que gênés, du point de vue de l’orgueil national, de voir que les pourparlers qui engagent l’avenir de la transition démocratique sont parrainés voire orchestrés par une puissance étrangère, fût-elle voisine et amie. Le caractère dissymétrique de la relation entre Alger et Tunis est tout aussi problématique. Les objections soulevées par Aziz Krichen sont légitimes et fondées. Mais, vu le blocage actuel, a-t-on encore le droit de faire la fine bouche ? A-t-on encore le choix ? La vraie question est là.

L’Algérie, depuis le début de la crise, a exercé une action militaire stabilisatrice et s’est impliquée activement dans la recherche d’une solution politique efficace. Elle a tenté et tente encore de rapprocher les points de vue entre les deux forces incontournables de la scène politique tunisienne. Les leaders politiques tunisiens ont dilapidé leur crédit. Ils ont été incapables de s’élever au-dessus des intérêts partisans, incapables de faire prévaloir l’intérêt national. Abandonnés à eux-mêmes, ils risqueraient de mettre des mois, pour ne pas dire des années, avant de s’entendre. La Tunisie ne s’en relèverait pas. Dans ces conditions, toutes les médiations sont bonnes à prendre. Les Etats-Unis d’Amérique, l’Allemagne, la France et l’Union européenne n’ont pas ménagé leurs efforts. Mais ils ne sont aujourd’hui pas en mesure de peser aussi efficacement sur le cours des choses que l’Algérie. Pour deux raisons. Primo : ils sont tributaires des avancées – et des blocages – du dialogue national, qui est à l’agonie, alors que les Algériens ont opté pour une méthode consistant à passer par-dessus la tête des institutions, des autres formations et des différentes composantes de la société civile pour dialoguer directement avec les deux poids lourds de la scène politique, Ghannouchi et BCE. Secundo : les Occidentaux ne disposent que d’un seul levier d’influence, le softpower - la diplomatie -, alors que les Algériens ont aussi la possibilité d’actionner le levier du hard power, c’est-à-dire la pression militaire.

Les Algériens sont des diplomates rugueux mais chevronnés. On suppose qu’ils savent où ils mettent les pieds. Ils jouent leur crédibilité. L’avenir dira s’ils ont eu raison ou tort.

Une ingérence plébiscitée?  L’Algérie rêvée des Tunisiens

L’Algérie occupe aujourd’hui tout l’espace politique et a mis tout son poids stratégique dans la balance, au risque de susciter une certaine exaspération. Il semblerait pourtant que ces efforts soient perçus très favorablement par l’opinion tunisienne. C’est en tous cas ce qu’il ressort du dernier sondage réalisé par Sigma Conseil, dont les résultats ont été publiés le 19 novembre. Les trois quarts des Tunisiens déclarent avoir une image positive de l’Algérie. Le pays recueille presque autant d’opinions favorables du côté des sympathisants d’Ennahda (75,4 %) que du côté des sympathisants de Nidaa Tounes (80,1 %). Autant le Qatar clive (moins de 40 % d’opinions favorables chez les modernistes, contre un peu plus de 52 % chez les islamistes), autant l’Algérie rassemble et réunit.

La ferveur qui s’est emparée des réseaux sociaux tunisiens au lendemain de la qualification d’El Khadhra (l’équipe algérienne) pour la Coupe du monde de football est un autre signe qui ne trompe pas. Messages d’encouragement et de soutien, commentaires dithyrambiques, applaudissements, effusions : de mémoire de supporter, c’était du jamais vu. Pour un peu, on aurait pu croire que c’étaient les Aigles de Carthage qui avaient arraché leur ticket pour le Brésil !

On sait que les opinions sont, par définition, terriblement versatiles. Peut-être y a-t-il lieu malgré tout de s’interroger sur les raisons de ce qui, côté tunisien, ressemble à un brutal regain d’amour et d’intérêt. Tentons une interprétation psychologique. L’image ombrageuse dégagée par l’Algérie sur la scène internationale, constitue un aspect qui rebute fréquemment ses partenaires européens et occidentaux. Mais c’est peut-être justement ce trait de caractère qui séduit aujourd’hui des Tunisiens en mal de prestige, d’autorité et de certitudes. Disons-le d’emblée, cette Algérie rêvée et fantasmée ne correspond sans doute pas exactement à l’Algérie réelle. C’est une projection. Elle est appréhendée par les Tunisiens à l’aune des propres carences de leur Etat. En dépit des incertitudes liées à la succession et à l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika, l’Algérie leur apparaît comme un repère, un pôle de puissance et de stabilité dans un univers régional et arabe chaotique, tourmenté, en proie  à l’anarchie et la violence. Son « système », décrié et vilipendé de toutes parts, est inoxydable, et a fait preuve de sa résilience aux crises. Son armée est la plus puissante de la région. Son Etat est riche et accumule des excédents faramineux. Son économie, en dépit de ses archaïsmes, regorge de potentialités et est perçue comme un fantastique relais de croissance pour les entrepreneurs des pays voisins. Enfin, et c’est peut-être l’élément qui compte le plus ici : l’Algérie incarne une diplomatie de la souveraineté. Elle se donne à voir comme un pays fier pour qui l’honneur passe avant tout et qui ne courbera jamais l’échine. En résumé : comme un Etat libre, indépendant et souverain…

Samy Ghorbal

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19 Commentaires
Les Commentaires
syphax - 10-12-2013 16:15

BRAVO L'ARTISTE. BEL ARTICLE.

fathallah m - 10-12-2013 18:06

Des analyses correctes a mon avis. des mots mesures et bien clairs. On veut des articles comme celui-ci.

citoyenne indépendante - 10-12-2013 20:35

Une bonne partie de la population Tunisienne est D'origine Algerienne.Seule la diplomatie remettra les pendules à l'heure si necessaire,en tenant compte du Diplomate Bouteflika avant de prendre les rennes du pouvoir!!

Nazim - 10-12-2013 21:20

Je précise que je suis algérien, et mon avis pourrait être perçu comme non objectif, mais je trouve effectivement que l'analyse de Samy Gherbal est pertinente. Il est bien plus intéressent et sûr pour la Tunisie que l'Algérie se mêle un peu de ses affaires (sans pour autant empiéter sur sa souveraineté, mais je ne pense pas qu'elle en ai envi), que ça soit le Qatar ou la France qu'il le fasse. Les algériens et l'Algérie ont beaucoup de défauts , et je suis bien placé pour le dire, mais ils ne sont pas ingrats et ils n'oublieront jamais le sang tunisien versé à Sakiet Sidi Youcef... Quant à vassaliser la Tunisie , l'Algérie qui est un pays continent a suffisamment à faire, pour renforcer la cohésion nationale ... Par contre jouer un rôle d'appui et de soutien indéfectible à la Tunisie (je n'utilise pas le terme de protecteur connoté négativement en raison de l'histoire même de la Tunisie) est non seulement un devoir , mais une nécessité stratégique pour l'Algérie.

Chedley Aouriri - 11-12-2013 05:20

Tres bonne et correcte analyse, c'est un fait bien rare dans cette publication.. La reaction de Nazim m'a ete exprimee par plus d'un Algerien -homme de la rue- Elle se resume ainsi: L'Algerie n'oubliera jamais le support de la Tunisie lors de la guerre de l'Independance. Et puis, l'Algerie connait bien les deboires et les malheurs de la guerre civile avec les Islamistes. Elle fera tout pour l'eviter a la Tunisie.

james-tk - 11-12-2013 11:09

Que l'Algérie se mêle de nos affaires intérieures,n'est pas du tout scandaleux,car,qu'on le veuille ou pas,nos destins sont communs,et,ment celui qui prétendra le contraire,cela s'est vérifié dans la lutte contre l'occupant,à l'époque,il y avait des hommes,des vrais,des deux cotés,la symbiose était parfaite,malgré un contexte,mondial et régional extrêmement défavorable ! À mon sens,et,contrairement à ce qui se dit,ici ou là,je trouve que l'Algérie ne s'implique assez,et j'aurai préféré qu'elle renversa la table! Mon pays est malade de ses incompétents et bras cassés,des gouvernants sans légitimité,et une opposition mollassonne,et,qui manque terriblement d'idées novatrices et progressistes?

Mustapha - 11-12-2013 15:52

Bravo cher Samy; vraiment tu m as reconforte avec ton article; a mon avis ce n est pas une ingerence mais plutot un effort d aider un pays ami en pleine deroute et comme vous l avez dit ou les partis polituques continuent de voir leur propre interet avant l interet national; pourquoi avoir peur d e l Algerie , un pays riche et puissant militairement alros que nous aussi on est riche sur le plan culturel , et expertise ds tous les domaines; pourquoi ne pas penser plutot a une vraie collaboration entre les 2 pays qq soit le risque que cela pourra emmener; en tous les cas mieux avoir ce pays a nos cotes , je dis bien a nos cotes que llaisser notre pays au terrorisme et a la tuerie ; Allah Yahmi Tounis Mustapha

sihem - 11-12-2013 18:34

hier Qatar, l'Arabie Saoudite, la Turquie, c'est le tour de l'Algérie. quelle opposition qui osent critiquer la politique étrangère de Marzouki

Jazara - 11-12-2013 18:43

Monsieur Ghorbal semble connaitre "l'Algérie réelle"il pourrait nous en faire part pour nous éviter de fantasmer sur une supposée autre Algérie

kacem - 11-12-2013 18:59

Texte interessant

Madher - 11-12-2013 22:51

Excellent article. Bravo pour l'analyse et la clarté du propos.

dadi - 12-12-2013 00:32

Je veux crier haut et fort que le peuple algerien à sa ecrasante majorité considère le peuple tunisien frère de sang.Je n'oublierai jamais que pendant la décennie noire, la tunisie n'a jamais tournée le dos à l'algerie ; frontière ouverte, beaucou d'algeriens en fuit pour s'installer dans leurs deuxième patrie.et biensur pendant la guerre de liberation ou beaucoup de tunisiens sont tombés pour l'algerie.Personnellement je serais pour l'union de ces 2 états.vive nos 2 nations

fella - 12-12-2013 08:49

Pour une fois je lis un article sur l'Algérie et sur la relation Algérie Tunisie tel que je l'aurai décris moi même, j'en suis satisfaite et l'espoir revient. J'aime le Tunisie autant que l'Algérie et je pense que ce sont deux nations sœurs qu'il ne faudra que penser à rapprocher! Bravo M. Ghorbal pour votre analyse!

Jean Pierre Ryf - 12-12-2013 09:06

Le rôle de l'Algérie devrait être pris avec précaution par les Tunisiens car, a mon sens ce n'est pas un exemple a suivre. Ce pouvoir autoritaire et , en réalité militaire n'a donné aucune satisfaction a son peuple qui a régressé et dont la jeunesse ne pense souvent qu'a une chose :fuir son pays ce qui est la marque d'un échec certain. De plus il me semble que l'Algérie a passé une sorte de deal avec les islamistes: au pouvoir l'armée, la sécurité et l'économie et aux islamistes la société pour une islamisation qui n'a jamais été aussi développée. Ce deal est très dangereux car lorsque la société sera bien islamisée, pauvre et sans éducation le fruit sera mur et les islamistes reprendront le pouvoir. est-ce cela que les Tunisiens veulent? Voient ils le piège qui risque de leur être tendus?

DE TIZI - 13-12-2013 14:04

Monsieur Jean Pierre Ryf, vous êtes à coté de la plaque. Le régime Algerien est laique ET la société algerienne est musulmane et cela ne m'empêche de me ...Saouler quand je veux à TIZI ou à TAM et de vivre à l'européenne. Arrêtez les phatasmes sur le mal être des Algeriens et la mainmise des géneraux. Ils sont rares les pays qui offrent comme l'Algerie ( eléctrifié à 100%, malgrés son immensité ) autant de commodités à son peuple. Le pays où tout est gratuit. Comme on dit chez nous- Tu l'ouvres tu prends un ...millard.

oerius - 13-12-2013 22:12

Mr Jean Pierre, Vous devriez voyager en Algérie et vous verrez que sa population n'est pas plus Islamiste que celle du Maroc ou de la Tunisie post Ennahda. Les jeunes du Maghreb entier souhaite tenter leur chance en europe lorsqu'ils n'ont pas d'autre choix, que ce soit la france, l'espagne, ou l'Italie. Je ne dis pas que l'Algérie est parfaite, mais ne pensez pas qu'on puisse passer de tels "deal" avec les islamistes. Les Algériens ont vécu l'époque de l'Islamisme politique et les partis Islamistes n'ont plus la popularité du FIS des années 90. Enfin, tous les régimes du Maghreb sont des régimes autoritaires, que cette autorité passe par une armée, un roi, ou un gouvernement qui se fourvoie en cautionnant des mouvements qui sont tout sauf démocrates. Enfin, si l'Algérie n'a pas la solution économique ni politique à offrir à la Tunisie, je lui souhaite au moins de beneficier de l'appui technique de son armée, car aussi corrompus que puisse etre les regimes du Maghreb, rien n'est pire que le projet sterile et moyen ageux des Ansar-el,sharia et consorts

MOHAMED HAFAYEDH - 14-12-2013 20:34

Un voisin reste un voisin, avec toute la bonne volonté, la politique extérieure de l'Algérie à l'égard de la Tunisie, particulièrement vaillante soi-elle, dépendra des intérêts du pouvoir en place pour se maintenir et sauvegarder des équilibres intérieurs. L’assassinat de Mohammed Boudhiaf a montré les limites du FLN à réaliser la promesse sociale et démocratique de la révolution algérienne, une caste des généraux rentiers qui décident du sort du pays avec des rééquilibrages dosés en fonction de leurs privilèges et les intérêts de leurs familles et héritiers. L’Algérie qui constituait l’espoir de toute l’Afrique du Nord avec son poids international et ses richesses accumulées a démontré qu’elle était incapable de surmonter les conflits absurdes des frontières, comme l’a fait Bourguiba, pour sauvegarder une unité historique du grand Maghreb. A défaut d’un idéal maghrébin, l’Algérie est malade de ses contradictions, elle craindra tout ce qui peut déranger le confortable statuquo maintenu par un président mourant ; la révolution tunisienne avec ses promesses de démocratisation et la contre révolution salafiste sont considérés de l’autre côté du mont Chammbi comme des éléments de troubles et de stabilisation. L’Algérie « progressiste » avait les moyens pour financer l’économie tunisienne (elle prête des milliards d’Euros aux français pour maintenir leur économie) et aider les modernistes et l’UGTT à résister devant le déferlement des qataris et wahhabites pour promouvoir les islamistes en Tunisie, l’Algérie ne l’a pas fait, ne voyant dans la libération des tunisiens de la dictature qu’une menace pour leur stabilité, un réflexe d’un étranger vis-à-vis d’un autre étranger. Alors elle n’est pas « le grand frère » des tunisiens. Le « grand frère » des maghrébins a été toujours le Tunisien, soit pendant la guerre de la libération de l’Algérie, soit avec les libyens pendant la guerre contre les italiens ou massacrés par Kaddafi ; Malgré ses moyens et les faibles ressources, le Tunisien s’était toujours comporté tout naturellement, presque un réflexe, comme le généreux grand frère. A comparer avec l’Algérie, l’histoire politique de la Tunisie est en marche sur des pas surs, elle fait face à ses contradictions grâce à une géniale société civile qui a émergée du Bourguibisme éclairé. La révolution citoyenne tunisienne a provoqué une sympathie universelle, mais elle a été rattrapée par une géopolitique intéressée plus par le voisin algérien et l’enjeu économique et stratégique qu’il représente. Aujourd’hui la Tunisie est menacée de son existence du fait de la convoitise qataris-américano-israélienne qu’attise son voisin algérien ; l’Algérie est plus un problème qu’une solution pour la Tunisie. Les algériens n’ont rien compris, ils interviennent dans les affaires tunisiennes pour maintenir Ghannouchi au pouvoir sous forme d’un partage pour ne pas le voir au maquis comme arrière base des islamistes en Algérie. Au lieu de soutenir les démocrates tunisiens et suivre leur exemples dans l’intérêt de leur peuple, ils dilapident leurs richesses dans des produits de consommation et des armes occidentaux de deuxième choix, les occidentaux gardent les meilleurs pour eux, les leçons d’un Saddam de l’Irak et d’un Kaddafi de la Libye n’auront rien servi. La Tunisie s’en sortira grâce au génie de son peuple et sa société civile qui a inventé le concept :comment changer le monde pacifiquement ,forçant la sympathie de la communauté internationale ; c’est l’arme de poing levé de la liberté qui fait peur aux américains et nullement les armes d’un Saddam ou d’un Kaddafi, ils en ont toujours des plus performantes et des plus sophistiquées.

Algerois - 14-12-2013 22:21

Bon article, mais à vrai dire je ne vois pas en quoi l'Algérie occupe la scène politique tunisienne (je dois être mal informé). ça serait le cas si elle soutenait explicitement un parti non? Bref, si l'Algérie ne soutient pas assez la Tunisie, et je trouve qu'elle ne la soutient pas assez pour des raisons internes (vaut mieux laisser un processus démocratique pourrir pour ne pas donner des idées aux algériens hein!), le peuple algérien n'oubliera JAMAIS qu'un SEUL pays n'a pas fermé ses frontières quand on se faisait égorger par centaines et qu'on vivait dans la terreur. je découvre ce site, je pense que c un site tunisien, eh ben j'en profite pour remercier les tunisiens pour leur soutien durant cette période, et leur dit qu'ils ont notre total soutien dans la période de trouble qu'ils connaissent! Inchallah nos deux pays iront mieux et iront vers le progrès et la modernité ensemble. PS: à bas l'islamisme :)

jallouli - 05-01-2014 11:31

Quoique on dise,quoique on fasse,la Tunisie et l Algerie ont eu a travers toute leur histoire un destin commun,deux peuples tres proches l un de l autre,les deux nations sont "candamnees" a construire ensemble un avenir commun,car elles sont totalement complementaires,c est plus qu un souhait,c est une necessite fondamentale pour l avenir des prochaines generations.

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