News - 20.03.2013

Tunisiens détenus en Irak : une vraie lueur d'espoir ?

Bagdad fera-t-elle en fin le geste promis ? Une toute petite lueur d’espoir point ces jours-ci à l’horizon, le contexte ayant changé et de nouvelles perspectives semblent s’ouvrir. Un an après avoir affirmé au président Marzouki lors de sa participation au sommet arabe qu’une grâce ou remise à la Tunisie étaient imminentes, ne devant prendre que quelques jours, le temps d’accomplir les formalités nécessaires, les autorités irakiennes n’ont pas encore tenu promesse. Pas moins d’une vingtaine de ressortissants tunisiens croupissent encore dans les prisons de Bagdad. Argument avancé, l’absence d’une convention d’extradition entre les deux pays, alors que la Convention de Ryadh dument ratifiée offre le cadre juridique approprié. Néanmoins, un projet de convention d’extradition avait été soumis à Bagdad en juillet dernier, mais resté sans suite. Il faut dire que les pressions internes étaient longtemps très fortes.

Refusant de baisser les bras, la Tunisie revient à la charge et finalement un envoyé spécial du président Marzouki, Adnen Manser vient d’être reçu par le chef du gouvernement irakien, le vice-président de la République (Talabani étant en soins à l’étranger) et d’autres officiels. Le contexte a évolué. L’Irak qui s’apprête à transmettre la présidence du Sommet arabe cherche sans doute à garnir son palmarès, desserrer l’étau économique qui s’exerce sur elle, récuser les accusations portées contre elle et améliorer ses relations avec plusieurs pays arabes tels que l’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Tunisie. Or la question des ressortissants de ces pays détenus dans ses prisons revient toujours lors des discussions bilatérales.

Entre grâce, réduction de peine et extradition

Se murant derrière l’obligation de réserve, Adnen Manser accepte cependant de révéler à Leaders de nouveaux pas accomplis. Il précise d’abord, qu’il s’agit de moins d’une vingtaine de détenus tunisiens identifiés. Deux parmi eux sont condamnés à mort et en faveur desquels des recours gracieux ont été introduits. Huit à neuf autres détenus ont été condamnés pour franchissement illégal des frontières ou séjour illégal et ont déjà purgé une bonne partie de leurs peines. Pour ceux-ci, tout est déployé pour obtenir leur libération. Une fois de retour en Tunisie, ils bénéficieront d’une attention nécessaire afin de faciliter leur réinsertion sociale. Une troisième catégorie concerne ceux qui ont été condamnés à de lourdes peines pour crimes et activités terroristes. La Tunisie a proposé de les accueillir pour leur permettre de purger le reste de leurs peines dans leur pays. Le ministre irakien de la Justice s’est déclaré favorable à cette démarche et prêt à signer un accord dans ce sens.
 
Rebondissant sur ces bonnes dispositions, son homologue tunisien, Nadhir Ben Ammou à peine nommé ministre de la Justice, s’est empressé à lui adresser une invitation officielle pour se rendre à Tunis, signer cet accord, le plus tôt possible. D’ici juin au grand maximum.
 
Voila là donc un dossier épineux qui refuse de se dénouer rapidement, mais connaît une progression prometteuse. Ce qui est à craindre cependant, c’est d’une part, que la condamnation à mort prononcée contre deux Tunisiens soit exécutée du jour à l'autre, sans préavis et, que d’autre part, certains autres ressortissants détenus en Irak et non encore jugés, affrontent la même peine et le même sort. A Carthage qui ne se dit pas à l’abri des surprises, l’action auprès du gouvernement irakien se veut toujours pressante.
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