News - 16.03.2013

Quels parachutes pour les anciens ministres de Jebali ?

Ils sont 9 ministres et 6 secrétaires d'Etat soit 15 au total, dans le gouvernement de Hamadi Jebali qui ont perdu leurs postes dans le nouveau gouvernement d'Ali Larayedh. Parmi eux se trouvent des élus à l’Assemblée nationale qui on tenu à y conserver leurs sièges sans les remettre à leurs suppléants, des enseignants universitaires, des chefs d’entreprises dans les secteurs publics et privés et des avocats. Quel sera désormais leurs points de chute. Officiellement, rien n’est annoncé jusque-là. Mais, ci-après les principales destinations pressenties :

Abdelkarim Zbidi, ancien Ministre de la Défense: Professeur en médecine, ancien doyen de la Faculté de Médecine de Sousse, il demeure attaché à la recherche scientifique et souhaitera sans doute revenir au bercail loin du tumulte de la politique. A moins que…

Rafik Ben Abdessalem, ancien Ministre des Affaires étrangères : on l’annonce comme conseiller auprès du chef du gouvernement, chargé des affaires diplomatiques, ou dans un poste à l’étranger, auprès de la Ligue arabe ou l’UMA…

Abderrazak Kilani, ancien ministre auprès du chef du gouvernement chargé des relations avec l’Assemblée Constituante : ancien bâtonnier de l’Ordre des Avocats, il succéderait à Habib Ben Yahya à la tête de l’UMA, à Rabat

Mohamed Lamine Chakhari, ancien Ministre de l’Industrie : ingénieur des Arts & Métiers, ancien chef de Département de Génie Mécanique à l’ENIT, avant de diriger des entreprises industrielles (SAKMO, etc.), il prendrait bien la direction générale d’une entreprise publique

Béchir Zaâfouri, ancien Ministre du Commerce et de l'Artisanat: Issu du secteur privé, son retour y sera sans doute bien accueilli, à moins qu’une nouvelle affection lui sera proposée dans le secteur public

Abdellatif Abid, ancien Ministre de l’Education : s’il a raté la direction générale de l’ALECSO, il ne désespère pas d’occuper un poste dans une organisation internationale ou obtenir une ambassade de Tunisie à l’étranger. De toute façon, il a conservé son siège à l’Assemblée nationale constituante

Riadh Bettaïeb, ancien Ministre de l’Investissement et de la coopération internationale : ingénieur de l’ENIT, rentré de France avec sa famille après plus de 20 ans d’exil, il avait pu créer des entreprises dans plusieurs secteurs et sera probablement tenté de les développer avec des synergies en Tunisie. Si son parti, Ennahdha, le laisse reprendre son souffle…

Jameleddine Gharbi, ancien Ministre du développement régional et de la Planification : Enseignant universitaire, titulaire d’un doctorat de HEC Montréal, reste très attaché à l’Université, même si de nouvelles expériences risquent de le séduire

Mamia Elbanna, ancien Ministre de l’Environnement : Universitaire, ancienne directrice de l'Institut supérieur des sciences et technologies de l'environnement de Borj Cédria, elle restera acquise à la cause écologique. 

Slim Besbès, ancien Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances et ministre par intérim: Universitaire, spécialiste en fiscalité, il sera appelé au moins à un poste de conseiller aupès du chef du Gouvernement, au sein du pôle économique et financier

Abdallah Turki, ancien Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des affaires africaines et arabes : Expert de la Banque mondiale et du FMI auprès de nombreux pays arabes et africains subsahariens, il héritera d’une charge diplomatique ou retrouvera son statut d’expert d’international

Hédi Ben Abbès, ancien Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des affaires de l’Amérique et de l’Asie : Chef de Département de Littérature anglaise à l’Université de Franche-Comté, adoubé par les diplomates et membre du bureau politique du CPR, il est sollicité de partout. Au sein du CPR, en tant que secrétaire général, en remplacement de Mohamed Abbou, mais surtout à Carthage pour un poste de Conseiller diplomatique auprès du président de la République

Touhami Abdouli, ancien Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des européennes : Universitaire, spécialiste en civilisation et anthropologie culturelle qui a longtemps enseigné à Sousse, mais aussi au Japon, en Angleterre et Italie, deviendra la cheville ouvrière d’une cellule d’examen des nominations qui sera mise en place à la Kasbah…

Alaya Bettaïeb, ancien Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Investissement et de la coopération internationale: Spécialiste de l’attraction des investissements extérieurs, du capital risque et de la promotion de nouveaux projets, grand connaisseur du Japon et très apprécié par la communauté d’affaires en Tunisie et à l’étranger, il offre un parcours très précieux.

Hichem Ben Jamaâ, ancien Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Jeunesse et des sports : avocat, il a été le premier à retrouver son siège à l’Assemblée nationale constituante.

Les parachutes nécessaires ne se limiteront pas aux membres du gouvernement Jebali. Des chefs de cabinet, conseillers et chargés de mission feront sans doute les frais de cette douce relève et seront alors la recherche de points de chute. Certains ont d'ores et déjà plié bagages. Nous y reviendrons.
 

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5 Commentaires
Les Commentaires
ourwa - 17-03-2013 03:52

Effectivement, la situation de ces grands commis de l'Etat est dramatique, mais la jungle politique est ainsi faite, de carnassiers impitoyables qui n'hésitent pas à charcuter les brebis pacifiques , compétentes et honnêtes, fussent-elles leurs propres soeurs idéologiques...Or la Nation n'est pas chienne, elle sait récopenser ses fidèles et désinterressés serviteurs, leur assurer de quoi crouter, se loger et se vêtir, d'où ces "points de chute" de ces rélégués des sphères du pouvoir, victimes notoires de l'injustice et de l'indignité... Que certains soient pressentis pour être recasés dans des fonctions honnêtes, dans le pays, ce n'est que justice, par contre, ceux qui sont presentis pour des fonctions en dehors du territire national, voient leur mérité passé et injustement désavoué, réévalué à juste titre: qui, mieux que l'ancien ministre des Affaires Etrangères, M. Rafik Ben Abdesslam, injustement surnommé Bouchlaka, pourrait mieux représenter la Tunisie au sein de l'UMA ou de la Ligue arabe, organismes prestigieux et efficaces qui ont fait leurs preuves dans la construction de la démocratie mondiale et de l'honnêteté...Qui, mieux qu'Abdallah Turki, pour occuper un poste d'ambassadeur ou à défaut retourner à son dada d'expert international; une grosse perte pour Ennahdha et le pays, mais le diable reconnaitra les siens, tout comme il reconnaitra les rebuts d'Ennahdha, agneaux du sacrifice sur l'autel de la réal-politic à ola sauce nahdaouie. C'est le cas de tous ces anciens ministres et sécrétaires d'Etat mis sur la touche- et ils ne sont pas plus incompétents que ceux qui restent...- L'usage, au sens propre come au figuré, est de recycler les déchets, soit au pays, soit à l'Etranger.

Kamel - 17-03-2013 15:47

Quel point de chute ? Avec leur bilan calamiteux on ose encore leur tresser des lauriers et leur proposer des parachutes ? On a qu'à leur faire un stage de reconversion pour leur apprendre ce que c'est que le patriotisme et le travail plutôt que les récompenser de leur échec !!!

Slim - 17-03-2013 20:31

Bravo Kamel voilà qui est bien dit !!!! Parachutes on croit rêver dans ce pays qui récompense la médiocrité et la nullite

habib - 19-03-2013 12:16

Franchement,je ne vois pas pourquoi on se preoccupe outre mesure du sort des Ministres et Secretaires d'Etat dont la mission s'est achevee apres le recent remaniement ministeriel?Faudrait-il rappeler que de telles fonctions, aussi prestigieuses soient-elles, sont de nature politique et , contrairement aux Commis de l'Etat et autres agents de la fonction publique qui font carriere dans la fonction publique,la duree de la mission des membres du gouvernement est limitee dans le temps et s'acheve avec la fin de leurs fonctions au sein dudit gouvernement. Et sans porter de jugement sur la reussite ou l'echec des Ministres et Secretaires d'Etat non retenus dans le gouvernement Ali Laarayedh,chacun parmi eux devrait regagner sa fonction ou emploi d'origine ,comme ce fut le cas pour leurs collegues de l'equipe ministerielle du gouvernement Beji Caied Essebsi. Il ne faudrait surtout pas revenir aux pratiques de l'ancien regime qui tenait a recaser les anciens responsables politiques dans d'autres fonctions par souci de nepotisme,favoritisme ou clientelisme.

Hmed - 19-03-2013 15:34

c'est historique, comme le disait Ibn Kholdoun : ??????? ?? ????? ?? ???? ?? ???????" ou est le reste du proverbe? en quoi ça nous aide à avancer?

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