News - 18.01.2013

18 janvier 1952: un devoir de mémoire

Aujourd’hui 18 janvier 2013, jour anniversaire du déclenchement de l’insurrection populaire contre l’occupant français du 18 janvier 1952. Ce jour correspond aussi à l’arrestation d’Habib Bourguiba après « la fin de non recevoir » du gouvernement français, par la lettre du 15  décembre 1951, au gouvernement Chenik venu négocier à Paris l’autonomie interne.

Ne se faisant plus d'illusions sur les intentions françaises, les Tunisiens ont alors porté plainte contre le gouvernement français auprès de l’ONU , qui siégeait à Paris. La plainte déposée par Si Hamadi Badra et Salah Ben Youssef (ministres tunisiens)  n’a pas été acceptée par la présidence du Conseil de sécurité qui était française à ce moment là, le secrétaire général des Nations unies, le Norvégien Trigve Lie ayant fui son bureau poursuivi dans les couloirs du Palais de Chaillot par la délégation tunisienne.

L’internationalisation de la question tunisienne étant devenue une nécessité, Bahi Ladgham a été chargé de l’affaire et partit pour New York, aidé par la Ligue arabe et le Pakistan qui allait présider le Conseil de sécurité à partir du mois d’avril 1952.

Cette période cruciale qui s’est étendue du 18 janvier 1952 au 20 mars 1956 (éloignement de Bourguiba, arrestation de certains de ses compagnons, vie en exil pour d’autres dont Salah Ben Youssef, clandestinité ou lutte armée pour les derniers, puis leur retour au pays) a été cruciale pour l’histoire récente de notre patrie. Elle a été appelée  « la période décisive ». Ses protagonistes, devenus leaders, plus tard, ont acquis la stature d’hommes d’Etat et d'interlocuteurs valables et par conséquent de véritables décideurs négociant  l’indépendance totale et la construction de l’Etat moderne, malgré les dissensions et les luttes intestines.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, beaucoup de succès pour les uns, mais aussi beaucoup d’amertume pour d’autres.

 Ce que nous pouvons en retenir aussi, c'est que nul n'est parfait.  A mon sens? le seul bémol retenu de cette période est l’échec patent de la démocratisation du parti au pouvoir et ensuite celle de l’Etat et bien sûr, l’institution des principes des droits de l’homme et de la liberté d’expression.

A nous maintenant, adultes, jeunes, hommes et femmes, de gagner ce pari en imposant démocratiquement nos choix, à savoir construire un nouvel Etat démocratique, juste et équitable pour tous, quels que soient  nos opinions, et respectueux des valeurs universelles.

Ce qu’il faudrait retenir aussi, pour que la révolution du 17 décembre 2010-14 janvier 2011 réussisse, c'est qu'il  y eut aussi un peuple et d’autres dates, le 18 janvier 1952, le 9 avril 1938 par exemple où les manifestants scandaient «  parlement tunisien », la révolution de Ben Ghedahem et bien d’autres moments importants de notre histoire.
J’ai écrit cette modeste contribution, parce que je n’ai pas trouvé nulle trace dans la presse tunisienne de ce fait glorieux, effacé par Ben Ali car évoquant une personne (Bourguiba). Le devoir de mémoire nous impose, nous Tunisiens (destouriens ou non) de retenir ces dates dans notre mémoire collective. Les peuples et les nations ne se construisent qu’à travers la bravoure et les faits historiques que créent leurs héros ; malheureusement ceux qui n’ont en pas disparaissent à jamais dans les oubliettes de l’Histoire.

Dr Abderrahman Ladgham
(*) Ministre de la gouvernance et de la lutte contre la corruption

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2 Commentaires
Les Commentaires
Elloumi saida - 18-01-2013 18:48

Dans le livre de Feu Bahi Ladgham qui pouvait etre une feuille de route pour ceux qui s'interessent à ces dates importantes de l'histoire de la Tunisie .Rien que son titre l'indique CORRESPONDANCE ( 1952-1955) Les années décisives . Malheureusement il est resté dans les oubliéttes . je souhaite que le deuxiemme sera publié et servir ceux qui veulent connaitre l'histoire réelle de la Tunisie

Mahmoudi - 19-01-2013 23:17

Bravo pour nous aider à rafraîchir nos mémoires.,Beaucoup ont oublié HBOURGUIBA.Nos enfants ne connaissent pas l histoire de la tunisiees. Ben ali a meme mis HB en résidence surveillée alors quil avai 80ans. Gannouchi deteste HB même mort et ses amis salafistes traitent HB de ilmani car eux sont des illétrés. Bravo et merci

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